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Parler de mutations, c’est bien. La voir, c’est encore mieux. Avec Seoul District, l’équipe formée du réalisateur français Hervé Martin Delpierre et des dessinateurs Park Chul Ho et Park Hong Jin sont en train d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de la bande dessinée en la faisant sortir de ces codes traditionnels.
À cheval entre la bédé, l’animation et le film, l’objet hybride, qui va prendre son envol dans quelques semaines, se veut en effet une expérience multi-plateformes, également consommable en format mobile, sur le iPhone, pour commencer, et le iPad, quand il sera là. Bien sûr, le gang d’Ave! Comics est un peu derrière tout ça.
Et comme si cela n’était pas assez, la redéfinition du cadre passe aussi par un concours en ligne qui, à terme, va permettre à un internaute de devenir un des personnages de cette série dont la valeur artistique reste encore à prouver, contrairement à sa valeur symbolique, qui elle ne fait aucun doute.
La bande dessinée ne cesse de s’infiltrer partout. Après le cinéma, la télé ou la philosophie, la voici au service du guide de voyage.
Les maisons Casterman et Lonely Planet sont maintenant associées pour offrir des guides urbains aux illustrations dessinées plutôt que photographiées.
Ça donne quoi?
Alix sert de guide à Rome et Corto Maltese à Venise. Le dessinateur François Schuiten accompagne la découverte de Bruxelles.
La collection «BD City Guides» s’adresse évidemment aux amoureux du dessin.
«Une fois passé l’étonnement de tenir entre ses mains un guide sans photos du réel, le lecteur se laisse bercer par une approche favorisant une vision éminemment subjective», note la courte critique de 24 heures. «Munis d’un index, ces opus basés sur des itinéraires ne proposent aucun répertoire d’hôtels ni de restaurants, mais, au fil des déambulations, des lieux sont parfois suggérés. Les cartes, une par promenade, jouent la lisibilité.»
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Samedi 06 Mars 2010 à 11h17
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Il y a dans la vie des petits moments délicieusement cyniques. Depuis près de trois ans, l’auteur canadien Yann Martel, qui a signé L’histoire de Pi (Denoël), s’est donné pour mission de sensibiliser le premier ministre Stephen Harper à la culture en envoyant un livre chaque semaine à son bureau fédéral d’Ottawa. Le projet politico-culturel est résumé sur un site intitulé Que lit Stephen Harper? Le Jules César de William Shakespeare, Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry et même la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi sont du nombre des ouvrages envoyés au PM.
À ce jour, 75 bouquins lui ont été adressés. Mais l’homme politique n’a jamais donné suite à ces envois autrement que par des accusés de réception écrits par son personnel, et ce, pour à peine 5 titres reçus.
Or, dans les derniers jours, sans qu’il ne demande rien à personne, M. Martel a finalement reçu un commentaire littéraire d’un chef d’État. L’expéditeur? Barack Obama, président des États-Unis. «M. Martel, écrit l’illustre lecteur, ma fille et moi venons de terminer la lecture de l’Histoire de Pi. [...] C’est un livre charmant — une élégante preuve de Dieu et du pouvoir de la narration». À ce moment précis du présent billet, tout autre commentaire ne pourrait être que superflu.
Rédigé par Fabien Deglise le Mardi 02 Mars 2010 à 16h06
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Il n’y a pas que l’illustratrice Elise Gravel qui se sert de la vidéo pour faire la promotion de ses bouquins. L’écrivain Patrick Dion aussi vient de prendre cette voie et il monte même la barre très haute. Un doute? Pour la sortie de son bouquin Fol Allié (Grenouille Bleue), le journaliste, blogueur, recherchiste, chouchou du réseau de microclavardage Twitter, a en effet lancé sur la planète web une petite bande-annonce de 2 minutes 50 qui cherche à accrocher le lecteur en passant par les codes langagiers du cinéma. Il y a des comédiens (Christian E. Roy, Lily Thibeault, Roberto Mei, Julien Mei). Il y a de la musique. Il y a de l’éclairage. Il y a un montage serré. Et forcément, on en reste soufflé.
