QS et l’extrême gauche aujourd’hui

image Peut-on qualifier Québec solidaire d’extrême gauche? Sur le spectre politique québécois, qui d’autre est à l’extrême gauche?, pourrait-on dire. Mais il y a plus intéressant encore : on peut utiliser l’expression surtout au sens de Philippe Raynaud (un des plus grands politologues français contemporains), dans L’extrême gauche plurielle. Entre démocratie radicale et révolution (Autrement, 2006). Si l’extrême gauche, jadis, prônait la révolution (et plusieurs membres actuels de QS l’ont prônée dans le passé, Françoise David la première; certains la prônent encore, les membres du PCQ), aujourd’hui, l’extrême gauche est surtout dans l’altermondialisation. Raynaud y voit cinq tendances…

«1) La mouvance réformiste souhaite voir une extension de la social-démocratie à l’échelle globale. Elle prône moins une redistribution des richesses qu’une réforme des institutions du libre-échange, un commerce équitable entre les pays riches et les pays en développement. 2) Les partisans de la régulation sont en revanche plus attachés à une redistribution des richesses au moyen d’un nouveau pouvoir de régulation de type keynésien. 3) Les partisans de la déglobalisation sont eux ouvertement opposés à la mondialisation. 4) Les “alternatifs” envisagent de créer des espaces affranchis des règles capitalistes en s’inspirant de l’expérience des zapatistes du Chiapas. 5) Enfin, les anti-impérialistes, issus du tiers-mondisme, sont les plus proches des courants classiques de l’extrême gauche.» Il y a des membres des cinq tendances dans QS. Alors extrême-gauche? Absolument! D’ailleurs, on ne niera pas qu’«il y a au sein de Québec solidaire ce que l’on nomme des collectifs. Actuellement, on en compte quatre, tous d’extrême gauche. Il s’agit des collectifs du Parti communiste du Québec, de Gauche socialiste, de Masse critique et de Socialisme International. Un collectif est un ensemble de membres en règle du parti qui peuvent, en respect des exigences, faire la promotion de leurs idées politiques respectives à l’intérieur de Québec solidaire». Peut-être qu’à QS, on préférerait l’expression «gauche de gauche», popularisée par Pierre Bourdieu? Mais ça s’écrit mal dans un texte, «le parti de la gauche de gauche Québec solidaire», non?

  Vos commentaires

  1. “Peut-on qualifier Québec solidaire d’extrême gauche? Sur le spectre politique québécois, qui d’autre est à l’extrême gauche, je vous le demande?”

    Selon ce raisonnement, le parti démocrate américain serait un parti d’extrême-gauche, puisqu’il est le plus à gauche des deux partis.

    Franchement…

  2. Québec solidaire a effectivement 4 collectifs aux principes plus radicaux (pas extrémistes, r-a-d-i-c-a-u-x) que le parti lui-même et qui assurent une sorte de contre-pouvoir, principe inhérent à toutes formes d’organisations sociales. Toutefois, pour l’instant ce contre-pouvoir est plus viable au niveau idéologique (lire ici analyse politique) qu’au niveau de prises de positions politiques. Les positions formelles du parti sont social-démocrates alors pas besoin de brandir le spectre de l’extrême gauche.

    Et je ne vois pas de mention du PCQ comme étant pour la révolution armée sur leur site, et j’ai la vague impression que si les membres l’étaient, ils seraient dans le PCR.

    La gauche radicale au Québec, c’est la NEFAC, le PCR, le RTTS, Hors-d’oeuvre…
    Pas QS.

  3. Selon votre analyse, si les social-démocrates font partis de l’extrême gauche, René Lévesque et Jean Lesage étaient d’extrême gauche.

    Ensuite, selon votre analyse, si Québec solidaire est un parti d’extrême gauche parce qu’il serait le parti le plus à gauche de l’échiquier politique québécois, pourquoi vous ne qualifiez pas l’ADQ de parti d’extrême droite puisque c’est le parti le plus à droite de l’échiquier politique québécois?

    Si vos qualificatifs s’appliquent à la gauche, vous devez aussi les appliquer à la droite, sinon, c’est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle…

  4. En fait, il y a un parti «plus à gauche» que Québec solidaire inscrit auprès du DGEQ : le parti marxiste-léniniste. Donc, selon la première définition ici adoptée, c’est ce parti qui constitue l’«extrême-gauche» québécoise.

    Outre l’avis de Raynaud, la définition classique de l’extrême-gauche entend que ceux qui s’en réclament agissent à l’extérieur des sphères officielles, car celles-ci sont jugées comme corrompues/idéologiques/essentiellement viciées. La révolution est leur mot d’ordre. L’extrême-gauche, ce sont les anarchistes et les communistes révolutionnaires.

    Ce n’est pas parce que les révolutionnaires sont souvent aussi altermondialistes que l’inverse est aussi vrai. Équiterre est un organisme altermondialiste, mais pas révolutionnaire ou d’extrême-gauche. Sinon, je crois que Laure Waridel en sera la première surprise.

    On dirait qu’au Québec, on est soit de centre-gauche ou à l’extrême-gauche : où est passée la nuance ? La «gauche» claire et nette ? Justement, par la cohabitation de collectifs radicaux et d’éléments plus social-démocrates dans le parti, Québec Solidaire trouve son équilibre dans cette gauche affranchie de qualificatifs superfétatoires.

