Bibliothèque

Mercredi 28 Avril 2010

L’histoire de la Russie en direct sur la Toile

image Qui a dit que la modernité rendait amnésique? Les archives nationales russes ont en effet décidé de livrer sur la Toile une série de documents relatifs au tristement célèbre massacre de Katyn afin d’apaiser ses relations avec son voisin polonais. Souvenir: ce jour de 1940, 22.000 officiers polonais ont été tués de sang-froid par la police secrète soviétique de Staline, rappelle l’Associated Press.
C’est le président russe lui-même, Dimitri Medvedev, qui a ordonné ce dévoilement numérique d’archives militaires qui depuis des années sont source de tensions entre la Russie et la Pologne. Cette dernière demande d’ailleurs que l’ensemble des documents liés à ce sombre moment de l’histoire stalinienne soit tous sortis des voutes de la Fédération.

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Jeudi 15 Avril 2010

Combattre la bureaucratie et le capitalisme à coup de code-barre

image Tout est politique, y compris le code-barre. C’est en tout cas ce que pense la savoureuse petite maison d’édition française de bandes dessinées, L’Association, qui a décidé de faire de ce symbole, dense en lignes, un lieu de revendication. Et comment! Désormais, sur la quatrième de couverture de ses bouquins, l’éditeur propose des codes-barres amovibles accompagnés d’un texte en micro-caractère mais sans équivoque (celui reproduit ici a été attrapé sur le dernier Lisa Mandel intitulé HP: «se refusant à imprimer sur ses livres des codes-barres tout aussi esthétiquement disgracieux qu’éthiquement déplaisants; et devant néanmoins, pour des raisons de logistique devenues inévitables, se résoudre à les faire figurer sur ses ouvrages au moyen d’étiquette autocollantes, vilaines, onéreuses et agaçantes; tient à préciser que lesdites étiquettes ont été étudiées pour que leur colle n’abîme pas la couverture des livres, et qu’il est donc du devoir du lecteur de les décoller du livre après acquisition, puis de les détruire avec rage et jubilation en chantant à tue-tête: “l’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste!"». Et forcément, après ça, tout autre commentaire serait superflu…

Mardi 06 Avril 2010

La Belgique cherche aussi à enrayer juridiquement les téléchargements illégaux

image Mobilisation des auteurs belges contre les téléchargements illégaux de leurs créations: deux lois visant à mettre un terme à ce sport numérique sont actuellement en cours d’assemblage au pays de Jacques Brel, rapporte Le Monde dans son édition du jour. Deux modèles sont actuellement à l’étude, un cadre souple dans lequel les internautes pris la main dans le sac à fichiers partagés sans autorisation seraient graduellement sanctionnés et un autre où une «licence globale» payée chaque mois donnerait accès, sans reproche, au monde de l’échange en ligne. Frédéric Young, délégué général de la plus grande société belge de gestion du droit d’auteur, en parle d’ailleurs ici. Et bien sûr, dans un monde en mutation où la question des droits d’auteur fait régulièrement surface, l’écouter (en le lisant) n’est pas inintéressant.

Dimanche 04 Avril 2010

Les 100 sites web que l’on ne peut pas éviter

image C’est en train de devenir une habitude. Encore une fois cette année, le quotidien britannique The Guardian, propose à ses lecteurs, une liste des 100 sites web dont on ne pourrait pas se passer pour faire face à notre époque. Vous voulez des noms? Les collègues de Londres en proposent à la pelle dans différentes catégories. Pour les blogues, ils pointent par exemple des endroits comme Blogger, Bloglines ou encore Wordpress, parce que c’est «gratuit et sans pourriel». Section divertissement, c’est le site de Dilbert — oui, la bande dessinée —, Pocket Gamer, Gamasutra ou encore The Onion, le célèbre site satyrique. Le palmarès tire bien sûr dans toutes les directions avec des absents étonnants, comme par exemple le site du New York Times ou celui de la BBC, des présences un peu gênantes, comme le site du potineur californien Perez Hilton et des évidences, comme Google, le moteur de recherche. Mais, comme on dit, les listes, c’est bien, c’est à la mode, mais c’est plein de défauts.