Rédigé par Fabien Deglise le Mardi 02 Mars 2010 à 15h03
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France 2017. Le pays est au bord de précipice. Nicolas Sarkozy est mort. La crise économique a une nouvelle fois frappé et l’écologie, malgré les signaux d’alarme allumés dans les années précédentes, est plutôt mal en point. Convaincu que la dégradation des conditions de vie est irréversible, Guillaume veut quitter Paris pour le pays basque…
Oui, tout va mal. Et la description de ces temps tourmentés est désormais au centre d’un premier roman-feuilleton imaginé par les auteurs William Rejault et Laurent Lattore. Particularité notable: l’objet littéraire, intitulé Le chemin qui menait vers vous, a été pensé pour être consommé uniquement sur un iPhone, par petites bouchées.
Chaque semaine, trois chapitres sont ajoutés, pour une lecture en direct ou en différé. Le lecteur est également invité à commenter l’intrigue pour sans doute la faire dévier.
Version moderne du roman à volet, cette aventure accessible en téléchargeant simplement une application gratuite sur son iPhone est malgré tout payante: le premier chapitre est donné, certes, pour accrocher le lecteur nomade, mais le reste se mérite pour 1.10 cents. Coût total: 11.30 $ can. En gros. Les auteurs parlent d’expérience. C’est aussi la redéfinition d’un modèle économique de diffusion du bouquin qui est en train de se jouer, en format portable.
Non, il n’y a pas que le livre ou le journal qui pourrait voir son existence passablement bouleversée par l’arrivée sous peu de la tablette d’Apple — quel est son nom déjà? Nous ne l’avons pas assez entendu!. La bande dessinée aussi risque de voir ses codes interpelés, triturés et questionnés par la machine tactile qui rêve de se retrouver dans des millions de mains d’ici la fin de la prochaine décennie.
C’est en tout cas ce que présente ici la publication en ligne Slate.fr qui cherche à démontrer l’impact du iPad — c’est son nom — sur l’univers de la bulle et de l’histoire en case. Les possibilités sont infinis, peut-on lire, avec en prime quelques pistes pour une redéfinition de ce genre littéraire. Comment? Avec des histoires à tiroirs, sur le «concept des histoires alternatives, ou des histoires dont vous êtes le héros», des zoom dans les cases, «pourquoi pas des plongées par à la Google Map» mais aussi des toiles infinies qui permettrait enfin à la bédé de sortir de son cadre, «une page en 2D rectangle et en 54 pages» pour se mettre au temps «des séquences de toutes les formes, dans tous les sens, de toutes les tailles». Tout ça laisse rêveur, en effet.
Il fallait oser. Le philosophe français Michel Onfray vient de marier son talent à celui du bédéiste Maximilien le Roy afin de faire vivre Nietzsche en bande dessinée. Simplement baptisé Nietzsche (Le Lombard), le projet à paraitre sous peu se veut une façon de réhabiliter l’image du grand philosophe, « image fausse, floue, dangereuse, qu’il était urgent, à tous égards, de rectifier», dit Onfray. Des extraits de cette bédé sont présentés en ligne sur le site du créateur d’histoires en boîte. Avec ce titre étonnant, le duo propose donc de revenir sur la vie de ce révolutionnaire, sur sa quête du bonheur et sa recherche d’un absolu, avec un coup de crayon assumé et un texte jamais très loin de L’Innocence du devenir: la vie de Frédéric Nietzsche (Galilé), bouquin qu’à signé Onfray en 2007. Du coup, le philosophe et le dessinateir sont aussi en total phase avec leur sujet qui, par son oeuvre, a toujours proposé de «nouvelles possibilités d’existence». Chapeau.
