Cinéma
La mise en abyme est savoureuse: une énième parodie du film La Chute d’Oliver Hirschbiegel vient de faire son apparition sur Youtube. Hitler y commente le fait que Constantin Film, la boite de production teutonne qui détient les droits sur le film, ait réclamé dans les derniers jours le retrait des parodies qui circulent depuis des mois sur le site de partage de vidéos. Les taquins parodistes ont toutefois décidé de prendre un autre segment du film pour commettre leur méfait.
Rédigé par Fabien Deglise le Mercredi 21 Avril 2010 à 11h14
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Les mutations des temps présents n’épargnent rien, ni personne. Pas même les héros de bande dessinée: Paul, le sympathique personnage imaginé par le bédéiste Michel Rabagliati, va voir en effet ses aventures portées… au grand écran. La maison d’édition La Pastèque vient de l’annoncer, en passant par le réseau de micro-clavardage Twitter. L’adaptation touche le sixième volume de la série, Paul à Québec, titre qui, depuis sa sortie au printemps 2009, ne cesse d’être couronné par la critique, ici comme ailleurs.
Mobilisation des auteurs belges contre les téléchargements illégaux de leurs créations: deux lois visant à mettre un terme à ce sport numérique sont actuellement en cours d’assemblage au pays de Jacques Brel, rapporte Le Monde dans son édition du jour. Deux modèles sont actuellement à l’étude, un cadre souple dans lequel les internautes pris la main dans le sac à fichiers partagés sans autorisation seraient graduellement sanctionnés et un autre où une «licence globale» payée chaque mois donnerait accès, sans reproche, au monde de l’échange en ligne. Frédéric Young, délégué général de la plus grande société belge de gestion du droit d’auteur, en parle d’ailleurs ici. Et bien sûr, dans un monde en mutation où la question des droits d’auteur fait régulièrement surface, l’écouter (en le lisant) n’est pas inintéressant.
C’est en train de devenir une habitude. Encore une fois cette année, le quotidien britannique The Guardian, propose à ses lecteurs, une liste des 100 sites web dont on ne pourrait pas se passer pour faire face à notre époque. Vous voulez des noms? Les collègues de Londres en proposent à la pelle dans différentes catégories. Pour les blogues, ils pointent par exemple des endroits comme Blogger, Bloglines ou encore Wordpress, parce que c’est «gratuit et sans pourriel». Section divertissement, c’est le site de Dilbert — oui, la bande dessinée —, Pocket Gamer, Gamasutra ou encore The Onion, le célèbre site satyrique. Le palmarès tire bien sûr dans toutes les directions avec des absents étonnants, comme par exemple le site du New York Times ou celui de la BBC, des présences un peu gênantes, comme le site du potineur californien Perez Hilton et des évidences, comme Google, le moteur de recherche. Mais, comme on dit, les listes, c’est bien, c’est à la mode, mais c’est plein de défauts.
Il l’a démontré dans sa riche et fascinante filmographie: le réalisateur américain Gus Van Sant, l’homme derrière les nécessaires Elephant, Last Days et Harvey Milk, a une drôle d’emprise sur le réel. Et, au cas où l’on en doutait encore, il en livre une étonnante confirmation sur le réseau de microclavardage Twitter. Et comment! Depuis près d’un an, l’artiste distille là une série de messages franchement énigmatiques. À ce jour, son auditoire est composé de 6400 personnes.
«J’étais comme les autres. Je voulais être plus», écrit le p’tit gars du Kentucky le 16 février dernier. C’est son avant-dernière intervention. «Je te veux, mais je n’ai pas besoin de toi», dit-il un mois plus tôt. «Je suis toujours nerveux quand tu es célibataire». «Je me demande si ce téléphone va fonctionner à Gearhart [une ville d’Oregon]»…
À l’exception d’un lien vers une page MySpace, l’ensemble de ces micromessages n’apporte rien de plus, à ceux qui s’y exposent, que les mots qu’ils contiennent. Ils viennent aussi avec une série d’interrogations: l’homme est-il fou? Est-il en train de créer quelque chose? Pose-t-il les bases d’un nouveau film? Et bien sûr, pour savoir où tout ça nous mène, il faut rester à l’écoute…
Rédigé par Fabien Deglise le Mercredi 24 Mars 2010 à 14h15
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L’aventure PIB, cet incroyable web-documentaire de l’Office national du film (ONF) qui cherche à témoigner de l’impact humain de la crise économique, se poursuit avec la mise en ligne aujourd’hui d’un nouveau document vidéo consacré à la Boîte à bleuets, ce cabaret communautaire d’Alma au Lac-Saint-Jean frappé lui aussi par une économie qui vacille. Le portrait est attachant et mérite un détour de quelques minutes.