  5. Le Parti communiste du Québec a été à la base de la fondation de l’Union des forces progressiste (UFP) en juin 2002, le parti issu de la fusion du PCQ avec le Parti de la démocratie socialiste et le Ralliement pour une alternative progessiste. Québec solidaire est né de la fusion de l’UFP avec Option citoyenne, en février 2006. Curieusement, les médias de Quebecor, par le réseau Canoë, ont cru flairer une histoire scabreuse chez QS pour cette élection, sans se renseigner davantage. On a eu droit à une tentative de “Red Scare” de la part de leurs journalistes, dont Richard Martineau. C’est peut être symptômatique du manque d’intérêt soulevé par le déclanchement de cette élection plutôt inopportune pour la majorités des électeurs, il fallait trouver des scandales et vite!

  6. Si le keynésianisme correspond à une tendance d’extrême gauche, alors Franklin D. Roosevelt était un extrémiste! Alors attention. Car avec la crise actuelle, il y fort a parier que Keynes reprenne du galon. Donc beaucoup d’extrémismes en perspective!

  7. Le Devoir, un quotidien d’extrême gauche?  C’est vraiment n’importe quoi M. Robitaille.  Il me semble clair de que essayez de nuire à Qs.  Pourquoi?

  8. Bravo M. Robitaille!

    Je vous félicite d’exposer la clique d’exrême-gauchistes de Québec Solitaire! On doit le dire haut et fort : le communisme est une idéologie dangereuse responsable d’au moins autant de morts que le fascisme. Tout parti qui s’associe avec des gens s’identifiant à une telle idéologie doit être dénoncé!

  9. L’utilisation d’un vocabulaire flou peut mener à la conclusion qui convient le mieux au manipulateur du langage. Les politiciens le savent bien. Anne-Marie Provost (commentaire ci-dessus) a visé juste en séparant les termes “extrémistes” (qui utilisera tous les moyens pour atteindre son but) et “radical” (à la racine des choses). L’utilisation du qualificatif radical convient certainement mieux aux collectifs de Qs! La manière la plus rigoureuse de situer les positions dans l’échiquier politique est de passer outre les grands courants idéologiques et d’analyser des ensembles de positions précises sur des sujets précis. Le formulaire de Political compass est largement utilisé pour positionner des partis ou des personnalités sur des axes gauche-droite. M. Robitaille, vous pourriez faire l’exercice de positionner nos 5 partis principaux dans ce “compas politique”, ce serait très intéressant pour vos lecteurs!

    http://www.politicalcompass.org/

  10. Décidément, les exigences d’embauche chez les journalistes politiques du Devoir ont été révisées à la baisse…

    Je ne sais pas si on vous a confié une “job de bras” pour favoriser le PQ sur le Plateau ou si vous croyez vraiment à ce que vous avez écrit… J’ose espérer que la première option est la bonne. Mais bon, je suis probablement un citoyen d’extrême-gauche parce que je crois en l’interventionnisme étatique (ha ha ha, oui, comme George W. Bush d’ailleurs!).

  11. Il n’y a jamais eu dans toute l’histoire de véritable “communisme” répartisseur de richesse.

    Ce qu’il y eu dans les pays soi-disant “communistes”, n’est en fait rien d’autre qu’un système dictatorial et totalitaire dans lequel une élite s’est emparé du magot..

    En contre partie, force est de constater à la lumière des désastres économiques, écologiques et humanitaires actuels que le libéralisme et la globalisation capitaliste sont de unlamentables échecs !

    En conséquence, il nous faut définitivement en venir à repenser le monde et son fonctionnement et à trouver de nouvelles voies…

    ..Et Québec solidaire est actuellement l’outil et le véhicule par excellence pour amorcer ce virage… à gauche…

    _____________________

    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Musicien et membre de l’Union des Artistes (UDA) (1977/1991)
    Militant pour l’éradication de la pauvreté e/t l’indépendance du Québec

    MSN: http://christianmontmarquette.spaces.msn.com
    Ancien site électoral : http://www.ufp-laporte.ca.tc

  12. S’il vous plais! un peu de bon sens! Gilles Duceppe a déja été dans les marxiste Leniniste, et alors? Le PCQ était beaucoup plus un parti de protestation pour dénoncer le manque de gauche qu’un parti serieux. Voilà qu’un parti de GAUCHE (et non EXTRÈME) se crée et prend de l’empleur, maintenant ils veulent s’impliquer et faire de la VRAIE politique, tant mieux! On a des voix de Droite avec l’ADQ, il est tant d’avoir des voix des Gauche, avec QS.

  13. Bravo pour vos commentaires sauf pour marc desnoyers, qui sûrement la personne la plus idiote que j’ai jamais lu.  Ce n’est pas parce que des fascistes on créé des partis communistes pour faire croire au peuple qu’ils étaient déjà dans le communisme que c’est du communisme.  Ceux qui disent que les rouges sont violents ignorent qu’ils sont plus violents encore qu’eux.  Le communisme n’est ni un régime ni une ligne d’action, c’est un idéal de société.  Arrêtez de désinformer car vous ne pouvez dénoncer qq’un pour communisme, vous pouvez seulement être écrasés par leur théorie quand l’Histoire reprendra vie.

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À propos

Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.


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