Économie de la culture
La tentaculaire multinationale de la recherche en ligne, Google, n’a pas l’intention d’en rester là. Elle veut désormais trouver sa place dans le monde de la télévision et se prépare même à intégrer un nouveau logiciel de diffusion vidéo dans son téléphone intelligent Android, vient d’apprendre le Wall Street Journal. Précis, le quotidien prétend même que la mise à jour de cet ambitieux projet va se faire le 19 et 20 mai prochain à l’occasion d’une conférence à San Francisco où la firme de Mountain View va présenter son application à des développeurs potentiels de contenus.
On le savait déjà mais ce n’est pas mauvais de se le faire répéter: Mark Zuckerberg, président et fondateur de l’épidémique réseau de socialisation numérique Facebook ne croit pas à la vie privée et surtout à son respect. C’est du moins ce qui ressort d’un échange entre un journaliste du New York Times, Nick Bilton pour le nommer, et un employé de l’empire américain, pour ne pas le nommer, dont un extrait fait désormais le tour de la micro-blogosphère par l’entremise de Twitter. Le nécessaire Huffington Post en parle ici.
Internet sert à tout même à faire languir. En prévision du lancement du volume 2 de la bande dessinée Burquette (Les 400 coups), qui a mis sur la carte bédé le jeune et talentueux auteur Francis Desharnais en 2008, la jeune Alberte (héroïne de cette série) a décidé de se faire aguicheuse en format numérique avec cette vidéo qui circule actuellement sur la Toile.
Il n’y a rien de très étonnant, mais en 30 secondes, l’auteur y expose quelques vignettes (en primeur) sur fond de musique binaire composée par Philippe Venne. C’est frais, c’est jeune, c’est dynamique et c’est une nouvelle fois la preuve que la mise en marché de la littérature — la bande dessinée en fait partie — est bel et bien en mutation…
Ça a pris du temps, mais voilà la chose faite: le Québec a finalement cédé à la tentation hautement numérique des offres d’emplois lancées dans le cyberespace pour faire la promotion d’un produit ou d’un service. Et cette contamination, largement alimentée par les réseaux sociaux, vient de frapper de plein fouet la région de Sorel-Tracy.
Ce beau coin de la Montérégie a décidé en effet de partir à la recherche du candidat idéal pour La meilleur job d’été au monde. L’affaire vient d’être lancé, ce matin, sous la neige.
La question est désormais sur toutes les lèvres: la Cour suprême des États-Unis va-t-elle réussir à décapiter un adversaire de taille, soit l’industrie du jeu vidéo violent?
Aujourd’hui, le plus haut tribunal au pays de Barack Obama a accepté en effet de se prononcer sur la viabilité d’une loi adoptée par la Californie en 2005, loi interdisant la vente et la location de jeux vidéo «violents» aux moins de 18 ans. L’État américain oblige aussi les fabricants à apposer un avertissement sur l’emballage de ces jeux.
C’est un petit pas pour l’illustrateur américain Mark Fiore, mais un grand pas pour la liberté d’expression: après des mois de tergiversation, le géant Apple vient finalement de donner son feu vert à la diffusion sur son site d’applications pour téléphones intelligents, le fameux App Store, de son NewsToons. Le programme avait été initialement refusé par la multinationale parce qu’elle ridiculisait des personnalités publiques, chose qu’Apple refuse de cautionner, indiquent les documents relatifs à la mise en partage de ces applications.
Les mutations des temps présents n’épargnent rien, ni personne. Pas même les héros de bande dessinée: Paul, le sympathique personnage imaginé par le bédéiste Michel Rabagliati, va voir en effet ses aventures portées… au grand écran. La maison d’édition La Pastèque vient de l’annoncer, en passant par le réseau de micro-clavardage Twitter. L’adaptation touche le sixième volume de la série, Paul à Québec, titre qui, depuis sa sortie au printemps 2009, ne cesse d’être couronné par la critique, ici comme ailleurs.
C’était en train de devenir un gag récurrent dans les espaces numériques de communication. Chaque grand événement médiatique était immanquablement accompagné depuis quelques mois d’une parodie basée sur un extrait du film d’Oliver Hirschbiegel La Chute. La scène? Hitler, brillamment personnifié par Bruno Ganz, y parle une dernière fois avec ses généraux. La tension est à son comble. Les dialogues sont en allemand, mais alimentent une série de sous-titres complètement loufoques évoquant le lancement du iPad d’Apple, l’engouement pour Twitter, le mauvais temps au Québec, les demandes salariales des fonctionnaires, le refus de tenir une enquête publique sur la construction… et bien plus encore.
On savait que le marketing de la nostalgie avait le vent dans les voiles. Et la tendance ne semble épargner aucun pan de l’activité humaine. Le Monde en donne une preuve avec ce papier amusant sur le «retrogaming» — c’est vrai que «retro-jeux», ça fait un peu moins branché — où l’art de perdre du temps sur des consoles de jeux et des jeux vidéo antérieurs à notre époque. La génération qui a fait ses premiers pas dans les univers numérique en esquivant les barils d’un Donkey Kong, en explosant les vaiseaux d’un Space Invader ou en courant après les fantômes d’un Pac Man savent exactement de quoi il est question… Les autres vont tout comprendre ici.