Mercredi 31 Mars 2010

Le numérique va tuer la couverture de livre

image Le dommage collatéral n’était pas très évident, mais le New York Times vient de mettre le doigt dessus: avec l’avènement du livre numérique, ce n’est pas seulement le plaisir de toucher du papier qui va disparaître. La découverte d’une couverture de livre, à la sauvette, dans les mains d’une jeune fille assise dans un train, se prépare aussi à n’être qu’un bon vieux souvenir. C’est en tout cas ce qu’explique le journaliste Motoko Rich dans les pages numériques du quotidien new-yorkais.

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Mercredi 24 Mars 2010

Livres numériques: la guilde américaine des auteurs appelle ses membres à la prudence

image C’est le syndrome de La Ronde: quand tout va trop vite, ça peut finir par aller mal. L’Authors Guild, un puissant regroupement d’écrivains américains, a tendance à le croire elle qui vient de sensibiliser, par lettre, l’ensemble de ses membres, pour qu’ils obtiennent à l’avenir la juste part des droits numériques lors de la diffusion de leurs oeuvres en format binaire. Le Publishers Weekly, une référence dans le monde de l’édition, fait le point sur la question ici.
Deux grands éditeurs des États-Unis sont d’ailleurs pointés du doigt: Random House et HarperCollins qui offriraient aux plumes qui ont étoffé leurs catalogues dans les dernières années 25 % des droits d’auteurs perçus pour les versions numériques. Versions dont la prolifération est fortement envisageable dans un avenir proche avec l’avènement du iPad et de ses pâles copies.

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Lundi 01 Mars 2010

Contrer la perte de la mémoire numérique

image Le cri du coeur est étonnant: un groupe de bibliothécaires britanniques vient de demander au gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent afin de conserver la mémoire du web. Rien de moins. Selon eux, l’héritage numérique de la Grande-Bretagne est menacé. Il pourrait disparaitre à jamais sans une politique d’archivage adéquat. Actuellement, sur les quelques 8 millions de site web créés depuis 2004, le groupe n’a pu, pour le moment, assurer la conservation, dans les archives nationales et publiques, que d’un petit 6000, explique la BBC. Les permissions nécessaires à obtenir pour la mise en éternité de l’information réticulaire sont le principal frein à cette activité. Il risque aussi d’être à l’origine d’un «trou noir digital», disent-ils en réclamant haut et fort que les sites web, à l’image des livres et autres imprimés, soient automatiquement déposés dans les espaces archivistiques du pays.
Cet appel à la réforme législative, au nom de la mémoire du web, pourrait bien inspirer d’autres coin du globe. Il arrive aussi alors qu’au Québec, un projet de construction de la mémoire de l’aventure numérique, par l’entremise d’un wiki, est en cours. Nous en parlions ici, il y a quelques jours.

Vendredi 26 Février 2010

Construire la mémoire de la culture web du Québec

image Le projet est complètement fou mais il est fascinant: construire collectivement la mémoire socio-historique de la culture internet du Québec. C’est la mission que vient de se donner Pssstopedia, qui se présente, en ligne, comme est «un projet ludique, éducatif et historique».
L’idée est simple: sur la base des wiki, ces bassins numériques de connaissances bâtis collectivement sur la Toile, Pssstopedia souhaite documenter rien de moins que l’aventure du web au Québec avec ses «acteurs, URLs, sa mémétique, quelques projets cultes, ses ratés, ses succès ou ses trolls (non!!!)», le tout pour «le plaisir d’avoir connu ou de reconnaître ce qui s’est passé entre la version 0.1 à 2.0» de l’Internet, peut-on lire.
De 1970 à 2010, quelques grandes lignes ont pour le moment été posées, des lignes dans lesquelles Le Devoir — un des premiers quotidiens à avoir eu une existence numérique ici —, Branchez-Vous — un des premiers portails du Net — mais aussi La Toile du Québec, Copernic, L’Infobourg ou encore NetGraphe occupent une place de choix. Pour le moment, la suite et les détails sur ces acteurs- clefs, étant désormais entre les mains des internautes qui s’en souviennent, avec nostalgie ou pas.

