Une connaissance qui travaille à l’émission du matin pour une radio de Québec souvent qualifiée de Radio-poubelle m’avait envoyé un courriel rageur, un jour où Le Devoir avait usé du terme pour désigner cette antenne. Or, ce matin, au micro de cette même radio, qu’est-ce que j’entends? Qu’au moment où un autre soldat québécois mourrait en Afghanistan, il était «scandaleux» que Luck Mervil ait mis une certaine emphase à lire le Manifeste du FLQ, sur les Plaines, dans le cadre du Moulin à paroles. Des chroniqueurs qui accompagnent l’animateur (lequel prône la liberté, mais, chose fréquente, se comporte dans son studio comme un chef de secte) lâchent alors des «Eille, c’tétait-tu dull»; «Ouin, c’est peut-être parce que la dernière fois que chu allé su’ é Plaines, c’était le show de Kiss». D’une part, c’était conçu pour être «dull», le Moulin à paroles. Les organisateurs ont refusé la célébration, le festif. Le rendez-vous était voulu «austère», avait dit Brigitte Haentjens. Or, surprise, cette austérité était délicieuse: la variété des textes; il n’y a rien comme les textes. Juste les textes. Pas de quincaillerie. Pas de divertissement, car «le divertissement est à même, comme on l’a vu lors du 400e anniversaire de cette ville, de prendre tout l’espace jusqu’à inhiber la raison même de la fête», a si bien dit André Ricard, en fin de semaine. Des textes, donc. Et pas juste des textes récents, comme dans nos écoles; de vieux textes, qui sont parfois les plus nouveaux! On se plaint souvent que nous n’avons pas de littérature, ou que nous ne méritons pas notre devise. Eh bien samedi et dimanche, nous avions tout ça : l’histoire, les textes, lus en public; sur les Plaines, lesquelles ont cessé depuis longtemps d’être des champs de batailles et sont devenues le haut lieu des rendez-vous festivocratiques: Saint-Jean orgiaques et autres festivals d’été. Samedi et dimanche, une chose rare s’est fait voir: un public respectueux, attentif, presque studieux. C’est ce qu’on devrait prendre le temps de faire dans les écoles : lire des textes. Donner la parole à nos grands morts: ce sont les meilleurs professeurs. Un peuple qui ne connaît pas ses morts a du mal à vivre. D’autre part, ce moulin était certainement plus riche, comme commémoration, que ces reconstitutions de bataille où des bonshommes déguisés en petits soldats rouges et bleus se tirent dessus à coups de faux fusils. Or, face à l’événement du Moulin à paroles (événement: pour une fois qu’on peut employer le mot, car il s’est vraiment passé quelque chose sur les Plaines), tout ce que la radio mentionnée plus tôt trouve à dire, c’est ce que j’ai rapporté ci-haut. Mauvaise foi, mesquinerie mâtinée de haine de soi, inculture fière d’elle-même, de sa petitesse. Autrement dit, des ordures: ce qu’on trouve dans les poubelles. Dire que c’est là que les Labeaume et autres Hamad vont se faire une idée sur ce qu’il faut penser.
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 14 Septembre 2009 à 07h08
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Parlons-en de mauvaise foi: ce qui a été dit ce matin, qui est juste et vrai, est ceci: presque au même moment où un autre soldat canadien est mort la foule du Moulin à paroles APPLAUDISSAIT un texte d’un groupe terroriste québécois lu avec une grande ferveur et sans sobriété.
Et au niveau mesquinerie, personne au FM 93 (nommez-la donc si vous êtes pour en parler, c’est ça du journalisme… moi j’y travaille et j’en suis fier) n’a traité les gens présents au Moulin d’ordures, ce que vous avez pourtant fait. Bravo. Quel beau pays vous allez tous nous faire, vous et les membres du RRQ.
Rédigé par le 09/14 à 10:27 AM
Ce sont les aspects du discours («mauvaise foi, mesquinerie mâtinée de haine de soi, inculture fière d’elle-même, de sa petitesse») qu’on entend sur ces radios que je qualifie d’«ordures». Ces radios que je me refuse par ailleurs à nommer car on sait que ça fait partie du truc : on dit des énormités pour faire parler de soi. Certains ont bâti toute leur carrière ainsi.