Tout est politique, y compris le code-barre. C’est en tout cas ce que pense la savoureuse petite maison d’édition française de bandes dessinées, L’Association, qui a décidé de faire de ce symbole, dense en lignes, un lieu de revendication. Et comment! Désormais, sur la quatrième de couverture de ses bouquins, l’éditeur propose des codes-barres amovibles accompagnés d’un texte en micro-caractère mais sans équivoque (celui reproduit ici a été attrapé sur le dernier Lisa Mandel intitulé HP: «se refusant à imprimer sur ses livres des codes-barres tout aussi esthétiquement disgracieux qu’éthiquement déplaisants; et devant néanmoins, pour des raisons de logistique devenues inévitables, se résoudre à les faire figurer sur ses ouvrages au moyen d’étiquette autocollantes, vilaines, onéreuses et agaçantes; tient à préciser que lesdites étiquettes ont été étudiées pour que leur colle n’abîme pas la couverture des livres, et qu’il est donc du devoir du lecteur de les décoller du livre après acquisition, puis de les détruire avec rage et jubilation en chantant à tue-tête: “l’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste!"». Et forcément, après ça, tout autre commentaire serait superflu…
Il y avait les liens promotionnels, il va y avoir à l’avenir les tweets promotionnels. Twitter, le célèbre site de micro-clavardage, veut une nouvelle fois passer par la publicité pour générer des revenus. Et le modèle d’affaire ne fait plus aucun doute dans la tête de Jack Dorsey, PDG fondateur de l’épidémique réseau.
L’homme en parle dans les pages du quotidien français Le Figaro. Ça va se passer comme ça: les recherches effectuées dans Twitter vont désormais faire apparaitre «des tweets promotionnels ciblés», à l’image des liens publicitaires généré par Google. Particularité toutefois, ces pubs pourront être retransmise à ses amis, si ça nous plait. Pour le moment, l’intrusion commerciale dans l’espace de blabla devrait être assurée par Red Bull, Starbucks, Sony Pictures, Best Buy et Virgin America qui ont décidé d’expérimenter ce service. Il parait que c’est le progrès…
Rédigé par Fabien Deglise le Mercredi 14 Avril 2010 à 17h38
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L’anonymat des commentaires laissés sur les sites d’information n’est peut-être pas là pour rester. Et comment! Exposés à des controverses induites par des internautes à visage couvert, désolé par l’agressivité de certaines phrases laissées, sous un pseudonyme, à la fin d’un article, plusieurs entreprises de presse remettent sérieusement en question ce principe du commentaire anonyme qui foisonne sur la Toile depuis des années.
Selon le New York Times, qui met le doigt sur le bobo, le Washington Post va revoir sa politique en la matière au cours des prochains mois et songe à donner plus de visibilité aux commentaires assumés par leurs auteurs plutôt qu’aux autres, peut-on lire. Le Huffington Post pourrait en faire autant alors que le New York Times et le Post demande désormais aux commentateurs de montrer pattes blanches.
Alors qu’aux États-Unis, une juge est aujourd’hui dans l’eau chaude à cause de commentaires anonymes, comme le Sismographe l’indiquait ici, une question s’impose: Sommes nous là devant le début d’une tendance?
Les puristes vont grimper dans les rideaux. Depuis aujourd’hui et pour les cinq prochaines semaines, la Royal Shakespeare Company a décidé de donner une nouvelle vie à l’oeuvre du grand maitre de la dramaturgie Roméo et Juliette en l’inscrivant dans le réseau de micro-clavardage Twitter. Shakespeare par bouchées de 140 caractères, il fallait y penser.
C’est le Telegraph de Londres qui relate l’étrange expérience: six acteurs sont chargés de tweeter la vie des amoureux de Vérone, par l’entremise d’un téléphone cellulaire, en respectant plus ou moins le texte original mais aussi en entrant en conversation avec leurs abonnés.
Certains l’aiment… mais pas les Allemands. Au pays d’Angela Merkel, le réseau de socialisation numérique, Facebook, fait face actuellement à de vives critiques en raison de sa politique de gestion de la vie privée de ses usagers qui l’autoriserait à transmettre, sans consentement, les informations personnelles de ses fidèles à d’autres sites. «Nein», répondent les internautes teutons qui appellent depuis quelques jours à un boycott pur et simple de la multinationale américaine qui se vantent d’avoir 350 millions d’humains sous son giron.
Pis, la ministre de la consommation allemande, Ilse Aigner, vient même de sortir sa plume pour écrire une lettre ouverte à Mark Zuckerberg, le grand patron de Facebook, rapporte Le Monde dans son édition électronique. En substance, elle y fait part de son «étonnement» face à cette nouvelle politique, et menace même de ne plus fréquenter ces lieux qui semble faire fi des «inquiétudes des utilisateurs et aux critiques des défenseurs des consommateurs».
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