Depuis septembre dernier, des équipes de l’ONF sont partis à la conquête du pays pour mettre en image le visage humain de la crise, d’Edmonton en Alberta à Saint-George-de-Beauce au Québec en passant par Sudbury en Ontario et Cookville au Nouveau-Brunswick. On y parle finance, agriculture, arts et médias, main-d’oeuvre ou transport, le tout par l’entremise de récits vidéo mais également d’essais photographiques et de commentaires (écrits ou vidéo) laissés par les internautes. Parce que tout ça, se joue effectivement dans le web 2.0.
Rédigé par Fabien Deglise le Mardi 09 Mars 2010 à 16h30
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Les temps sont durs, enfin, un peu plus durs, pour les stars hollywoodiennes rassemblées pour la soirée de remise des Oscars. Adieu les salaires faramineux. Exit la participation automatique aux profits mirobolants.
En tout cas, les émoluments du tournant des années 2000 ont disparu.
Les très grandes vedettes pouvaient alors exiger jusqu’à 20, voire 30 millions $ par film. Par contraste, aucun des dix films mis en nomination hier pour l’ultime récompense du meilleur film n’a payé ses acteurs autant.
On est même très loin des anciens grands comptes. «The Hurt Locker», le film gagnant, est considéré comme une production à petit budget et les comédiens ont au mieux reçu quelques centaines de milliers de dollars chacun.
«Avatar», la mégaproduction à au moins 300 millions $ n’a pas non plus arrosé de fric ses vedettes, avec des salaires évalués, là encore, à quelques centaines de milliers de dollars plutôt qu’à quelques millions.
Ce film est maintenant le plus profitable de l’histoire. Ses retombées se calculent déjà en milliards.
Même le beau George Clooney (notre photo) n’aurait reçu «que» deux millions $ pour son travail dans «Up in the Air». Par contre, il aurait fait une petite fortune en participant aux profits du film.
Brad Pitt, lui, aurait reçu dix millions $ pour sa participation à «Inglourious Basterds», ce qui est encore beaucoup, mais là encore beaucoup moins qu’autrefois.
Le journal The Independant, qui analyse le phénomène, lie les compressions salariales à une volonté de «réduire les risques financiers».
Surtout, la compression salariale éclaire l’apparition de plus en plus fréquente des noms de renom dans les émissions de télé et les publicités. C’est là maintenant que certaines stars iraient chercher leurs paies.
Un exemple: Dustin Hoffman et Nick Nolte seront les vedettes de Luck une nouvelle série de la chaîne HBO.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Lundi 08 Mars 2010 à 12h44
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Que vaut un Oscar? Quelles sont les retombées sonnantes et trébuchantes de la fameuse statuette dorée distribuée ce soir à Hollywood?
Plusieurs études économiques ont tenté de résoudre l’énigme au cours de la dernière décennie sans finalement y arriver pour de bon, comme le rappelle une synthèse présentée sur le site du magazine en ligne Miller-McCune.
En 2001, les chercheurs du Colby College ont montré qu’une récompense maintenait généralement à l’affiche un film et augmentait donc logiquement ses revenus. Ils sont aussi conclu qu’un prix était autrement plus profitable qu’une nomination.
Le gain pour une nomination dans la catégorie du meilleur film a a été alors estimé à environ 4,8 millions $ en moyenne. Un gagnant dans cette même catégorie pouvait espérer augmenter ses gains de 12,7 millions $.