Rédigé par le 09/14 à 11:28 AM
Il n’y aucune comparaison à faire entre le FLQ, Al-quaida et les Talibans. C’est là pure démagogie, aveuglement doctrinaire, arguments fédéralistes populistes et obtus. Les uns sont des fascistes, font sauter des bombes à clous dans les écoles, brûlent à l’acide les fillettes qui vont à ces mêmes écoles, tuent les homosexuels en les écrasant sous les chars, interdisent les cerf-volants, la danse, la musique, etc., représentent la visage de la folie et du refus de la modernité etc… ; les autres ont, poussés par deux cent ans d’oppression, de racisme, de meurtres, commis des attentats ciblés, mesurés contres des symboles de ladite oppression. Car la violence, bien que condamnable aujourd’hui, fut le moteur de biens des Révolutions. Elle se veut la réponse à la violence froide des instituions garantes de l’ordre établi. Et le terme de terrorisme et de rebelle recouvre, depuis que l’homme est homme, des résistants français en passant par les guérilléros espagnols suffoquant sous la botte napoléonienne, aux révolutionnaires français et américains, en allant jusqu’aux hérétiques, ceux qui s’opposent aux diverses tyrannies des puissants.
Ceux qui ne sont pas capables de faire cette différence sont des radicaux, des illuminés ou des abrutis. Voilà l’inculture crasse dont participe les radios poubelles et que dénonce M.Robitaille.
Rédigé par le 09/14 à 11:44 AM
Ah bon M.Thériault, la différene tient dans la puissance des bombes qu’on pose je vois… ou plutôt des politiques des poseurs de bombes. Je remarque d’ailleurs qu’encore une fois, les insules viennent des “civilisés”.
Rédigé par le 09/14 à 03:09 PM
“D’autre part, ce moulin était certainement plus riche, comme commémoration, que ces reconstitutions de bataille où des bonshommes déguisés en petits soldats rouges et bleus se tirent dessus à coups de faux fusils.”
Cette déclaration démontre très bien que vous auriez eu grand intérêt à assister à une reconstitution historique d’une bataille. Vous auriez au moins appris que les soldat français sont majoritairement habillé en blanc et non en bleu et que les fusils et canons utilisés sont tous ce qu’il y a de plus vrai.
Rédigé par le 09/14 à 03:28 PM
Deux questions aux auditeurs du FM93: Étiez vous présent au moulin à paroles?? y avez vous entendu un texte qui vous aurait touché??
françois
Rédigé par le 09/14 à 04:06 PM
L’argument, c’est que les textes sont plus riches d’histoire, plus à même de nous apprendre sur l’époque, que la simple reconstitution des mouvements d’une bataille. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aucun intérêt historique dans une reconstitution.
Rédigé par le 09/14 à 04:07 PM
Qui est sectaire ? Qui cherche à diviser ?? On croirait que le niveau de réflexion et d’information est strictement inversement proportionnel aux âneries qu’un quidam peut déblatérer à la minute. Il faut maintenant croire que l’absence de discours est éminemment préférable au zéro du signifié dans le discours abscons et perversement inculte de ces “nouveaux communicateurs” formatéEs diplôméEs des écoles de communications & marketing de Laval, Sherbrooke, UdeM et autres.
C’est d’une consternation navrante, ce qui n’est pas peu dire.
JE vous invite donc, monsieur Robitaille, à ne pas vous abaisser à répondre à ces insignifiances incompétentes proférées comme argument-massue et de bien vouloir ÉTEINDRE la radio, la LEUR.
Merci !
Rédigé par le 09/14 à 04:46 PM
Avis aux gens de certains médias de Québec: Je ne comprends rien à rien de votre position idéologique inepte, rétrograde et passéiste de citoyenNes d’une capitale qui n’a même plus l’envergure d’être provinciale, bien que la carte postale reste belle. Je souhaite simplement que votre opinion obtuse ne soit pas représentative de l’état d’esprit qui règne dans la région.
Rédigé par le 09/14 à 04:56 PM
Nicholas,
1) Je ne parle nulle part de la puissance des bombes. Mais plutôt de la volonté de massacrer des femmes et des enfants qu’applique le terrorisme nouveau et sanguinaire d’Al-Qaïda, phénomène unique dans l’histoire du terrorisme. Pour tuer des civils, ce n’est pas le moyen, mais la volonté qui fait la différence.
2) Oui! TOUT est dans la raison légitimant l’utilisation de la violence! C’est votre pire argument! Vous de 93,3, qui défendez l’intervention militaire de l’Occident en Afghanistan, devriez pourtant le savoir. Puisque si nous tirons les conclusions qui s’imposent à votre logique bâclée, si pour vous les causes du recours à la force n’importent peu, c’est dire que le combat de ces salpoards de talibans et de nos forces armées est le même.
Vous continuez à témoigner de votre mauvaise foi et de votre manque de rigueur intellectuel, caractéristique propre à la radio poubelle pour que vous servez. Hélas, vos gourous ont bien fait leur travail.
Rédigé par le 09/14 à 05:50 PM
À M.Vigneault,
Renforçant la réponse de M.Robitaille à votre observation, une petite précision d’historien s’impose.
