Pendant que se prépare un énième débat au Québec autour du prix unique du livre, ailleurs, y compris en France d’où vient cette idée d’arnacher le marché, les discussions portent plutôt sur le juste prix à fixer pour le livre électonique.
Le «mirage du prix unique», comme le présente une éditorialiste de La Presse, revient hanter le Québec une décennie après le rejet de la mécanique qui oblige tous les commerces, y compris et surtout les grandes surfaces, à vendre les livres au même prix. Idéalement, la technique doit protéger les plus petits joueurs. Or, en France, trente ans après l’adoption de la mesure de protection, les librairies indépendantes se retrouvent dans une situation aussi précaire que celle des pays voisins.
Le débat doit maintenant tenir compte de la révolution numérique. La dématérialisation croissante des produits culturels rattrape l’édition. Le marché du livre numérique a décollé dans les derniers mois et l’arrivée du iPad symbolise la mutation en marche.
Seulement, comment transposer le prix unique du livre papier à sa version virtuelle? La question vaut aussi pour les taxes de vente, souvent à taux réduit pour les produits culturels comme le livre.
«Je me félicite du soutien unanime des pouvoirs publics au prix unique du livre numérique et je suis certain qu’ils trouveront les moyens juridiques de le mettre en œuvre», répondait récemment Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre au Figaro. Mais un prix unique ne signifie pas le même prix que celui du support physique. Un écart de 20 à 35 %, selon les cas, est envisageable sur le livre numérique. Mais, encore une fois, c’est à l’éditeur de fixer ce prix.»
Toute la chaîne du livre n’est pas de cet avis. Une bataille titanesque se prépare entre deux géants, soit Amazon (et son lecteur Kindle) et Appel (et son lecteur iPad), autour de la fixation du prix des versions dématérialisées.
Amazon impose un forfait de moins de 10$ aux éditeurs américains mais ne peut pas l’appliquer en France, la législation protégeant aussi les versions électroniques. Les ouvrages en français se vendent donc plus cher. Au Québec aussi d’ailleurs.
Apple propose maintenant aux éditeurs de les laisser fixer leur prix en prenant une commission de 30% au passage. Ce modèle commercial est en vigueur pour la musique sur le site iTunes Store.
Affaire à suivre donc…
Rédigé par Stéphane Baillargeon le Lundi 08 Février 2010 à 13h54
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