L’équivalent de cinq millions d’heures de travail ont été consacrées la semaine dernière à jouer sur une version de Pac-Man que Google avait mis en entête de son site pour marquer le trentième anniversaire du jeu. Effet de nostalgie pour l’un des plus vieux jeu électronique ou irrésistible envie de sauver la petite bouche jaune des méchants fantômes? L’histoire ne le dit pas. Quoi qu’il en soit, Google a trouvé une place permanente à sa version de Pac-Man, question de nous laisser perdre encore quelques heures.
On a demandé aux citoyens britanniques de désigner les plus grandes inventions de l’Histoire. La roue, bien sûr, suivi de l’avion, de l’ampoule électrique, d’Internet, des ordinateurs personnels, du téléphone, de la pénicilline… et du iPhone. Avant la chasse d’eau, le moteur à combustion et la pilule contraceptive. Ce qu’il y a de remarquable au sujet de ce choix, c’est que l’appareil a été mis en marché par Apple il y a trois ans à peine. À ce jour, 42 millions d’appareils ont été vendus.
The Onion, le site satirique américain, a mis en ligne un vidéo tordant sur un nouveau service de Google pour téléphone cellulaire qui chuchotera des messages publicitaires aux utilisateurs pendant leurs conversations téléphoniques. Satirique, bien sûr, mais juste assez vraisemblable pour qu’on se dise qu’après tout, l’idée n’est pas si farfelue.
Et si les nouveaux médias avaient embrouillé une histoire déjà bien compliquée?
En traçant le bilan de la crise autour de la grippe H1N1, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pointé du doigt twitter, les blogues ou YouTube comme responsables de certains dérapages.
Une pandémie malade d’un virus virtuel… On aura donc tout subi…
Je conspire, tu conspires, ILS CONSPIRENT. Si vous êtes exposés un tant soit peu au bruit de fond de la communication numérique, vous l’avez noté: la conspiration est partout. Le réchauffement climatique? Le 11 septembre? L’assassinat du président Kennedy? Le SIDA? Les camps de la mort? Conspirations que tout cela. David Aaronovitch, chroniqueur au London Times, a une petite théorie sur le phénomène. De fait, les théories de la conspiration s’élaborent à partir des mêmes ingrédients. Wired Magazine a eu la bonne idée d’utiliser ces six ingrédients pour que vous puissiez générer vos propres théories de la conspiration.
À l’ère du tout en numérique, du traitement des images à l’infini avec l’aide de Photoshop et des autres logiciels de ce type, où s’arrête la photographie? Plus précisément, où traceriez-vous la ligne entre ce qui relève de l’acte photographique et ce qui dépend de la maîtrise des logiciels pour les calibrer, les corriger et même les transformer? David Pogue, chroniqueur techno au New York Times, pose la question en s’inspirant du concours annuel du magazine Popular Photography où plusieurs gagnants ont présenté des images faisant appel aux techniques les plus avancés de Photoshop. Ce qui n’a pas été sans soulever des objections. À la fin de son texte, Pogue propose une liste d’opérations en demandant aux lecteurs de tracer cette ligne. Pas si simple, vous verrez.
YouTube vient de mettre en ligne une intéressante initiative, le YouTube Music Discovery Project, qui permet de créer ses propres listes d’écoute de vidéos musicaux. Vous saisissez un nom, McGarrigle par exemple, et une liste sera créée à partir des clips des soeurs McGarrigle mais aussi de ceux d’artistes similaires. Vous pouvez ensuite modifier cette liste à votre guise avant de l’enregistrer. Il n’est pas possible encore de partager ces listes, mais ça viendra peut-être.
L’algorithme qui protège depuis 21 ans la plupart des conversations par téléphone cellulaire, le GSM, aurait été décrypté et publié sur Internet, affirme Karsten Nohl, l’expert allemand de 28 ans qui dit être à l’origine de cet exploit informatique. Nohl, qui a fait cette annonce à Berlin au cours du congrès annuel du Chaos Computer Club, une organisation de hackers issue d’Allemagne, affirme vouloir ainsi exposer la faiblesse du système de sécurité qui protège 80 % des conversations téléphoniques sur cellulaire dans le monde. GSM World, l’organisme international qui représente l’industrie du cellulaire, a minimisé l’exploit en soulignant qu’il reste difficile d’intercepter des conversations. Reste que le décryptage de l’algorithme allié à l’accessibilité d’outils spécialisés à code source libre expose l’industrie à un sérieux risque.
Les éditeurs de journaux et de magazines s’agitent ces temps-ci, pressés de trouver le mode de diffusion numérique idéal pour leurs publications. Il y a moins d’une semaine, des géants de l’édition lançaient une co-entreprise dont le mandat est de mettre en place la technologie qui leur permettra d’avoir le plein contrôle de la diffusion. En quelques mots comme en mille, pour contourner Amazon et Apple qui, en matière de diffusion numérique, ont quelques longueurs d’avance. L’atout qu’Apple croit avoir dans sa manche, l’Apple Tablet, sera vraisemblablement lancé dans les premiers mois de l’année prochaine. En février, si on en croit un analyste cité sur son blogue par Philip Elmer-DeWitt, de CNN, qui couvre les activités de la compagnie de Cupertino depuis 1982.
