Numérisation
Qui a dit que la modernité rendait amnésique? Les archives nationales russes ont en effet décidé de livrer sur la Toile une série de documents relatifs au tristement célèbre massacre de Katyn afin d’apaiser ses relations avec son voisin polonais. Souvenir: ce jour de 1940, 22.000 officiers polonais ont été tués de sang-froid par la police secrète soviétique de Staline, rappelle l’Associated Press.
C’est le président russe lui-même, Dimitri Medvedev, qui a ordonné ce dévoilement numérique d’archives militaires qui depuis des années sont source de tensions entre la Russie et la Pologne. Cette dernière demande d’ailleurs que l’ensemble des documents liés à ce sombre moment de l’histoire stalinienne soit tous sortis des voutes de la Fédération.
Ouvrez bien grand vos esgourdes. Après la ville, c’est désormais à la banlieue de se retrouver au centre de l’incroyable web-documentaire, Écologie sonore, lancé il y a un mois par l’Office national du film (ONF), qui a visiblement décidé de ne pas manquer le bateau numérique. Le Devoir en parlait ici.
Placé sous le signe du son, ce projet numérique propose ce mois-ci une incursion dans les 450 par l’oreille, avec, en trame de fond, la volonté de forcer la réflexion sur les bruits induit par l’étalement urbain, les tondeuses à gazon et les environnements urbains sans trottoir. La nouvelle capsule a été lancée cette semaine et elle est consommable là. Sans gêne…
C’est en train de devenir une habitude. Encore une fois cette année, le quotidien britannique The Guardian, propose à ses lecteurs, une liste des 100 sites web dont on ne pourrait pas se passer pour faire face à notre époque. Vous voulez des noms? Les collègues de Londres en proposent à la pelle dans différentes catégories. Pour les blogues, ils pointent par exemple des endroits comme Blogger, Bloglines ou encore Wordpress, parce que c’est «gratuit et sans pourriel». Section divertissement, c’est le site de Dilbert — oui, la bande dessinée —, Pocket Gamer, Gamasutra ou encore The Onion, le célèbre site satyrique. Le palmarès tire bien sûr dans toutes les directions avec des absents étonnants, comme par exemple le site du New York Times ou celui de la BBC, des présences un peu gênantes, comme le site du potineur californien Perez Hilton et des évidences, comme Google, le moteur de recherche. Mais, comme on dit, les listes, c’est bien, c’est à la mode, mais c’est plein de défauts.
La révolution numérique dans l’univers de l’édition est en marche et rien ni personne ne semble vouloir l’arrêter. Mais quel va être le support ou l’objet qui, à l’avenir, va permettre la prolifération du livre numérique dont tout le monde parle par les temps qui courent sans vraiment lui voir le bout du nez? C’est la grande question que pose aujourd’hui le blogue La Feuille en tentant de mettre un peu d’ordre dans un écosystème électronique où les Kindle, Nook et iPad cherchent à faire croire qu’ils seront les incontournables de demain pour assurer la suite des choses, dans le monde de la lecture. Et bien sûr, pour toutes ces raisons, ce billet sans prétention mérite d’être lu, en format électronique…
Collectionner les amis (les vrais comme les faux), mettre à jour son profil et son status ou encore parler frénétiquement à un mur (sur Facebook) seraient loin d’être des activités écologiquement acceptables. Et pire encore lorsque cette socialisation numérique se fait par l’entremise d’un ordinateur Apple ou d’un téléphone intelligente de cette même compagnie.
C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport que vient de dévoiler le groupe environnemental Greenpeace, rapport qui épingle plusieurs grandes marques ayant pignon sur web, dont Facebook et Apple, pour la lourdeur de leur empreinte écologique
Le dommage collatéral n’était pas très évident, mais le New York Times vient de mettre le doigt dessus: avec l’avènement du livre numérique, ce n’est pas seulement le plaisir de toucher du papier qui va disparaître. La découverte d’une couverture de livre, à la sauvette, dans les mains d’une jeune fille assise dans un train, se prépare aussi à n’être qu’un bon vieux souvenir. C’est en tout cas ce qu’explique le journaliste Motoko Rich dans les pages numériques du quotidien new-yorkais.
