Signe des temps
Vous voulez un paradoxe, en voilà un: la technologie mobile, celle qui place l’humain sous tension et qui fait disparaitre les espaces d’oisiveté, se veut désormais un remède au stress et à l’insomnie. Comment? Par l’entremise d’applications à l’ambition démesurée: nous faire mieux dormir.
Le Figaro résume l’absurde dans ce dossier. On y découvre l’existence du Sleep Cycle, une application pour iPhone qui se vante d’aider «100.000 personnes à se réveiller reposées». Le principe: placés sous son oreiller, le téléphone et cet outil, proposent de suivre avec précision les cycles du sommeil pour déclencher ainsi le son du réveil matinal au moment où cela va déranger le moins. Tout le monde le sait: le cycle de sommeil ne doit être interrompu! Des graphiques, sur cette activité nocturne, peuvent aussi être également publiés sur Facebook afin de partager ses informations avec d’autres. Pourquoi? On ne le précise pas.
Autre trouvaille, le Power Nap, pour iPhone qui propose des sons relaxants pour des siestes de 10, 20 ou 30 minutes. «Une fois la sieste achevée, un chant du coq fait office de réveil», peut-on lire tout en se disant, finalement, que le progrès, ça ne s’arrête pas, y compris pour dormir.
Parler de mutations, c’est bien. La voir, c’est encore mieux. Avec Seoul District, l’équipe formée du réalisateur français Hervé Martin Delpierre et des dessinateurs Park Chul Ho et Park Hong Jin sont en train d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de la bande dessinée en la faisant sortir de ces codes traditionnels.
À cheval entre la bédé, l’animation et le film, l’objet hybride, qui va prendre son envol dans quelques semaines, se veut en effet une expérience multi-plateformes, également consommable en format mobile, sur le iPhone, pour commencer, et le iPad, quand il sera là. Bien sûr, le gang d’Ave! Comics est un peu derrière tout ça.
Et comme si cela n’était pas assez, la redéfinition du cadre passe aussi par un concours en ligne qui, à terme, va permettre à un internaute de devenir un des personnages de cette série dont la valeur artistique reste encore à prouver, contrairement à sa valeur symbolique, qui elle ne fait aucun doute.
Le chiffre est étourdissant. La nuit dernière, le site de microclavardage Twitter, a franchi, dans la plus grande discrétion, la barre du 10 milliardième tweet produit dans cet espace. Le tweet (ou gazouillis en français), c’est ce message de 140 caractères — pas un de plus — qui constitue le fond de commerce de l’entreprise.
Le site de mesure Giga Tweet a subtillement souligné l’établissement de ce nouveau record dans le monde de la communication 2.0. Impossible toutefois de savoir qui est l’émetteur de ce message historique, ce dernier faisant partie des usagers qui décident de ne pas rendre publique la production de leurs messages.
Au-delà du gigantisme numérique, la nouvelle vient du coup confirmer la popularité grandissante de cet outil de communication dans toutes les strates de la population. La statistique parle: en 2007, 5000 messages de ce type transitaient chaque jour sur ce réseau contre… 50 millions de micro-messages chaque jour enregistrés en janvier 2010, 50 millions de petites bouchées quotidienne pour écrire la modernité.
Rédigé par Fabien Deglise le Vendredi 05 Mars 2010 à 18h59
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Le dernier film de Roman Polanski s’intitule The Gost Writer, Il s’inspire du livre «L’Homme de l’ombre» de Robert Harris (Plon, 2007) et raconte l’histoire d’un écrivain embauché pour réécrire les mémoires d’un ancien premier ministre britannique.
Or, en français, «l’écrivain fantôme» est un nègre. Enfin, c’est comme ça qu’on dit en France depuis plus de 150 ans, depuis qu’Eugène de Mircourt a méchamment employé ce terme au sujet d’Alexandre Dumas, «un mulâtre qui avait des nègres».
Le mot inacceptable, raciste, partout ailleurs, convient-il encore en art et en littérature? En tout cas les distributeurs du film en France ont préféré conserver le titre anglais pour éviter la controverse.
«On le lit, on le prononce. On hésite à s’interroger sur sa portée. Il y a pourtant là un point aveugle, un croisement sensible de notre histoire et de notre espace sémantique», note un billet de Bibliobs.
