Fabien Deglise
La décision aura été rapide. Un tribunal londonien vient de donner gain de cause à la formation rock psychédélique Pink Floyd qui est en conflit ouvert avec sa maison de disque EMI au sujet des droits versés pour la vente de sa musique en format numérique. La mise en marché des albums en ligne, pièce par pièce, plutôt que dans leur intégralité, est en partie au coeur du litige, comme nous en parlions ici. Le contrat signé entre la maison et le groupe en 1967 forçait «la préservation de l’intégrité artistique des albums», chose nécessaire pour des albums comme The Wall, entre autres, conçu pour être appréhendé comme un tout.
La BBC qui suit le dossier de très près rapporte qu’EMI ne concède toutefois pas la victoire pour autant aux Floyd. Par voie de communiqué, l’entreprise a annoncé en effet que la décision du juge ne signifie pas pour autant la fin de la mise en vente des oeuvres de Pink Floyd en format numérique dans l’immédiat. «La Cour s’est penchée cette semaine sur l’interprétation de deux points liés à la vente de musique de Pink Floyd en format numérique, peut-on lire. Mais elle y a encore d’autres arguments à entendre et le dossier va encore suivre son cours pendant quelque temps.»
Pour certains, c’est la suite normale des choses. Pour d’autres, c’est l’annonce du pire à venir: dans les prochains mois, le réseau de socialisation Facebook devrait permettre à ses 400 millions d’usagers — ça, c’est 57 fois la population du Québec! — de partager une nouvelle information par «status» interposés: l’endroit précis où ils se trouvent dans l’espace et le temps et ce, par l’entremise d’une application de géolocalisation.
C’est le New York Times qui l’a appris de sources sûres. Le dévoilement de cette nouvelle fonction devrait être faite fin avril lors de la rencontre annuelle des hauts placés de l’empire du réseautage numérique avec les développeurs de programmes — le f8 pour les intimes — organisée cette année à San Francisco.
Cette «mise à jour» semble d’ailleurs anticipée depuis novembre dernier, moment où Facebook a décidé de revoir sa politique de confidentialité et protection de renseignements personnelles. On y lit désormais que lorsque qu’un usager «partage [sa] position géographique avec quelqu’un d’autres ou qu’il ajoute cette information à un commentaire, cela va être traité comme n’importe quel autre contenu».
Dans des espaces de communication prônant la conversation perpétuelle et où la logique de transparence est poussée à l’extrême, le pas franchit par la maison du jeune Mark Zuckerberg est certainement perçu comme un outil de plus pour afficher son authenticité. Une quête qui pourrait toutefois avoir un prix: quelques entraves possible aux libertés individuelles, avec cette fonction qui risque vite, si elle est mal utilisée, de devenir une autre source de surveillance en mode 2.0. Qui sait?
Ce sont deux mondes qui s’affrontent. Le cultissime groupe Pink Floyd vient d’entamer des poursuites judiciaires contre sa maison de disque EMI pour un différend important quant au versement des droits d’auteur liés à la vente de sa musique en format numérique. L’affaire se joue à Londres. Selon l’avocat de la formation rock progressif et psychédélique, EMI ne respecterait pas le contrat qui l’unit à Pink Floyd en permettant désormais la vente de chaque composition à l’unité, une chose répandue dans les univers numériques mais loin d’être envisagée, en 1973, lors de la sortie de Dark Side Of The Moon. À l’époque, les plus anciens s’en souviennent, les albums se consommaient sur galettes de vinyle et étaient franchement considérés comme œuvre dans leur ensemble, particulièrement pour les créations de Pink Floyd.
La BBC, qui rapporte la nouvelle, estime que le procès pourrait être très long et souligne que les membres du groupe toujours en vie — Richard Wright est décédé en septembre 2008 — ne se sont pas présentés devant le tribunal laissant plutôt parler leur avocat pour le début des procédures. Au-delà de l’inscription de la notion de droits d’auteur dans de nouveaux espaces de diffusion, l’enjeu financier lié à cette poursuite est important: la catalogue des Floyd est en effet un des plus lucratifs, dans le monde du rock, après celui des Beattles.