Par contre, une étude de 2005 réalisée par une équipe allemande a conclu que les gains générés par une statuette étaient surévalués par l’industrie du film. Pour cette enquête, c’est la nomination plutôt que le prix lui-même qui rapporte de manière significative.
Dans ce cas, comme le note l’analyse de Miller-McCune, la décision de cette année de doubler le nombre de films en nomination dans la catégorie «Best Picture» pourrait s’avérer payante pour tous.
Seulement, il n’y a rien de sûr. Une autre enquête, de 2008 celle-là, réalisée par une équipe néerlandaise, a prouvé que les prix, peu importe qui les distribuent, les critiques ou l’Académie, ne changeaient finalement à peu près rien pour le grand public qui va se divertir au cinéma pour bien d’autres raisons…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Dimanche 07 Mars 2010 à 15h17
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La formule est facile et on l’emprunte au USA Today: l’Oscar du meilleur endroit pour discuter des Oscars risque d’être remis cette année aux… réseaux sociaux. Pour la première fois dans l’histoire de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui pilote l’illustre cérémonie qui va prendre forme à la télévision dimanche soir, les Facebook et Twitter de ce monde ont été mis à contribution pour faire monter la sauce. Parce qu’il faut bien vivre avec son temps et que la publicité n’a jamais manqué une occasion d’investir tous les recoins de l’activité humaine.
Des exemples? En format mobile, une application permet déjà d’accéder à une liste des candidats dans les 24 catégories mais aussi aux bande-annonces des 10 meilleurs films dans la course. La chaine de magasin J.C. Penney va permettre à ses fidèles de commenter, par l’entremise de Facebook, chacune de sept publicités qu’elle va présenter pendant la cérémonie. Quant à Cottonelle et son papier toilette, ils vont se retrouver au centre d’une campagne de votes, en ligne, pour savoir s’il faut mettre le rouleau par dessus ou par dessous. C’est en tout cas ce que résume le quotidien américain qui s’emballe forcément, en prévision d’un événement qui aime carburer à la démesure et à l’air du temps, comme en témoignent ces initiatives.
Il est bel et bien révolu le temps où, pour vivre un festival culturel — ou une cérémonie de remise de prix —, il fallait prendre un avion, trouver un hôtel et surtout attendre en ligne, des heures et des heures, pour entrer dans une salle obscure, ou pas.
Aujourd’hui, si tu ne peux pas aller au festival, c’est le festival qui vient à toi. Et la cérémonie des Oscars, dont l’imminence en rend plusieurs fébriles, ne déroge pas à cette règle. Un doute? Pas besoin d’attendre le soir du jugement pour voir, par exemple, dans leur intégralité les cinq courts-métrages d’animation choisis dans cette catégorie. On s’assoit donc confortablement et on se questionne: qui de Logorama (France), Granny O’Grimm’s Sleeping Beauty (Irlande), French Roast (France), A Matter Of Loaf and Deaf (Grande-Bretagne) ou The Lady and the Reaper (Espagne) pourrait bien repartir avec l’illustre statuette? À vous de juger, en allant ici.
Le dernier film de Roman Polanski s’intitule The Gost Writer, Il s’inspire du livre «L’Homme de l’ombre» de Robert Harris (Plon, 2007) et raconte l’histoire d’un écrivain embauché pour réécrire les mémoires d’un ancien premier ministre britannique.
Or, en français, «l’écrivain fantôme» est un nègre. Enfin, c’est comme ça qu’on dit en France depuis plus de 150 ans, depuis qu’Eugène de Mircourt a méchamment employé ce terme au sujet d’Alexandre Dumas, «un mulâtre qui avait des nègres».
Le mot inacceptable, raciste, partout ailleurs, convient-il encore en art et en littérature? En tout cas les distributeurs du film en France ont préféré conserver le titre anglais pour éviter la controverse.
«On le lit, on le prononce. On hésite à s’interroger sur sa portée. Il y a pourtant là un point aveugle, un croisement sensible de notre histoire et de notre espace sémantique», note un billet de Bibliobs.
L’analyse pointe vers une proposition du philosophe Claude Ribbe pour en finir avec cette expression de négrier.