«La révolution numérique du livre de bande dessinée se passe ici et maintenant… dans la confusion, à marche forcée et sans les auteurs». Les mots sont sans équivoque. Ils forment aussi l’introduction d’une pétition que vient de mettre en ligne un regroupement de bédéistes européens qui, sous la pression de la modernité, sentent de plus en plus le tapis numérique leur glisser sous les pieds. Et forcément, ces marchands de bulles, affiliés au Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC), veulent mettre un terme à la dérive. Pour le moment, plus de 600 artistes ont trempé la plume, là où ça fait mal.
Bédé offert en format numérique, sur des sites spécialisés ou par l’entremise d’applications pour téléphone intelligent, les auteurs veulent «être associés de très près à ce qui sera peut-être demain le moyen de diffusion principal de [leurs] œuvres», peut-on lire.
C’est le syndrome de La Ronde: quand tout va trop vite, ça peut finir par aller mal. L’Authors Guild, un puissant regroupement d’écrivains américains, a tendance à le croire elle qui vient de sensibiliser, par lettre, l’ensemble de ses membres, pour qu’ils obtiennent à l’avenir la juste part des droits numériques lors de la diffusion de leurs oeuvres en format binaire. Le Publishers Weekly, une référence dans le monde de l’édition, fait le point sur la question ici.
Deux grands éditeurs des États-Unis sont d’ailleurs pointés du doigt: Random House et HarperCollins qui offriraient aux plumes qui ont étoffé leurs catalogues dans les dernières années 25 % des droits d’auteurs perçus pour les versions numériques. Versions dont la prolifération est fortement envisageable dans un avenir proche avec l’avènement du iPad et de ses pâles copies.
L’arrivée en grande pompe de la tablette iPad pourrait tirer d’un mauvais pas les magazines qui voient leur tirage fondre comme neige au soleil. L’Audit Bureau of Circulation (ABC) américain vient de modifier sa définition d’un magazine pour y inclure les versions dédiées au nouvel engin développée par Apple. Ainsi, cela permettra aux magazines d’inclure dans leurs tirages tous les abonnements électroniques vendus aux utilisateurs de la fameuse tablette. Et cela, parce que le nouveau bidule du géant Apple est le seul outil de lecture, contrairement aux autres liseurs, qui permet d’afficher des publicités durant la lecture. Et de générer ainsi de nouveaux revenus. En prévision de la sortie du iPad le 3 avril, Condé Nast travaille déjà à des versions ‘tablette’ de ses magazines Wired, GQ, The New Yorker et Vanity Fair, spécialement configurés pour l’appareil. L’ABC reconnaît déjà la version I-phone du GQ, vendue 2,99$. Mais les éditeurs américains ont encore fort à faire pour convaincre leurs lecteurs de passer au format électronique. Sur 900 000 abonnés à la version papier, GQ ne compte qu’à peine plus de 15 000 lecteurs en version I-Phone.
Rédigé par Isabelle Paré le Mercredi 17 Mars 2010 à 15h16
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La décision aura été rapide. Un tribunal londonien vient de donner gain de cause à la formation rock psychédélique Pink Floyd qui est en conflit ouvert avec sa maison de disque EMI au sujet des droits versés pour la vente de sa musique en format numérique. La mise en marché des albums en ligne, pièce par pièce, plutôt que dans leur intégralité, est en partie au coeur du litige, comme nous en parlions ici. Le contrat signé entre la maison et le groupe en 1967 forçait «la préservation de l’intégrité artistique des albums», chose nécessaire pour des albums comme The Wall, entre autres, conçu pour être appréhendé comme un tout.
La BBC qui suit le dossier de très près rapporte qu’EMI ne concède toutefois pas la victoire pour autant aux Floyd. Par voie de communiqué, l’entreprise a annoncé en effet que la décision du juge ne signifie pas pour autant la fin de la mise en vente des oeuvres de Pink Floyd en format numérique dans l’immédiat. «La Cour s’est penchée cette semaine sur l’interprétation de deux points liés à la vente de musique de Pink Floyd en format numérique, peut-on lire. Mais elle y a encore d’autres arguments à entendre et le dossier va encore suivre son cours pendant quelque temps.»
