Piratage
La mise en abyme est savoureuse: une énième parodie du film La Chute d’Oliver Hirschbiegel vient de faire son apparition sur Youtube. Hitler y commente le fait que Constantin Film, la boite de production teutonne qui détient les droits sur le film, ait réclamé dans les derniers jours le retrait des parodies qui circulent depuis des mois sur le site de partage de vidéos. Les taquins parodistes ont toutefois décidé de prendre un autre segment du film pour commettre leur méfait.
Rédigé par Fabien Deglise le Mercredi 21 Avril 2010 à 11h14
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C’était en train de devenir un gag récurrent dans les espaces numériques de communication. Chaque grand événement médiatique était immanquablement accompagné depuis quelques mois d’une parodie basée sur un extrait du film d’Oliver Hirschbiegel La Chute. La scène? Hitler, brillamment personnifié par Bruno Ganz, y parle une dernière fois avec ses généraux. La tension est à son comble. Les dialogues sont en allemand, mais alimentent une série de sous-titres complètement loufoques évoquant le lancement du iPad d’Apple, l’engouement pour Twitter, le mauvais temps au Québec, les demandes salariales des fonctionnaires, le refus de tenir une enquête publique sur la construction… et bien plus encore.
Mobilisation des auteurs belges contre les téléchargements illégaux de leurs créations: deux lois visant à mettre un terme à ce sport numérique sont actuellement en cours d’assemblage au pays de Jacques Brel, rapporte Le Monde dans son édition du jour. Deux modèles sont actuellement à l’étude, un cadre souple dans lequel les internautes pris la main dans le sac à fichiers partagés sans autorisation seraient graduellement sanctionnés et un autre où une «licence globale» payée chaque mois donnerait accès, sans reproche, au monde de l’échange en ligne. Frédéric Young, délégué général de la plus grande société belge de gestion du droit d’auteur, en parle d’ailleurs ici. Et bien sûr, dans un monde en mutation où la question des droits d’auteur fait régulièrement surface, l’écouter (en le lisant) n’est pas inintéressant.
Il y en a eu plusieurs aujourd’hui, mais certain poisson d’avril médiatiques sont certainement plus percutants que d’autres. Celui du site le Mauvais oeil, un endroit qui aime cultiver la parodie dans les espaces numériques de communication, est du nombre avec cette relecture fascinante du site de Cyberpresse qui annonce en manchette la démission de Jean Charest. Et bien sûr, tout le reste, y compris les détails, se dégustent avec une grande délectation.
Rédigé par Fabien Deglise le Jeudi 01 Avril 2010 à 15h23
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Le chiffre est étourdissant: 95 %, c’est la part des pourriels, ces courriels non sollicités, qui transitent généralement dans les boîtes à lettres numériques. Cela laisse 5 % pour les messages pertinents.
Pour vendre du faux Viagra, des remèdes naturels ou des lunettes permettant de voir à travers les enveloppes, ces pourriels sont un véritable fléau qu’il serait toutefois facile d’enrayer si les fournisseurs d’accès à internet mettaient l’épaule à la roue. C’est en tout cas ce que prétend un groupe d’experts en marge de la diffusion récente d’un rapport produit par L’Agence européenne de la sécurité des réseaux et de l’information (Enisa). Le Figaro en parle ici.
La recette serait d’ailleurs porteuse, peut-on lire. En 2008, deux fournisseurs ont en effet fermé ses portes au site McColo, un endroit réputé pour héberger les cybercriminels et rapidement le niveau de pourriels a chuté de… 75 % sur ses serveurs (et dans les boîtes de leurs clients), «du moins pendant un certain temps, puisqu’il a suffi qu’un autre opérateur leur ouvre un accès pour que les pirates reconfigurent leurs machines et déménagent leurs programmes sur un serveur en Russie».
On peut le qualifier de corbeau — celui qui dénonce anonymement —, de Robin des Bois du web 2.0 ou encore de grain de sable dans l’appareil démocratique. Lui, préfère se présenter sous le nom de Néo, en référence au personnage de la trilogie culte The Matrix. Ce pirate informatique fait trembler l’élite de Lettonie depuis quelques jours en divulguant sur sa page Twitter des informations hautement confidentielles sur le train de vie et les salaires des hauts dirigeants du pays. Et ce, dans un pays touché durement par la crise économique. Comme on dit: ça fait tache.
L’empêcheur de se graisser la patte en rond a d’ailleurs annoncé dans les derniers jours qu’il allait rendre public aujourd’hui le détail des salaires des cadres de la Commission lettonne des marchés financiers qui eux, aimeraient bien s’en passer.
La population branchée du pays, elle, n’en dit pas autant puisque le crime de Néo est largement perçu comme un «service public», résume la BBC, service qui permet finalement de rendre «tout le système économique letton un peu moins opaque». Néo a pour le moment 3200 abonnés.
Rédigé par Fabien Deglise le Lundi 01 Mars 2010 à 06h15
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Le chiffre vient du groupe de recherche NPD aux États-Unis et il est étonnant: en deux ans, l’industrie de la musique a perdu 24 millions de consommateurs qui, se sont volatilisés ou bien ont décidé de s’approvisionner ailleurs. Le Billboard, publication culte en matière de musique, donne les grandes lignes de l’analyse ici. Ainsi, entre 2007 et 2009, un contingent particulièrement bien étoffé d’amateurs de musique a cessé de passer au tiroir caisse pour assouvir leur besoin de mélodies. La décroissance est de 21 %. On note toutefois que les sommes dépensées par ceux qui restent ont grimpé de 2% sur cette période de temps.