«Il me semble qu’au XXIe siècle, il est plus que temps de faire entrer dans la tête des Français que le mot “nègre” ne peut plus, en aucun cas, être utilisé impunément pour désigner un être humain qu’on exploite d’une manière ou d’une autre et qui serait méprisé du fait de cette exploitation», écrit-il.
M. Ribbe va jusqu’à demander au producteur et au distributeur du film “The Ghost Writer” «d’appliquer aux sous-titres et à la version française la même doctrine que celle qu’ils ont appliquée au titre.»
Au Québec, on se rappellera la controverse autour du film «Le Nèg’» de Robert Morin. Dans ce cas, le titre et l’affiche ouvertement provocateurs cachaient une œuvre sur la tolérance, les préjugés et la bêtise.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Mercredi 03 Mars 2010 à 11h50
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Il n’y a pas que l’illustratrice Elise Gravel qui se sert de la vidéo pour faire la promotion de ses bouquins. L’écrivain Patrick Dion aussi vient de prendre cette voie et il monte même la barre très haute. Un doute? Pour la sortie de son bouquin Fol Allié (Grenouille Bleue), le journaliste, blogueur, recherchiste, chouchou du réseau de microclavardage Twitter, a en effet lancé sur la planète web une petite bande-annonce de 2 minutes 50 qui cherche à accrocher le lecteur en passant par les codes langagiers du cinéma. Il y a des comédiens (Christian E. Roy, Lily Thibeault, Roberto Mei, Julien Mei). Il y a de la musique. Il y a de l’éclairage. Il y a un montage serré. Et forcément, on en reste soufflé.
Rédigé par Fabien Deglise le Mardi 02 Mars 2010 à 15h03
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Comme prévu, le film Un prophète a triomphé ce week-end à la cérémonie des Césars. Les Césars sont les Oscars français et les Oscars sont les Césars américains.
Le film de Jacques Audiard a remporté pas moins de neuf trophées, dont les Césars du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur acteur. «Un prophète» est aux anges et au paradis et les critiques professionnels l’avaient bien prédit.
Ils auraient donc été écoutés? D’ailleurs que vaut la critique aujourd’hui, maintenant que les internets (surtout celui du deuxième niveau, participatif) permettent à tous et chacun de s’exprimer sur tous les sujets, y compris celui-là?
Le profeseur Thomas Doherty de l’université Brandeis pense que, dans ce nouveau contexte, la critique ne vaut plus rien. Ou plus grand chose. Dans son article The Death of Film Criticism publié dans «The Chronicle of Higher Education», il résume la réaction typique du cinéphile-bloggeur à deux mots: «It sucks». Il oppose cette attitude manichéenne du cyberespace à l’ancienne manière patiente et informée des vieux scribes de l’imprimé (journaux, magazines ou revues savantes).
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Lundi 01 Mars 2010 à 11h04
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C’est une bien drôle d’idée que vient d’avoir le site français OZAP à l’occasion de la 35e cérémonie des César, les Oscar des Français, qui se tient en ce moment de l’autre côté de l’Atlantique. Drôle d’idée en effet, puisque depuis le début de la grande messe du 7e art, Charles Decant, qui collabore à ce site de potins et informations artistiques, raconte par écrit, minute par minute, le déroulement de la soirée pilotée par le comique Gad Elmaleh et l’actrice Valérie Lemercier. Cela donne…
«21h02. Marion Cotillard, très élégante et très applaudie, ouvre la cérémonie. « Cher cinéma français, je suis très heureuse et je palpite d’être là à présider cette soirée qui nous réunit tous pour te célébrer », déclare-t-elle.»
«22h45. Avant de remettre le prix du meilleur espoir féminin, Valérie Lemercier s’adresse aux cinq nommées et leur demande si… elles sont sures de n’avoir jamais fait de photos coquines ! Madame de Fontenay appréciera ! C’est Richard Berry qui est appelé sur la scène pour remettre le César».
Au surplus, c’est un peu une sorte de version 2.0 des match de baseball à la radio. Mais en moins bon.
Rédigé par Fabien Deglise le Samedi 27 Février 2010 à 17h11
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