L’aventure PIB, cet incroyable web-documentaire de l’Office national du film (ONF) qui cherche à témoigner de l’impact humain de la crise économique, se poursuit avec la mise en ligne aujourd’hui d’un nouveau document vidéo consacré à la Boîte à bleuets, ce cabaret communautaire d’Alma au Lac-Saint-Jean frappé lui aussi par une économie qui vacille. Le portrait est attachant et mérite un détour de quelques minutes.
Depuis septembre dernier, des équipes de l’ONF sont partis à la conquête du pays pour mettre en image le visage humain de la crise, d’Edmonton en Alberta à Saint-George-de-Beauce au Québec en passant par Sudbury en Ontario et Cookville au Nouveau-Brunswick. On y parle finance, agriculture, arts et médias, main-d’oeuvre ou transport, le tout par l’entremise de récits vidéo mais également d’essais photographiques et de commentaires (écrits ou vidéo) laissés par les internautes. Parce que tout ça, se joue effectivement dans le web 2.0.
Rédigé par Fabien Deglise le Mardi 09 Mars 2010 à 16h30
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Vous voulez un paradoxe, en voilà un: la technologie mobile, celle qui place l’humain sous tension et qui fait disparaitre les espaces d’oisiveté, se veut désormais un remède au stress et à l’insomnie. Comment? Par l’entremise d’applications à l’ambition démesurée: nous faire mieux dormir.
Le Figaro résume l’absurde dans ce dossier. On y découvre l’existence du Sleep Cycle, une application pour iPhone qui se vante d’aider «100.000 personnes à se réveiller reposées». Le principe: placés sous son oreiller, le téléphone et cet outil, proposent de suivre avec précision les cycles du sommeil pour déclencher ainsi le son du réveil matinal au moment où cela va déranger le moins. Tout le monde le sait: le cycle de sommeil ne doit être interrompu! Des graphiques, sur cette activité nocturne, peuvent aussi être également publiés sur Facebook afin de partager ses informations avec d’autres. Pourquoi? On ne le précise pas.
Autre trouvaille, le Power Nap, pour iPhone qui propose des sons relaxants pour des siestes de 10, 20 ou 30 minutes. «Une fois la sieste achevée, un chant du coq fait office de réveil», peut-on lire tout en se disant, finalement, que le progrès, ça ne s’arrête pas, y compris pour dormir.
Parler de mutations, c’est bien. La voir, c’est encore mieux. Avec Seoul District, l’équipe formée du réalisateur français Hervé Martin Delpierre et des dessinateurs Park Chul Ho et Park Hong Jin sont en train d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de la bande dessinée en la faisant sortir de ces codes traditionnels.
À cheval entre la bédé, l’animation et le film, l’objet hybride, qui va prendre son envol dans quelques semaines, se veut en effet une expérience multi-plateformes, également consommable en format mobile, sur le iPhone, pour commencer, et le iPad, quand il sera là. Bien sûr, le gang d’Ave! Comics est un peu derrière tout ça.
Et comme si cela n’était pas assez, la redéfinition du cadre passe aussi par un concours en ligne qui, à terme, va permettre à un internaute de devenir un des personnages de cette série dont la valeur artistique reste encore à prouver, contrairement à sa valeur symbolique, qui elle ne fait aucun doute.
C’est la rançon de la gloire dans les nouveaux espaces de communication. Carel Pedre, 29 ans, animateur de radio en Haïti, vient d’être honoré à New York cette semaine en raison de sa présence remarquée sur le site de microclavardage Twitter au moment du séisme qui a frappé son pays, il y a quelques semaines. Les prix ont été remis dans le cadre des Shorty Awards, cérémonie qui, pour la deuxième année de suite, vient couronner «l’excellence sur Twitter». Pour l’ensemble de son oeuvre, M. Pedre se mérite un «Prix spécial».
L’animateur de Radio 1, s’est rendu célèbre au lendemain de la catastrophe pour avoir ouvert une fenêtre haïtienne sur le monde par l’entremise de Twitter, alors que les autres modes de communication étaient à terre, en raison du tremblement. «Continuons à utiliser Twitter pour sauver des vies et changer le monde», a-t-il indiqué dans un discours de remerciement qui ne pouvait pas dépasser… 140 caractères, soit la taille maximale qui transite par ce réseau.
Les lauréats de ces prix ont été sélectionnés par un vote populaire sur Twitter mais également par un jury qui cette année était composé du fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales.Entre autres.