Vendredi 05 Février 2010

Vancouver 2010: La SAT met la téléportation au menu du volet numérique des JO

image Numériquement unis d’un océan à l’autre. À l’occasion des Jeux olympiques d’hiver, qui vont commencer à faire sauter les skieurs le 12 février prochain sur la côte ouest, la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal a décidé, elle aussi, d’établir un premier exploit. Comment? Avec Briser la glace, une installation de téléprésence artistique qui, pendant toute la durée des Jeux, propose de se projeter, depuis Montréal, dans l’effervescence de la grande messe du sport, et ce, par le truchement de stations de téléprésence installées entre les deux métropoles olympiques. Ce sont les communications de demain qui s’écrivent aujourd’hui.
Futuriste et tactile, cette mise en relation s’inscrit dans le cadre du projet CODE Ciné-Kiné, le volet numérique de l’Olympiade culturelle de Vancouver 2010 et repose aussi sur le réseau de fibre optique à très haut débit du RISQ et de CANARIE.
Au-delà de ce projet de téléprésence étonnant, dont les «télépod» ont été installés pour l’occasion dans le hall de la Grande Bibliothèque du Québec — à Montréal — et dans un espace du Great Northern Way Campus de Vancouver, CODE se veut une vitrine des arts numériques tels qu’ils s’inventent actuellement partout au pays. Ce festival offre d’ailleurs en ligne une série de créature vidéo, de galeries de photo et d’espace de discussion. Parce que le curling, c’est bien. Mais il faut aussi savoir s’en sortir…

Jeudi 04 Février 2010

Moins de trois livres par habitant

imageQuinze des 19 bibliothèques municipales de Montréal n’ont toujours pas atteint le seuil du «trois livres par habitant» fixé par une politique provinciale en 1998.
Seuls les arrondissements de Roxboro, d’Outremont, de l’île-Bizard-Sainte-Geneviève et d’Anjou s’y conforment avec une moyenne de 3,38 livres.
La moyenne globale est par contre de 2,25 livres par habitant. Elle était de 1,97 en 1994.
Ces données ont été révélées cette semaine par la conseillère Élaine Ayotte de Vision Montréal. La nouvelle élue (et ancienne animatrice de Radio-Canada) a critiqué les réalisations de l’administration municipale.
Selon ce que rapporte le site RueFrontenac des lock-outés du Journal de Montréal, la mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, responsable du dossier de la culture au comité exécutif, a répliqué en parlant d’un «travail gigantesque» abattu par sa formation pour bonifier le réseau des bibliothèques.
Les heures d’ouverture du réseau ont connu une augmentation sous la gouverne de Gérald Tremblay, passant de moins de 40 heures dans 50 % des établissements à une moyenne de 53 heures réparties sur sept jours. L’administration Tremblay a récemment annoncé la construction de deux nouvelles bibliothèques dans les arrondissements Saint-Laurent et Rosemont. Quatre autres doivent voir le jour dans un avenir rapproché, selon la mairesse d’Outremont cité par RueFrontenac.
L’ouverture de la Grande bibliothèque a également amélioré la performance de la ville. N’empêche, Montréal a longtemps été considérée comme la ville-cancre de la classe canadienne pour ses bibliothèques désuètes et sous-équipées et tous les indicateurs ne semblent donc pas encore au beau fixe…

Dimanche 31 Janvier 2010

Littérature en mutation: un éditeur belge lance une collection «Lu sur Facebook»

image Le réseau de socialisation numérique fait beaucoup parler, mais il fait aussi écrire. À preuve: la maison d’édition belge Biliki vient en effet de mettre sur le marché une collection consacrée uniquement aux «statuts», ces micro-messages qui cimentent les liens binaires dans cet espace de communication. La chose se nomme forcément «Lu sur Facebook». Elle est aussi présentée comme une première mondiale. Rien de moins.
Pour ses premiers pas, cette collection propose trois ouvrages dont les titres respectent à merveille le style imposé par Facebook: «Frédéric Vignale trouve que Louis XIV était vraiment un bon Président de la République», «Arnaldinho Gaucho part en polygamie» et «Patrick Lowie est pour l’interdiction de la raclette suisse en Belgique». Il s’agit de recueils regroupant 300 statuts écrits par ces trois auteurs en quête de sens. Cette quête va de «cherche un peu de chagrin pour noyer son alcool !» à «le mec qui inventera le vaccin contre la Connerie sera multi milliardaire mais sa vie sera en danger» en passant par «Paf le chien est l’œuvre d’un toxicomane» et «je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, et je me battrai jusqu’au bout pour que vous ne puissiez plus le dire».
Et pourquoi tout ça, se demande-t-on? Pour vivre avec son temps, sans doute mais aussi pour rire d’un endroit qui force, souvent par l’absurde, à repenser son rapport au monde, chose que les trois auteurs expliquent d’ailleurs très bien dans cette entrevue croisée sur la vie, leur statuts, Facebook et la collection.