Parler de mutations, c’est bien. La voir, c’est encore mieux. Avec Seoul District, l’équipe formée du réalisateur français Hervé Martin Delpierre et des dessinateurs Park Chul Ho et Park Hong Jin sont en train d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de la bande dessinée en la faisant sortir de ces codes traditionnels.
À cheval entre la bédé, l’animation et le film, l’objet hybride, qui va prendre son envol dans quelques semaines, se veut en effet une expérience multi-plateformes, également consommable en format mobile, sur le iPhone, pour commencer, et le iPad, quand il sera là. Bien sûr, le gang d’Ave! Comics est un peu derrière tout ça.
Et comme si cela n’était pas assez, la redéfinition du cadre passe aussi par un concours en ligne qui, à terme, va permettre à un internaute de devenir un des personnages de cette série dont la valeur artistique reste encore à prouver, contrairement à sa valeur symbolique, qui elle ne fait aucun doute.
Quelle belle initiative que celle des cousins du Monde qui consacrent désormais sur une page complète de leur site aux webdocumentaires, ces documentaires conçus spécialement pour diffusion sur le Net.
Le catalogue est fort riche. On y retrouve ce document étonnant sur la jeunesse cubaine vivant séparée par 150 km entre La Havane et Miami, un retour sur la libération de Nelson Mandela ou encore sur la production d’oeufs en batterie ou sur les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Entre autres.
Ces oeuvres font partie d’un tout, dont le quotidien explique les enjeux et origines ici. Elles marquent aussi un point tournant — un début de mutation, quoi! — dans la diffusion de l’informations et la mise en scène du documentaire au temps du 2.0. Une mutation qu’on rêve forcément voir se propager partout sur la Toile.
Ça vient de se passer aujourd’hui à Hanovre, en Allemagne, dans le cadre du salon de la haute technologie CeBIT. Pressée de questions sur les possibles intrusions dans la vie privée, rendues possible par son service de géolocalisation Google Street View, la multinationale américaine s’est voulu rassurante, comme le rapporte Le Monde dans son édition en ligne. «Google n’est pas un envahisseur», a résumé Michael Jones, porte-parole de l’entreprise qui parle de son application comme de «la meilleure solution technique pour vous faire voyager à travers le monde en vous montrant des images».
Comme nous l’indiquions dans ce blogue il y a quelques jours, Google est confronté à un feu nourri de critiques en Europe qui s’inquiète des effets pervers de sa technologie sur la vie privée. Au Canada également ces craintes sont régulièrement articulées autour d’une modernité qui peine à conjuguer son développement au temps du respect du privé.
France 2017. Le pays est au bord de précipice. Nicolas Sarkozy est mort. La crise économique a une nouvelle fois frappé et l’écologie, malgré les signaux d’alarme allumés dans les années précédentes, est plutôt mal en point. Convaincu que la dégradation des conditions de vie est irréversible, Guillaume veut quitter Paris pour le pays basque…
Oui, tout va mal. Et la description de ces temps tourmentés est désormais au centre d’un premier roman-feuilleton imaginé par les auteurs William Rejault et Laurent Lattore. Particularité notable: l’objet littéraire, intitulé Le chemin qui menait vers vous, a été pensé pour être consommé uniquement sur un iPhone, par petites bouchées.
Chaque semaine, trois chapitres sont ajoutés, pour une lecture en direct ou en différé. Le lecteur est également invité à commenter l’intrigue pour sans doute la faire dévier.
Version moderne du roman à volet, cette aventure accessible en téléchargeant simplement une application gratuite sur son iPhone est malgré tout payante: le premier chapitre est donné, certes, pour accrocher le lecteur nomade, mais le reste se mérite pour 1.10 cents. Coût total: 11.30 $ can. En gros. Les auteurs parlent d’expérience. C’est aussi la redéfinition d’un modèle économique de diffusion du bouquin qui est en train de se jouer, en format portable.
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