Par ailleurs, le nombre de personnes qui ont acheté de la musique en ligne a lui aussi diminué, indique l’étude. Il est passé de 35,2 millions de consommateurs en 2008 à 34,6 millions l’an dernier. Mais que les pourfendeurs de la gratuité se rassurent, cette baisse n’a pas alimenté pour autant la face obscure de la diffusion musicale sur la Toile: «Au même moment, il y a eu une énorme chute dans le nombre de fichiers échangés par l’entremise des réseaux de partage de particulier à particulier», poursuit l’étude. C’est toutefois du côté de la radio gratuite en ligne qu’il faudrait regarder, puisque ce secteur a vu sa popularité croitre de 41 % en un an. Révolutionnaire, comme on dit.
Un roman sulfureux écrit par une jeune berlinoise surdouée de 18 ans, salué à l’unisson par la critique, met maintenant en grande chicane le monde littéraire et culturel allemand. Le litige porte notamment sur les nombreux «emprunts» du roman faits à un blogue tenu par un homme de 28 ans qui dépeint lui aussi les nuits folles des clubs du pays.
Le Monde rappelle que le roman Axolotl Roadkill signé par la jeune Helene Hegemann a été couvert de louanges à sa sortie le mois dernier. Le livre est très vite devenu un best-seller.
L’adolescente, fille d’un ex-dramaturge de la célèbre Volksbühne, à Berlin-Est, y raconte l’histoire de Mifti, une alter ego de 16 ans à la dérive dans les quartiers bohèmes de la capitale allemande. «Ses expériences nocturnes imprégnées de drogues et de sexe, avec le célèbre club techno du Berghain en arrière-plan, sont livrées dans un torrent de phrases parfois illisibles», résume encore le correspondant du journal parisien.
Or, il a été révélé que de nombreux passages provenaient du clavier d’un blogueur jusque-là inconnu qui se surnomme Airen. Dans son propre roman «Strobo», publié par un petit éditeur berlinois en août 2009, l’homme de 28 ans dépeint «ses nuits d’excès dans le club Berghain». Wundervoll…
La romancière a admis les faits tout en justifiant le plagiat. Un peu comme les étudiants trouvent normal de piller les sites en ligne pour leurs travaux....
Son éditeur semble plus embarrassé. Un accord a été conclu avec celui d’Airen pour partager les profits.
Rien n’y fait. Le monde culturel continue de se braquer. Une partie des commentateurs voit dans ce coup fumant un traquenard dessiné par l’éditeur et l’influent réseau du père d’Helene Hegemann. Pour certains critiques, ce roman témoigne aussi de «la décadence du milieu de l’édition, qui applique les mêmes méthodes commerciales que l’industrie».
D’autres prennent la défense de la jeune prodige, qui a eu 18 ans la semaine dernière. Détaché et un brin cynique, le prestigieux quotidien «Die Zeit» a souligné que de grands auteurs, dont Bertolt Brecht et Thomas Mann, avaient aussi produit des textes «à la limite du copyright»…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Jeudi 25 Février 2010 à 08h49
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Bernard-Henri Lévy reconnaît son erreur. Il dit effectivement avoir été trompé par un livre-canular sur la vie sexuelle de Kant (voir le texte plus bas).
«Salut l’artiste», écrit l’intellectuel hypermédiatisé dans une réaction écrite envoyée au quotidien Libération. «Chapeau pour ce Kant inventé mais plus vrai que nature et dont le portrait, qu’il soit donc signé Botul, Pagès ou Tartempion, me semble toujours aussi raccord avec mon idée d’un Kant (ou, en la circonstance, d’un Althusser) tourmenté par des démons moins conceptuels qu’il y paraît.»
Bref, pour BHL, le fait que le livre cité ait été écrit par un «artiste» de la fraude philo-intellectuelle n’affecterait pas le fond de l’argumentation. Autrement dit: que le messager soit faux, ne changerait rien à la vérité du message…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Lundi 08 Février 2010 à 15h13
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Le livre électronique n’a pas encore mégamassivement développé son marché que déjà il subit les contre-coups du piratage. Une étude du service Attributor affirme que neuf millions de copies de livres électroniques ont été téléchargées en 2009.
L’enquête se concentre sur plus de 900 sites de téléchargement illégal comme apidshare.com, 4shared.com, esnips.com and scribd.com. En moyenne, les livres disponibles sur ces plate-formes ont été téléchargées plus de 10 000 fois.
C’est évidemment autant de perdu pour les auteurs et les éditeurs. En fait, le manque à gagner est évalué à au moins 2,5 milliards $ pour les propriétaires légaux des droits.
«Cette étude montre que le piratage de livre atteint des proportions épidémiques», a commenté Tom Allen, président de l’Association of American Publishers, cité par le Washington Post.
L’enquête fournit des cas précis dans différents genres littéraires ou savants. Au total, les titres les plus pillés proviennent du secteur des affaires et de la finance, avec 13 000 téléchargements en moyenne par livre. Les pertes peuvent alors dépassées le millions $, par «titre», pour un auteur ou son éditeur.
Les livres de fiction sont téléchargés 6000 fois en moyenne. Sur un seul site consulté par les enquêteurs, le roman «Anges & Démons» de Dan Brown avait été repiqué plus de 8000 fois. Un best-seller devenu un meilleur volé…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Vendredi 15 Janvier 2010 à 11h00
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