Je viens d’entendre à Radio-Canada, à RDI plus précisément, qu’on recherche «un homme de race noire» en lien avec quelque meurtre. Il me semble que ça fait longtemps qu’on sait que les races n’existent pas ! N’y aurait-il pas d’autres façons de dire les choses? Ou est-ce que je donne dans la rectitude politique? (Photo : image provenant de la célèbre série Roots —dont je garde des souvenirs poignants de petit garçon de 11 ans— sur museum.tv)
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 15 Juin 2009 à 13h40
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Un mot et son sens •
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Il y a quelques années, un policier en court avait déclaré: “le suspect avait une odeur d’haleine"… Fallait y penser…
Rédigé par le 06/15 à 05:46 PM
Et les chartes du Québec, du Canada, de l’ONU et d’ailleurs, qui interdisent la discrimination fondée sur la race, de quoi parlent-elles, si les races n’existent pas ?
Rédigé par le 06/16 à 01:47 AM
Bonne observation, Vincent Martel. Les chartes utilisent le mot pour faire référence à cette «fiction» de la race qui a fait tant de dommages. Pour stigmatiser cette fiction. Dans la charte québécoise, par exemple, on lit ceci : «Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge.» On parle bien d’une «distinction, exclusion ou préférence FONDÉE sur la race.» On n’y accrédite pas la notion de race. Les chartes savent bien que, sur le plan biologique, les races n’existent pas. Elles interdisent les exclusions FONDÉES sur cette fiction. Or, si les médias reprennent cette fiction de race à chaque fois qu’un noir commet un méfait ou un crime, ils renforcent la situation de cette même fiction; donnent l’impression que c’est une réalité. Voilà le problème, il me semble.
Rédigé par le 06/16 à 08:18 AM
Je suggère “espèce” maintenant que le terme “race” est bani par les intellos.
Rédigé par le 06/16 à 10:47 AM
Le mot «espèce» a un sens bien précis en biologie, et son usage est à bannir à propos de l’homo sapiens.
Lorsqu’il est question de cet «animal social» (Aristote), la race se définit d’abord comme un groupe ethnique dont l’appartenance est déterminée par un trait physique reconnaissable transmis par hérédité, en général la couleur de la peau. Depuis 1945, les études expérimentales en biologie et en psychologie ont largement démontré que la couleur de la peau et autres traits héréditaires associés à la race ne peuvent servir d’assise scientifique à une différenciation des individus ou des ethnies selon une échelle d’attributs physiques, intellectuels, moraux, etc. Autrement dit, toute hiérarchie entre individus ou groupes basée sur la race n’a aucune justification en biologie. Aucune race ne peut prétendre à une supériorité naturelle qui l’habiliterait à dominer les autres. Combattre le racisme, c’est s’opposer à ce que la société attribue une valeur aux préjugés raciaux et une légitimité aux distinctions, exclusions ou préférences dérivant de ces préjugés. On ne devrait pas, par excès de zèle, nier l’existence même des races. La cohésion sociale exige au contraire que le respect de l’identité culturelle de son prochain soit perçu comme l’une de nos valeurs communes. Le pasteur King n’a pas cherché à refouler l’identité de la minorité noire, mais plutôt à affirmer sa dignité et la conformité de ses aspirations à l’égalité aux valeurs inscrites dans la loi fondamentale de son pays.
Rédigé par le 06/16 à 12:59 PM
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