Rédigé par Fabien Deglise le Samedi 06 Mars 2010 à 14h00
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La formule est facile et on l’emprunte au USA Today: l’Oscar du meilleur endroit pour discuter des Oscars risque d’être remis cette année aux… réseaux sociaux. Pour la première fois dans l’histoire de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui pilote l’illustre cérémonie qui va prendre forme à la télévision dimanche soir, les Facebook et Twitter de ce monde ont été mis à contribution pour faire monter la sauce. Parce qu’il faut bien vivre avec son temps et que la publicité n’a jamais manqué une occasion d’investir tous les recoins de l’activité humaine.
Des exemples? En format mobile, une application permet déjà d’accéder à une liste des candidats dans les 24 catégories mais aussi aux bande-annonces des 10 meilleurs films dans la course. La chaine de magasin J.C. Penney va permettre à ses fidèles de commenter, par l’entremise de Facebook, chacune de sept publicités qu’elle va présenter pendant la cérémonie. Quant à Cottonelle et son papier toilette, ils vont se retrouver au centre d’une campagne de votes, en ligne, pour savoir s’il faut mettre le rouleau par dessus ou par dessous. C’est en tout cas ce que résume le quotidien américain qui s’emballe forcément, en prévision d’un événement qui aime carburer à la démesure et à l’air du temps, comme en témoignent ces initiatives.
Le chiffre est étourdissant. La nuit dernière, le site de microclavardage Twitter, a franchi, dans la plus grande discrétion, la barre du 10 milliardième tweet produit dans cet espace. Le tweet (ou gazouillis en français), c’est ce message de 140 caractères — pas un de plus — qui constitue le fond de commerce de l’entreprise.
Le site de mesure Giga Tweet a subtillement souligné l’établissement de ce nouveau record dans le monde de la communication 2.0. Impossible toutefois de savoir qui est l’émetteur de ce message historique, ce dernier faisant partie des usagers qui décident de ne pas rendre publique la production de leurs messages.
Au-delà du gigantisme numérique, la nouvelle vient du coup confirmer la popularité grandissante de cet outil de communication dans toutes les strates de la population. La statistique parle: en 2007, 5000 messages de ce type transitaient chaque jour sur ce réseau contre… 50 millions de micro-messages chaque jour enregistrés en janvier 2010, 50 millions de petites bouchées quotidienne pour écrire la modernité.
Rédigé par Fabien Deglise le Vendredi 05 Mars 2010 à 18h59
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Il est bel et bien révolu le temps où, pour vivre un festival culturel — ou une cérémonie de remise de prix —, il fallait prendre un avion, trouver un hôtel et surtout attendre en ligne, des heures et des heures, pour entrer dans une salle obscure, ou pas.
Aujourd’hui, si tu ne peux pas aller au festival, c’est le festival qui vient à toi. Et la cérémonie des Oscars, dont l’imminence en rend plusieurs fébriles, ne déroge pas à cette règle. Un doute? Pas besoin d’attendre le soir du jugement pour voir, par exemple, dans leur intégralité les cinq courts-métrages d’animation choisis dans cette catégorie. On s’assoit donc confortablement et on se questionne: qui de Logorama (France), Granny O’Grimm’s Sleeping Beauty (Irlande), French Roast (France), A Matter Of Loaf and Deaf (Grande-Bretagne) ou The Lady and the Reaper (Espagne) pourrait bien repartir avec l’illustre statuette? À vous de juger, en allant ici.
Avertissement: ce billet vise à lutter (un peu) contre les préjugés.
Il n’y a pas que les journalistes, artistes, auteurs de livres, chanteurs de charme, publicitaires et le numériquement prolixe Denis Coderre qui donnent vie aux nouveaux espaces de communication. Les scientifiques spécialisés dans la vie des dinosaures aussi peuvent en tirer profit. Et ils le prouvent avec The Open Dinosaur Project, un espace de recherche, de rencontre, de partage et de conversation sur les diplodocus, abrictosaurus et autres agilisaurus. Pas de doute: la science aussi veut cuisiner son quotidien à la sauce 2.0, comme le souligne sans prétention Andy Farke du Musée de paléontologie Raymond M. Alf de Claremont en Californie. L’homme vient de déballer son sac de paléontologue dans une entrevue présentée sur le blogue scientifique A Blog around the Clock.
