Le ministre de la Santé a une langue malade. Ou peut-être que le français n’est pas sa langue maternelle? Non seulement utilise-t-il «au niveau» à tous les niveaux, mais très souvent, ses phrases sont incompréhensibles. Jeudi dernier, sur la pénurie d’isotopes, il dit : «L’échéancier est en fonction du temps qu’on va réussir pour avoir nos isotopes le plus rapidement possible avec un approvisionnement normal.» Sur les tests pathologiques du cancer du sein, le 29 mai, il a débité quelques phrases qui ont failli rendre fous les journalistes forcés de dégager du sens de cet amoncellement de mots : «Je ne voudrais pas mélanger, là, le côté revendications du côté présentement qu’est-ce qu’on fait pour la problématique que nous avons actuellement?» Il a attrapé toutes les pandémies, le bon docteur. Non seulement raffole-t-il de l’insupportable «au niveau», mais il s’est entiché du galvaudé «problématique». Remarquez, c’est pratique, il n’y a, dans son monde, plus de problème… que des «problématiques» : «Le Dr Gaboury nous éveille à une problématique qui pourrait survenir.» ; «On va s’asseoir avec les représentants, qui sont de très bonne qualité au Québec, et on va leur demander, pour eux, c’est quoi qui est le mieux pour la population québécoise et pour les patientes touchées par la problématique.» Vous vous en doutiez : en guise de doctorat honorifique au bon docteur Bolduc, nous lui consacrons une catégorie.
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 15 Juin 2009 à 07h28
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