Traducteur de langue de Bolduc recherché

image Le ministre de la Santé a une langue malade. Ou peut-être que le français n’est pas sa langue maternelle? Non seulement utilise-t-il «au niveau» à tous les niveaux, mais très souvent, ses phrases sont incompréhensibles. Jeudi dernier, sur la pénurie d’isotopes, il dit : «L’échéancier est en fonction du temps qu’on va réussir pour avoir nos isotopes le plus rapidement possible avec un approvisionnement normal.» Sur les tests pathologiques du cancer du sein, le 29 mai, il a débité quelques phrases qui ont failli rendre fous les journalistes forcés de dégager du sens de cet amoncellement de mots : «Je ne voudrais pas mélanger, là, le côté revendications du côté présentement qu’est-ce qu’on fait pour la problématique que nous avons actuellement?» Il a attrapé toutes les pandémies, le bon docteur. Non seulement raffole-t-il de l’insupportable «au niveau», mais il s’est entiché du galvaudé «problématique». Remarquez, c’est pratique, il n’y a, dans son monde, plus de problème… que des «problématiques» : «Le Dr Gaboury nous éveille à une problématique qui pourrait survenir.» ; «On va s’asseoir avec les représentants, qui sont de très bonne qualité au Québec, et on va leur demander, pour eux, c’est quoi qui est le mieux pour la population québécoise et pour les patientes touchées par la problématique.» Vous vous en doutiez : en guise de doctorat honorifique au bon docteur Bolduc, nous lui consacrons une catégorie.

  Vos commentaires

  1. “Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement,
    et les mots pour le dire viennent aisément.”
    Boileau (1636-1711).

    Alors est-ce que le Vendeur de Poutine a les artères cérébrales engorgées par le cholestérol vendu par ses bons soins dans son snack-bar d’Alma pour avoir une difficulté pareille à énoncer sa pensée, ou est-ce une maladie bien libârale, soit d’emberlificoter l’interlocuteur pour se dispenser de justifications douloureuses de vérité, en attendant que ce dernier ait déchiffré ce que le/la ministre a bien pu vouloir dire.

    Ça me fait dire qu’elles et ils n’ont aucune foutue espèce d’idée de ce dont elles et ils parlent, ce qui me mène à conclure que la job est ben que trop grosse pour eux-autres.

    et dire que le freak-show du Poodle-Géant John J Charest aka Patapoof-Two-&-A-Half pourrait durer constitutionnellement parlant jusqu’au 7 décembre 2013…

    L’ai-je déjà dit ?

    MISÈRE !

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À propos

Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.


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