Le best seller d’Adoph Hitler (avec une douzaine de millions d’exemplaires écoulés jusqu’en 1945), «Mein Kampf» donc, fait l’objet d’une dispute en Allemagne.
L’institut d’histoire contemporaine de Munich souhaite publier une édition critique de l’ouvrage. Un travail d’annotation a été commandé à deux historiens. L’institut souhaiterait mettre l’édition en ligne gratuitement.
Seulement, les droits du livre appartiennent à l’État de Bavière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et le ministre des Finances du Land s’oppose à toute reproduction. Les droits ne tomberont dans le domaine public qu’en 2015 mais le gouvernement bavarois a fait savoir que même après cette date l’interdit de publication demeurerait en vigueur.
«Lorsque le copyright viendra à expiration le 31 décembre 2015, la distribution de l’idéologie nationale socialiste restera interdite et passible de sanctions», a déclaré cette semaine le ministère bavarois des Finances.
Bref, c’est Nein, un point c’est tout. Ce qui désole évidemment les historiens qui souhaitent publier «Mon Combat» pour mettre en garde contre l’idéologie nazie, non pas pour la propager.
En Allemagne, le livre est tout simplement interdit de distribution. Les symboles nazis tels que la croix gammée et le salut hitlérien sont également illégaux.
Le secrétaire général du Conseil central des Juifs allemands a émis en 2008 un avis favorable à une édition critique. Wolfgang Benz, directeur du Centre de recherche sur l’antisémitisme avait alors émis une opinion contraire.
«L’idée d’une édition critique est absurde avait-il dit, comme le rappelle le Spiegel. Comment pouvez-vous annoter un monologue de 800 pages exposant la débile vision du monde d’Hitler? Après chacune des lignes il vous faudrait écrire qu’Hitler se trompe et puis qu’il est complètement à côté de la voie et ainsi de suite.»
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Vendredi 05 Février 2010 à 16h49
Archivé sous:
Contributeurs •
Stéphane Baillargeon •
Édition •
(0) Commentaires • Lien permanent