L’analyse pointe vers une proposition du philosophe Claude Ribbe pour en finir avec cette expression de négrier.
«Il me semble qu’au XXIe siècle, il est plus que temps de faire entrer dans la tête des Français que le mot “nègre” ne peut plus, en aucun cas, être utilisé impunément pour désigner un être humain qu’on exploite d’une manière ou d’une autre et qui serait méprisé du fait de cette exploitation», écrit-il.
M. Ribbe va jusqu’à demander au producteur et au distributeur du film “The Ghost Writer” «d’appliquer aux sous-titres et à la version française la même doctrine que celle qu’ils ont appliquée au titre.»
Au Québec, on se rappellera la controverse autour du film «Le Nèg’» de Robert Morin. Dans ce cas, le titre et l’affiche ouvertement provocateurs cachaient une œuvre sur la tolérance, les préjugés et la bêtise.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Mercredi 03 Mars 2010 à 11h50
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Je conspire, tu conspires, ILS CONSPIRENT. Si vous êtes exposés un tant soit peu au bruit de fond de la communication numérique, vous l’avez noté: la conspiration est partout. Le réchauffement climatique? Le 11 septembre? L’assassinat du président Kennedy? Le SIDA? Les camps de la mort? Conspirations que tout cela. David Aaronovitch, chroniqueur au London Times, a une petite théorie sur le phénomène. De fait, les théories de la conspiration s’élaborent à partir des mêmes ingrédients. Wired Magazine a eu la bonne idée d’utiliser ces six ingrédients pour que vous puissiez générer vos propres théories de la conspiration.
Rédigé par Benoît Munger le Mardi 02 Mars 2010 à 10h00
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Une agence de voyage praguoise s’est inspirée du film «Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain» pour proposer à ses clients de faire voyager leur peluche préférée.
Dans le film français, le père de l’héroïne - incarnée par Audrey Tautou - recevait des photographies de son nain de jardin, parti parcourir le monde grâce à une amie d’Amélie, hôtesse de l’air.
En gros l’affaire tchèque va comme suit. La peluche est envoyée dans la république où l’agence Toy Traveling lui fait visiter les sites les plus célèbres en prenant des photos-témoins. Le tout revient avec un certificat attestant du périple.
L’aventure coûte entre 130 et 250 $, enfin, pour les Européens.
Les partenaires dans cette curieuse entreprise sont l’ancien ministre tchèque des technologies de l’information, Dana Berova, et l’homme d’affaires Tomio Okamura. Ils ont décidé d’investir chacun un peu moins de 8 000 $ pour démarrer cette entreprise.
Leur carnet de réservation commencerait déjà à se remplir.
Comment dit-on en tchèque: «Tant de mutations depuis l’amibe pour en arriver là» ?
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Samedi 27 Février 2010 à 11h41
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Qui a dit qu’il fallait vivre avec son temps? Certainement l’université de Tufts au Massachussetts qui est sur le point de révolutionner le concept de d’admission. Comment? En permettant désormais à ses futurs élèves de soumettre leur candidature, en format vidéo et par l’entremise du réseau de partage Youtube. Non: on n’arrête pas le progrès.
C’est le Christian Science Monitor qui vient de lever le voile sur cette mutation sociale. La publication en ligne propose également quelques exemples de candidatures soumises qui révèlent autant la créativité des générations montantes que la popularité de ce nouveau mode d’admission. Depuis qu’elle a modifié ses règles administratives, pour les inscrire dans la logique du web 2.0, l’Université croule en effet sous les vidéo de 60 secondes. On ne s’en étonne pas.
L’histoire de Joannie Rochette occupe 6% du poids global des Jeux olympiques dans les médias du monde depuis 24 heures. Au Québec, d’où est originaire la patineuse, les informations la concernant représentent 24% du poids médias du séisme à Haïti au plus fort de la tragédie.
Le poids médiatique de Mme Rochette totalise 5,6% de toute l’information du Québec depuis une journée et 2,3% de l’ensemble des nouvelles au Canada anglais.