Savoir les conditions de la vie matérielle nous permet de mieux comprendre la civilisaiton matérielle, elle nous enseigne sur des données que l’on pourrait qualifier d’archéologiques, mais l’histoire dépasse de beaucoup cette historette ou petite histoire, plutôt accessoire dans l’appréhension du passé. La vraie histoire est analyse, compréhension d’une époque, avec le recul temporel que nous offre l’histoire. C’est cela qu’a permis le Moulin à images.
Rédigé par le 09/14 à 06:12 PM
«Quelles gens! disait-il, bon Dieu ! quelles gens ! Avec les uns il faut finir par se battre ; les autres ergotent comme des pédants, chicanent comme des procureurs, et puis s’endorment.»
(Julie de Quérangal, Revue des Deux Mondes)
Malheureusement monsieur Robitaille, ce n’est pas encore cette saison que votre tribune servira à magnifier certaines questions avec l’appui d’esprits libres et aventureux. C’est la débâcle habituelle, un bon sandwich idéologique: chaque position y est bien tranchée.
Rédigé par le 09/14 à 06:40 PM
@M. Robitaille
Alors SVP, présentez vos arguments sans dénigrer les reconstituteurs.
@M. Thériault
Je suis d’accord avec vous concernant la pertinence du Moulin à Paroles.. Mais cet événement n’avait pas lieu de “remplacer” la reconstitution des batailles. Les deux activités auraient très bien pu être présentées et ainsi, se compléter l’une et l’autre.
Rédigé par le 09/14 à 06:43 PM
@Pascal Vigneault
Pour que la reconstitution de la bataille ai lieu, il aurait fallu qu’elle ne soit pas festive, mais historique.
L’affiche présentant Montcalm et Wolfe se serrant la main, souriants, était de très mauvaise augure (et de très mauvais goût historiquement parlant).
Le fédéral s’invitant à banaliser un évènement qui nous à privé de notre liberté, si chère aux peuples et qui a causé la mort de près de 15% de la population entre 1759 et 1763 (10 000 morts sur 70 000 habitants). Un génocide qu’on veut trop souvent passer sous silence.
Le moulin à paroles, voulait corriger cet état de fait, et donner un cours d’histoire à un peuple qui en a bien besoin (Nous n’avons qu’à écouter Sylvain Bouchard et ses disciples, pour s’en convaincre).
La conquête est un évènement tragique, dont nous vivons encore les conséquences aujourd’hui… 250 ans plus tard.
250 ans… probablement parce qu’on a oublié, qu’on a déjà été LIBRES !
Le jour viendra, où TOUT les Québécois connaitrons le fond de leur histoire, avec les bouts tristes et les bouts plus heureux.
Et ce jour-là, le Québec prendra son envol, parmi les autres nations libres de notre planète.
Nous ne sommes ni mieux, ni pire que les autres peuples de la terre. Nous sommes… tout simplement.
Rédigé par le 09/14 à 09:13 PM
La reconstitution, j’ai rien contre… mais pas le 13 septembre 2009, dans le cadre d’un vaste projet récréo-touristique alors qu’il s’agissait là de souligner une profonde cicatrice symbolique dans l’histoire d’un peuple.
J’imagine qu’ils ne vont pas lancer des ballons lorsqu’ils vont rapatrier cette pauvre victime des conneries de l’Otan et de l’engagement canadien dans ce bourbier sans issue.
Pour ce qui est d’applaudir la détermination de Luck Mervil, ou la teneur toujours actuelle du manifeste en clamant: «Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail. Et si vous ne le faites pas vous-mêmes, d’autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et ...tout sera à refaire. Vous seuls êtes capables de bâtir uns société libre.»
J’en suis!
Rédigé par le 09/14 à 09:33 PM
J’habite là où les antennes des radios-poubelles se fanent et se perdent dans les montagnes. J’en suis d’ailleurs très heureux.
J’y étais, sur les plaines, ce dimanche. Les gens présents avaient en moyenne 35-40 ans (à vue de nez, je n’ai pas fait de sondage scientifique). Ce simple fait me laisse croire que ceux et celles intéressés par un tel évènement ne sont pas des jeunes coqs inconscients, mais des gens éduqués, matures et compréhensifs -respectueux, même du contenu des textes lus.
Je souhaite que cet évènement revienne à chaque année. Un Québec indépendant financerait certainement cela, contrairement à notre premier ministre frileux.
Depuis des années les animateurs-chocs ont habitués la population de notre belle capitale à entendre des insultes, des ragots, des rancontards et de la désinformation, beaucoup plus que des exemples littéraires et culturels mettant en valeur notre langue et notre histoire.