Rédigé par Fabien Deglise le Vendredi 26 Février 2010 à 21h42
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Vous en rêviez, mais vous devriez y penser à deux fois: le Kindle, ce lecteur numérique pour livres, mis sur le marché par Amazon, ne mériterait pas que l’on s’intéresse à lui cette année. Motif? «Les 200.000 ouvrages de son catalogue ainsi que les 85 journaux et magazines sont dans la langue de Shakespeare. Et tout le monde ne lit pas l’anglais couramment», écrit la publication en ligne E24 qui vient de produire sa liste des 8 choses qu’il ne faut pas acheter cette année.
Une autre liste? Oui, dans laquelle la machine à lire trouve une place de choix, pas très loin du GPS (puisque la fonction est désormais intégrée aux téléphones intelligents), de l’abonnement à la revue Playboy, de Micrososft Office 2010 mais aussi de la couleur mimosa, car en 2010, c’est le turquoise qui va être à la mode. Le Wii Fit, cet appareil de divertissement qui rêve de mettre les ados grassouillets en mouvement reçoit aussi le même sanction des auteurs de cette liste. Pour cause: elle n’atteint pas son objectif en ne faisant bruler que 165 calories par demi-heure. Scandale.
Ça aura donc été la semaine des millions pour la BD. Après un exemplaire du premier numéro d’Action Comics de 1938 montrant Superman, c’est au tour du fameux numéro 27 de Detectives Comics où figure Batman pour la première fois d’établir un nouveau records.
Les deux BD américaines ont passé la barre du million aux enchères, aux États-Unis. Le Batman a été adjugé 1 075 000 $ précisément dans un encan tenu au Texas. L’exemplaire de 1939 en parfait été avait été payé 100 $ par son propriétaire dans les années 1960.
«Cet exemplaire du comic book était considéré comme un des livres les plus recherchés par les amateurs depuis que les collections de bande dessinée existent», souligne lepoint.fr en citant la maison d’enchères texane.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Vendredi 26 Février 2010 à 09h38
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Tous les livres numériques des éditeurs québécois se retrouvent maintenant sur un seul et unique portail, livresquebecois.com. Plus de 1400 titres sont déjà rassemblés sur cette librairie numérique présentée comme «l’unique portail dédié à la littérature d’ici».
Le site transactionnel a été développé par l’association des Librairies indépendantes québécoises (LIQ).
Il existe déjà d’autres sites plus ou moins semblables. Par exemple jelis.ca du groupe Archambault qui offre des dizaines de milliers de livres en français numérisés, mais peu d’ouvrages nationaux. Le Québec, comme la francophonie, a un peu de retard dans le développement de son marché électronique du livre.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Jeudi 25 Février 2010 à 16h11
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Un roman sulfureux écrit par une jeune berlinoise surdouée de 18 ans, salué à l’unisson par la critique, met maintenant en grande chicane le monde littéraire et culturel allemand. Le litige porte notamment sur les nombreux «emprunts» du roman faits à un blogue tenu par un homme de 28 ans qui dépeint lui aussi les nuits folles des clubs du pays.
Le Monde rappelle que le roman Axolotl Roadkill signé par la jeune Helene Hegemann a été couvert de louanges à sa sortie le mois dernier. Le livre est très vite devenu un best-seller.
L’adolescente, fille d’un ex-dramaturge de la célèbre Volksbühne, à Berlin-Est, y raconte l’histoire de Mifti, une alter ego de 16 ans à la dérive dans les quartiers bohèmes de la capitale allemande. «Ses expériences nocturnes imprégnées de drogues et de sexe, avec le célèbre club techno du Berghain en arrière-plan, sont livrées dans un torrent de phrases parfois illisibles», résume encore le correspondant du journal parisien.
Or, il a été révélé que de nombreux passages provenaient du clavier d’un blogueur jusque-là inconnu qui se surnomme Airen. Dans son propre roman «Strobo», publié par un petit éditeur berlinois en août 2009, l’homme de 28 ans dépeint «ses nuits d’excès dans le club Berghain». Wundervoll…
La romancière a admis les faits tout en justifiant le plagiat. Un peu comme les étudiants trouvent normal de piller les sites en ligne pour leurs travaux....