La firme Influence communication, qui revèle ces données, a aussi calculé qu’en un jour, l’athlète orpheline (elle a perdu sa mère le week-end dernier) a cumulé l’équivalent de 33 jours de temps d’antenne dans le monde et près de 7000 articles.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Mercredi 24 Février 2010 à 15h55
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C’est l’époque qui veut ça: La grammaire de l’information est en plein bouleversement et le journaliste Matthieu Dugal veut certainement en faire la preuve avec Tout le monde s’en fout (TLMSF), une émission expérimentale qui a pris son envol cette semaine sur les ondes du Canal Vox de Québec et, bien sûr, dans les espaces numériques de communication.
Diffusée sur le web, cette rencontre informative vise à amener la radio à la télévision et la télévision à la radio en passant par le Net. Les grandes lignes sont d’ailleurs exposées ici, dans le cadre du chapitre un de cette aventure.
En plus d’être la première émission de radio et/ou télé et/ou web «filmée avec des appareils photos», TLMSF veut également mettre à l’honneur «l’information sous le radar», ces «sujets intéressants sans tribune», résume le producteur Erik Tremblay. L’«emo-journalism», cette construction émotive de la nouvelle, est d’ailleurs au centre de ce premier volet diffusé depuis les bureaux d’iXmédia à Québec. «On connait la radio de Québec pour ses moins bons coups», dit M. Dugal qui, en prenant la barre de cette expérience médiatique cherche du coup à prouver que la Vieille Capitale, loin de la radio poubelle qui est la sienne, arrive aussi à se faire moderne. Bravo.
Encore et toujours du sport. Les infos sportives dominaient le top 5 de l’actualité québécoise la semaine dernière, un retour au naturel de ce coin du monde après l’éclipse médiatique causée par le séisme en Haîti.
Cette catastrophe, située au deuxième rang avec un poids média de 2,21%, demeure le seul sujet non-sportif des cinq premières places. Pour le reste, on trouve dans l’ordre: Vancouver 2010 (8,19%), les victoires et défaites du Canadien (2,20%), le départ de Bob Gainey (1,14%) et le Super Bowl XLIV (0,94%).
Répétons-le: il n’y a rien de naturel dans ces résultats, rien d’obligatoire, la preuve étant que les médias du Canada anglais ne se soumettent pas à la même logique identifiée dans le bilan hebdomadaire de la firme montréalaise Influence communication. Pour leur part, du 9 au 15 février, ils accordaient leur faveur à Vancouver 2010 (5,34%), la situation haïtienne (1,,36%), le Canada en Afghanistan et la nouvelle offensive de l’OTAN (0,92%), l’affaire du colonel Russel (0,81%) et le dossier nucléaire iranien (0,40%).
Pendant ce temps, au Québec, le seul départ de Bob Gainey du Canadien de Montréal occupait deux fois plus de poids que les nouvelles internationales et cinq fois plus que les infos diffusées au Québec concernant le reste du Canada…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Mardi 16 Février 2010 à 10h47
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Moins d’un Québécois sur deux fait confiance aux journalistes. En fait, 44% de la population très exactement ne leur accordent pas de faveur, d’après le baromètre sur les professions les plus admirées au Québec. Cette échelle des passions populaires basée sur un sondage de Léger Marketing est dévoilée aujourd’hui dans une chronique du Journal de Montréal.
Les journalistes ont perdu 7 points en un an, à peu près autant que les entrepreneurs en construction (-10%).
Par contre les banquiers ont remonté dans l’estime populaire. De neuf points, de sorte que 40% de la population leur fait confiance. Le même taux que pour les prêtres. Ce qui place donc les journalistes, en gros, au même niveau d’appréciation que les banquiers et les curés. Faut-il vraiment s’en réjouir quand on se rappelle la crise du capitalisme et les scandales ecclésiastiques?
Les pros de l’info pourront se consoler un peu en contemplant le malheur de certaines autres professions. Les avocats ne reçoivent la confiance que de 29% de la population. La queue de la liste est occupée par les syndicalistes (22%), les publicitaires (19%), les politiciens (8%) et les vendeurs d’autos usagés (6%).