Sans surprise, il y est question d’intelligence collective, d’ossements, de Facebook, de l’histoire de l’humanité. Et bien sûr, comme c’est vendredi, c’est un peu rafraîchissant.
Rédigé par Fabien Deglise le Vendredi 05 Mars 2010 à 07h23
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Réalité, fiction ou mélange des deux? Ça se passe comme ça au temps du 2.0. Bender, le désopilant robot cynique, grivois, alcoolique, voleur et charmant, de la série Futurama vient de l’annoncer lui-même par l’entremise de sa page Facebook: la série imaginée par Matt Groening, le père des Simpson, va revenir finalement à la vie, après sept ans d’absence, en juin prochain, à l’antenne du réseau américain Comedy Central! «Lever les mains, fans de Futurama», conseille-t-il au passage. 5137 des quelque 850 000 fans accrochés à ce profil facebookien ont dit «apprécier la nouvelle».
Mettant en vedette Fry, livreur de l’année 2000 propulsé par la beauté de cryogénie dans le futur délirant des années 3000, Futurama a été, en six saisons diffusées initialement entre 1999 et 2003 sur FOX, une pièce importante de la culture télévisuelle contemporaine. Et ce, avec sa critique intelligente du temps présent en passant par le futur, mais aussi ces personnages complexes et attachants, dont la cyclope Leela fait certainement partie. Le retour en onde de cette créature pas très cathodique pour écrans plats alimente les rumeurs dans le cyberespace depuis des mois. Il a aussi forcé les nouveaux producteurs à renouer, une à une, avec l’ensemble des voix qui ont donné forme à cette série, à la charnière du siècle. Avec succès d’ailleurs «Oh, et autre chose: on ramène l’équipe originale au complet!», poursuit Bender. Et même s’il savait d’un robot, d’un personnage fictif, hâbleur et rouspéteur, en ces lieux, fatalement, on est un peu obligé de le croire.
Rédigé par Fabien Deglise le Jeudi 04 Mars 2010 à 16h42
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L’anniversaire météorologique est digne de mention: il y a 39 ans, jour pour jour, le Québec était frappé par… la tempête du siècle. À Montréal, en une très courte période de temps, 50 cm de neige recouvre la ville, accompagné de vents soufflant à plus de 110 km/h. Les poteaux d’électricité tombent, privant d’électricité plusieurs secteurs d’une ville où les bancs de neige atteignent parfois deux étages.
Bien loin, mais désormais bien proche, par l’entremise des nouveaux espaces de communication, ce moment marquant dans l’histoire récente peut se revivre facilement aujourd’hui, avec cette capsule d’une minute cinquante offert par la série télé/web J’ai la mémoire qui tourne. Un bout de mémoire, peu chronophage, dont on aurait finalement tort de se passer.
Rédigé par Fabien Deglise le Jeudi 04 Mars 2010 à 11h11
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Inutile de la chercher plus longtemps. La recette pour la paix dans le monde, c’est finalement le site de socialisation en ligne Facebook qui semble la détenir. Un doute? Ça ne s’invente pas: l’armée israélienne vient en effet d’annuler une opération militaire secrète de son unité volante en Cisjordanie après que l’un de ses soldats ait éventé naïvement l’attaque sur sa page Facebook. «Mercredi, on va nettoyer (le village de) Qatana et jeudi, si Dieu le veut, on rentre à la maison», a écrit le militaire sur son mur d’information avec des détails sur l’heure de l’opération.
Mis au parfum de cette fuite numérique, le commandant de la division a décidé de retenir ses hommes «de crainte que des informations divulguées parviennent à des groupes hostiles et mettent en péril des forces israéliennes», a indiqué un porte-parole militaire dans un communiqué cité par l’Agence France Presse (AFP).
Le soldat, lui, a été condamné à «10 jours d’emprisonnement» mais a aussi été expulsé de son bataillon et de tout poste de combat, et ce, pour avoir brisé une règle martiale qui interdit aux soldats de transmettre des informations sensibles sur Internet, poursuit la dépêche.
Rédigé par Fabien Deglise le Mercredi 03 Mars 2010 à 17h30
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