De quoi aura l’air ce bidule? Apple Insider a publié cette reproduction de cet ordinateur à écran tactile de 10,1 pouces qui n’est pas sans rappeler le iPhone. Mais l’appareil n’est qu’un médium. La vraie joute, la partie critique de l’opération, c’est le contenu qu’on y téléchargera. Pour cela, Apple offrirait aux éditeurs de leur laisser 70 % des revenus, sans droit d’exclusivité. Une offre plus alléchante qu’Amazon dont le modèle serait basé sur une répartition de 50/50 ou de 70/30 avec droit d’exclusivité.
Ils sont gros, puissants, des géants de l’édition qui cherchent à diffuser numériquement leurs journaux et magazines. Condé Nast, Hearst, Meredith, News Corporation and Time Inc. viennent donc de lancer une co-entreprise qui leur permettra de vendre leurs publications sur support numérique sans passer par les incontournables Amazon et Apple avec leur Kindle, leurs iPhone et autres lecteurs qui ne manqueront pas de gagner le marché au cours des prochaines années. Première étape du projet, mettre en place la technologie qui permettra à ces multinationales de contrôler la distribution de leurs produits. En attendant, voici un vidéo montrant comment les lecteurs de Sports Illustrated pourraient lire leur magazine préféré avant longtemps.
Un gadget de luxe qui ne va intéresser qu’une poignée d’accrocs, un produit qui va ruiner la réputation d’Apple et entraîner la fin du iPod avec lui, un téléphone qui n’a aucune chance sur le marché du cellulaire… Le lancement du iPhone par Apple en 2007 avait été accueilli par beaucoup de scepticisme par les experts, gens de l’industrie, journalistes et commentateurs. L’auteur d’un blogue publié sur CNN a eu l’idée de regrouper les commentaires formulés à cette époque pour prédire l’échec du iPhone. En rétrospective, un éclairage intéressant sur la clairvoyance des supposés experts. Trente-trois millions d’appareils vendus et 100 000 applications téléchargées deux milliards de fois plus tard. (photo Apple)
Intéressant dossier que vient de publier NouvelObs.com, le site du magazine français Le Nouvel Observateur, au sujet des travers d’Internet. Sur le modèle d’un procès, avec témoins (experts et personnalités), et jury (les lecteurs qui réagissent en masse), le NouvelObs passe à la moulinette les aspects problématiques de la grande toile, des atteintes à la vie privée en passant par la désinformation, le piratage des produits culturels et la contrefaçon. Côté experts, des jugements parfois lapidaires. Comme celui de Jacques Séguéla, ex-conseiller en communication de François Mitterand, pour qui «Internet est la plus grande saloperie jamais inventée». Et le jury? Les internautes sont massivement pro-Internet, constate le NouvelObs.
Hadopi, ça vous dit quelque chose? C’est une loi française. La loi de protection de création sur Internet, dont les modalités d’application ont récemment été décrétées. En gros, elle reconnaît un statut à l’éditeur de presse en ligne. Et comment on le reconnaît? Il a comme mission l’information professionnelle; il offre une production journalistique de contenus qui sont ni de la promotion, ni des accessoires à des fins corporatives ou commerciales; il emploie au moins un journaliste professionnel (un statut défini dans une autre loi). La loi exclut les sites personnels et les blogues édités à titre non professionnel. Les entreprises concernées bénéficieront du régime fiscal propre aux entreprises de presse.
Alan Turing était un mathématicien anglais de génie, l’un des fondateurs de la science informatique dont le plus grand fait d’arme a été de décrypter Enigma, l’appareil que les Allemands utilisaient pendant la Deuxième Guerre mondiale pour encoder leurs communications. Un exploit qui a sans doute permis aux Alliés de vaincre la déferlante nazie. Mais pour son plus grand malheur, Alan Turing était aussi homosexuel, dans une Angleterre qui punissait alors ces hommes en leur imposant la castration chimique. C’était en 1952. Deux ans plus tard, l’homme scientifique se suicidait à l’âge de 41 ans.
La semaine dernière, Gordon Brown, le premier ministre britannique, réhabilitait officiellement Turing en lui présentant des excuses dans un texte publié dans le journal londonien Daily Telegraph. Brown répondait ainsi à une pétition signée par plus de 30 000 personnes dont un grand nombre de personnalités: While Turing was dealt with under the law of the time, and we can’t put the clock back, his treatment was of course utterly unfair, and I am pleased to have the chance to say how deeply sorry I and we all are for what happened to him. Alan and the many thousands of other gay men who were convicted, as he was convicted, under homophobic laws, were treated terribly. (Photo, National Portrait Gallery)
La production, la diffusion et la consommation de la culture se transforment radicalement. Musique téléchargée, cinéma ou opéra numériques, livres dématérialisés, vente aux enchères ou télé sur internet, médias et industries culturelles en crise: ce blogue collectif des journalistes du Devoir propose de sonder les espaces culturels en mutation pour enregistrer les bouleversements en cours