Tout en haut trônent les pompiers (97%) et les infirmières (96%)…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Mercredi 10 Février 2010 à 16h41
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C’est ce qu’on appelle filer la mutation, à l’anglaise. À l’occasion de la semaine de la mode qui va se tenir à Londres dès le 23 février prochain, l’univers de tissus et celui de la trois dimensions vont finalement se tisser ensemble. C’est en tout cas ce que vient d’annoncer la maison Burberry qui prévoit transmettre en format 3D, et à travers le monde, le défilé mettant en vedette sa nouvelle collection. Le blogue spécialisé dans la chose vestimentaire, StyleList UK, vient de lever le voile sur la chose.
Dans les grandes lignes, l’événement se prépare donc à être diffusé dans des salles triées sur le volet à Paris, New York, Los Angeles, Dubaï et Tokyo. Comme il est de rigueur dans ce milieu où tout est toujours très excitant, la rencontre entre les mannequins et la 3D va se faire sous la supervision du designer Christopher Bailey, directeur de la création de Burberry, qui a dessiné pour l’occasion une paire de lunette spéciale afin de vivre la sensation de profondeur tout en suivant des yeux un défilé où, paradoxe suprême, le superficiel risque d’être de mise. «La technologie 3D technologie va permettre à l’assistance de se retrouver à Londres, dans cet espace, pour voir les couleurs et les tissus mais aussi entendre la musique et faire partie de ce moment quand tout finalement se réunis ensemble.» Pour ceux qui n’y croient pas, une version 2D doit aussi être présenté sur la Toile.
Les médias québécois sont généralement obsédés de sport, heu… pardon de hockey, et la semaine dernière ils se sont surpassés. Le bilan hebdomadaire de la firme Influence communication établit que les infos sportives occupaient quatre des cinq premières positions au Québec entre le 2 et le 8 février.
Les informations concernaient, dans l’ordre, le Super Bowl (3,21% du poids média), Vancouver 2010 (2,59%), les victoires et défaites du Canadien de Montréal (2,37%), le séisme en Haïti (2,31%) et la perte de Cammalleri par le Canadien (0,76%). La place du Super Bowl a augmenté de 41% par rapport à la semaine qui précédait la finale 2009 du ballon ovale. L’importance médiatique d’Haïti a chuté de 60% en sept jours.
On continue? Dans la liste des dix personnalités les plus médiatisées depuis le début de l’année, il ne s’en trouve que deux qui ne proviennent pas du hockey. Pas juste du sport, mais bien précisément du hockey. Il s’agit, en l’occurrence, de Stephen Harper et Barack Obama. Jean Charest glisse en onzième place de cette liste dominée par Jacques Martin, Michael Cammalleri et Patrice Cormier.
«Pour démontrer la polarisation de l’information autour du monde du sport, nous avons créé une échelle de mesure qui permet de comparer le poids médias du joueur de hockey le plus cité au Québec à celui de différents enjeux, dit le communiqué d’Influence communication. Au cours de la période du 27 janvier au 4 février, le poids de Mike Cammalleri a été de 1,17 %. C’est l’équivalent de toute l’attention médiatique accordée au Québec pendant cette période aux autochtones, aux aînés, à la pauvreté, au jeu compulsif et aux nouvelles internationales en excluant Haïti.»
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Lundi 08 Février 2010 à 12h31
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Haïti continue sans surprise de dominer le top 5 de l’actualité québécoise. La tragédie accumule 23,45% du poids médiatique de la semaine dernière, selon les données compilées par la firme Influence communication.
Pour le reste, c’est encore et toujours le sport, c’est-à-dire le hockey, qui attire l’attention. Les victoires du CH arrivent en deuxième position (3% du poids), suivis du coup de coude de Patrice Cormier à Mikaël Tam (3e position) et du congédiement de Georges Laraque (4e position, avec moins de 1% du poids médiatique).
La cinquième place appartient au sommet économique de Québec. Par contre, la firme de courtage en info révèle que la politique provinciale est actuellement en chute libre dans les médias québécois, avec une baisse des deux tiers de la couverture par rapport à la même semaine de référence l’an dernier.
Il n’y a rien de naturel dans ces résultats, rien d’obligatoire ou de fatalement nécessaire. Pendant la même période, du 19 au 25 janvier, les médias du Canada anglais ont accordé leur faveur, dans l’ordre, au séisme haïtien (10% du poids), à Vancouver 2010, à la présence canadienne en Afghanistan, à la prorogation du Parlement et à la sécurité aérienne.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Lundi 25 Janvier 2010 à 11h54
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