Jeudi 14 Janvier 2010

La France tend la main à Google

imageGoogle et Paris vont-il faire la paix? Le ministre de la culture de France, François Mitterrand, explique dans une entrevue au Monde que son pays devrait accepter de conclure un partenariat avec le géant Google pour la «numérisation du patrimoine écrit». Il avertit cependant que cette entente devra prévoir des clauses restrictives.
Le ministre explique qu’il proposera au mois de mars «un échange de fichiers sans confidentialité ni exclusivité, dans la transparence et le respect des auteurs». Il ajoute regretter l’accord d’exclusivité de 25 ans signé en juillet 2007 entre Google et la bibliothèque de Lyon pour la numérisation de 500 000 ouvrages.

Mardi 22 Décembre 2009

Numérisation du livre: Google riposte et l’éditeur écoute

image L’intrigue autour de la numérisation des livres de la grande maison d’édition La Martinière, qui possède entre autres Le Seuil, se poursuit en France. Après avoir été condamné la semaine dernière par un tribunal parisien pour contrefaçon de livres, le géant Google a décidé de riposter en portant sa cause en appel, précise le quotidien parisien Le Figaro dans son édition du jour. Parallèlement, l’éditeur, qui poursuit le célèbre moteur de recherche pour utilisation frauduleuse de son patrimoine littéraire, se dit désormais ouvert à la discussion afin de permettre le rayonnement de son catalogue dans une version dématérialisée
la sauce Google. «Si Google respecte les droits d’auteur et de création, il pourra tout à fait devenir notre client», résume Hervé de La Martinière, le grand patron du groupe d’édition, écrivant un autre chapitre dans cette saga qui semble encore loin d’une conclusion. 

Lundi 23 Novembre 2009

Rêver notre demain… aujourd’hui

image Journaux interactifs sur papier virtuel, bureau numérique en trois dimensions, cellulaires dématérialisés… C’est la suite normale des choses: d’ici 10 ans, nos environnements numériques sont condamnés à de profondes transformations. Et les ingénieurs du Microsoft Office Labs veulent nous parler aujourd’hui de ces nombreuses mutations.
Dans cette petite vidéo de presque 6 minutes qui a fait son apparition aujourd’hui sur le site de partage Youtube, ces penseurs de futur exposent en effet la vision du monde qu’ils ont en tête pour 2019. Le tout sur fond de musique corporative et de décors épurés.
Surprenant, conséquent, attachant et inspirant, l’exercice prospectif permet de se préparer à l’avenir, mais aussi à la disparition du clavier, à l’apparition de tableaux virtuels dans les écoles, à des jardins suspendus où il va faire bon vivre, mais aussi — et c’est la bonne nouvelle — à des journaux qui, loin d’avoir disparu, vont même être encore plus intéressants, selon les ingénieurs de l’empire informatique.

Le Devoir.com
Site Web du Devoir

À propos

La production, la diffusion et la consommation de la culture se transforment radicalement. Musique téléchargée, cinéma ou opéra numériques, livres dématérialisés, vente aux enchères ou télé sur internet, médias et industries culturelles en crise: ce blogue collectif des journalistes du Devoir propose de sonder les espaces culturels en mutation pour enregistrer les bouleversements en cours

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Contributeurs


Fabien Deglise
bande dessinée - musique - industrie culturelle

Stéphane Baillargeon
arts visuels - institutions culturelles - édition

Paul Cauchon
médias - télévision - Internet

Isabelle Paré
culture - spectacle - livres

Benoît Munger
médias - musique - nouvelles technologies

Frédérique Doyon
musique - scène - industrie culturelle