Son éditeur semble plus embarrassé. Un accord a été conclu avec celui d’Airen pour partager les profits.
Rien n’y fait. Le monde culturel continue de se braquer. Une partie des commentateurs voit dans ce coup fumant un traquenard dessiné par l’éditeur et l’influent réseau du père d’Helene Hegemann. Pour certains critiques, ce roman témoigne aussi de «la décadence du milieu de l’édition, qui applique les mêmes méthodes commerciales que l’industrie».
D’autres prennent la défense de la jeune prodige, qui a eu 18 ans la semaine dernière. Détaché et un brin cynique, le prestigieux quotidien «Die Zeit» a souligné que de grands auteurs, dont Bertolt Brecht et Thomas Mann, avaient aussi produit des textes «à la limite du copyright»…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Jeudi 25 Février 2010 à 08h49
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Après Twitter et YouTube, c’est au tour de la BD en ligne de suivre l’actualité de la protestation iranienne. La bande dessinée évolutive intitulée Le Paradis de Zara offre une nouvelle planche aux deux ou trois jours. L’œuvre en noir et blanc, à la ligne claire, raconte l’histoire de Mehdi, un manifestant disparu.
«Directement inspirée de la crise suscitée par la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad, cette œuvre de fiction en temps réel offre un regard à la fois artistique et informatif sur les événements de ces derniers mois», résume un blogue du Figaro.
Les textes sont disponibles en sept langues, l’anglais, le persan, l’arabe, le français, l’espagnol, l’italien et le néerlandais. Le projet a aussi la particularité de rassembler un auteur perse, un graphiste arabe et un éditeur juif. Le scénariste et le dessinateur utilisent des pseudonymes.
«Le Paradis de Zahra» sortira l’an prochain en version papier chez First Second Book puis chez Casterman en France. Mais les internautes patients du monde entier ont donc droit à la primeur dématérialisée, semaine après semaine, renouvelant du même coup l’ancienne pratique du feuilleton.
Qu’est-ce qu’on dit? Bravo et merci, tout simplement ...
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Jeudi 25 Février 2010 à 08h23
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Du numérique à l’interactif, la mutation ne vaut pas juste pour le livre. La bande dessinée aussi semble partie sur le chemin. C’est en tout cas ce que laisse présager cette analyse intéressante du site du9.org qui, en quelques lignes, prêche pour l’avènement d’une bédé qui, au delà des codes binaires, va véritablement sortir de ses codes formels pour conjuguer son existence sous différentes formes, plateformes et formats.
«La bande dessinée numérique, qu’il s’agisse de bande dessinée numérisée ou de bande dessinée spécifiquement créée pour les supports numériques, reste envisagée par les auteurs et les éditeurs sous le paradigme et les codes de la bande dessinée papier», peut-on lire. Or, c’est justement l’erreur que fait le 9e art et qui devrait plutôt se mettre en conversation avec son public, expose-t-on, avant de faire entrer l’histoire en boîte dans le monde de la bande dessinée numérique interactive qui deviendrait alors «rien de moins qu’un nouveau médium». Et bien sûr, c’est un point de vue à considérer. Pourquoi pas.
Le premier numéro de la BD signant l’apparition de Superman se vendait 10 cents en 1938. Cette semaine, à New York, un collectionneur a payé un million (plus les taxes et les frais d’encan) pour un des deux seuls exemplaires du précieux objet de collection jugés en état de conservation parfaite.
La couverture d’«Action Comics n° 1» montre le super-héros écrasant une voiture contre un rocher, tandis que des passants effrayés s’enfuient. Il en resterait une centaine d’exemplaires connus dans le monde.
La nouvelle du passage de la barre du million a fait exploser le site comiconnect.com, une des références pour les prix des BD.
Selon un autre guide d’évaluation des BD, l’Official Overstreet Comic Book Price Guide, «Action Comics n° 1» vient au premier rang des ouvrages les plus recherchés, suivi par «Detective Comics n° 27», qui signe la première apparition de Batman, en 1939.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Mercredi 24 Février 2010 à 09h20
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