La nouvelle du sauvetage fort probable de La Presse a vite fait le tour des médias québécois. Normal. Les concurrents se réjouissent toujours un peu du malheur d’un média en difficulté, même d’un malheur qui semble se terminer. La firme Influence Communication a montré que le Journal de Montréal et TVA ont largement couvert la menace de fermeture de La Presse qui elle-même a publié pas moins de sept textes sur le lock-out au Journal de Montréal dans la semaine après son déclenchement. Un rapide décompte maison montre que, depuis un an, Le Devoir a accumulé une centaine de mentions sur le conflit de travail au Journal de Montréal et les dures négociations à La Presse. En plus, les médias, réputés objectifs et froids, pour ne pas dire sans âme, s’intéressent bien davantage à leur monde en perdition. «Les médias sont très narcissiques. Ils aiment beaucoup parler d’eux-mêmes!», résume le président de la firme Influence Communication. En moyenne, les emplois perdus dans n’importe quelle usine au Québec vont chercher 2 % de l’attention médiatique, alors que le même nombre d’emplois perdus dans une salle de presse ou dans une station de télévision génère 4 % de toutes les nouvelles. Voici d’ailleurs d’autres mauvaises nouvelles sur certains médias en difficulté qui ne demandent qu’un relais plus ou moins intéressé dans les autres. Rogers a annoncé hier la mise à pied de 900 employés. Les journalistes du Detroit Free Press ont accepté avant-hier une entente qui leur impose de travailler cinq jours gratuitement pour éviter des mises à pied, au moins jusqu’en mars. Après le Globe & Mail, le National Post et le Toronto Sun, c’était récemment au tour du Toronto Star d’imposer des compressions budgétaires et l’élimination de postes dans sa salle de rédaction. Environ 75 reporters et pupitreurs vont perdre leur emploi dans ce journal, le plus diffusé du pays.
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Vendredi 27 Novembre 2009 à 10h10
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