J’étais CONTRE la reconstitution “festive” de la bataille, qui aurait été, je crois, une insulte aux morts des deux côtés des plaines.
Je suis POUR la lecture de textes rappelant nos racines et venant chercher ce qu’il y a de plus beau, de plus noble chez nous.
Oui, le texte du FLQ est tout à fait noble, au sens où il a été écrit par des gens qui en avaient assez de passer pour les tapis de service. Tapez assez longtemps sur un homme, deux choses peuvent arriver; soit il s’incline de façon permanente, soit il se lève pour arrêter sa violence.
Pierre Laporte est décédé pendant la crise d’octobre, c’est malheureux. Par contre, combien de révolutions pouvez-vous nommer qui n’ont fait qu’UNE victime ? Sa mort a ébranlé le Canada “a mare usque ad mare”. Le Moulin à paroles n’a été que les secousses les plus récentes.
À ceux qui ont assisté samedi et dimanche, je partage avec vous d’excellents souvenirs. Aux animateurs-choc, je vous dis ceci: il ne suffit pas d’avoir une tribune pour avoir quelque chose d’intelligent à dire. Vous en êtes la preuve.
Rédigé par le 09/14 à 10:45 PM
@Nicolas: J’ai peine à croire que l’ont compare ici Al-Qaïda et le FLQ. Le seul élément commun pourrait être la protestation, et c’est bien le seul élément commun. Les motivations, les objectifs, les mires...ne sont aucunement les mêmes.
Aussi, on semble oublier que le FLQ appelait pour avertir de l’explosion future, afin que les civils,justement, sortent! L’idée n’était pas de tuer des gens (bien que ce ce soit produit, une fois alors que les civils n’ont pas été informé qu’il fallait quitter les lieux, l’autre situation...que l’ont connait bien.).
C’était à la machine capitaliste qu’ils s’attaquaient, à ceux qui allait contre les intérêts des travailleurs à travers des attaques sur des bâtiments, des biens, et si vous prenez le temps de -lire- le manifeste, vous constaterez qu’ils n’étaient pas dans le champs, malgré la qualité d’écriture choisie dans un but précis.
L’autre groupe, ce qu’il fait a déjà été brièvement détaillé ci-haut alors je ne m’y attarderai pas mais il est évident que les Québécois-es ont besoin plus que jamais d’entendre et apprendre leur histoire...la vraie.
Le moulin à parole était un beau moyen de promouvoir notre culture, de redécouvrir des éléments importants qui font de nous ce que nous sommes aujourd’hui. J’aurais aimé y être.
Rédigé par le 09/14 à 10:56 PM
La liberté, c’est un peu de décider en quels termes nous commémorerons les différeents épisodes majeurs de notre histoire.
S’il devait y avoir commémoration du 250e anniversaire de cette bataille, elle devait nécessairement venir des citoyens de Québec et du Québec, pas des reconstituteurs de l’extérieur et des agents du gouvernement canadien, comme ce fut le cas dans le passé.
Rédigé par le 09/14 à 11:57 PM
C’est franchement ignoble d’instrumentaliser la mort d’un soldat pour prolonger la controverse autour du manifeste.
Au lieu d’une reconstitution folklorique pour amateurs d’odeur de poudre à canon, ne devrions nous pas reconstituer ici une bataille afghane, dans toute sa violance, odeur de mort incluse? Peut-être réviserions nous alors notre soutient aux horreurs de la guerre.
Rédigé par le 09/15 à 02:24 AM
M. Robitaille,
Je dois avouer que cette fois-ci, contrairement à mon habitude, j’ai beaucoup aimé vous lire. Votre billet suscite mon accord le plus complet.
Il s’est, en effet, passé quelque chose sur les plaines en fin de semaine dernière et ce qui s’y est passé était très inspirant.
Rédigé par le 09/15 à 09:31 AM
Je vois bien à lire la réaction du gars de radio, qu’il semble ne pas se rendre compte de l’ineptie de ses propos. Ce qui m’incline à citer Brassens, qui écrivait : «soit di entre nous, braves gens, pour reconnaitre, que l’on est pas intelligent, il faudrait l’être»
N’est-ce pas
Rédigé par le 09/15 à 11:56 AM
Puisque l’on parle de radio poubelle. S’agit il d’un phénomène de socio-pathologie; et avec quelle conséquences ?
....................
Dress to kill, l’oreille collée sur la radio poubelle !
Personne n’a encore analysé la relation trouble entre le délire meurtrier du caporal et la radio poubelle de Québec.
La manière d’aborder la radio poubelle c’est de la considérer comme un phénomène de socio-pathologie qui peut influencer des esprits faibles et les amener à déraper dangereusement, et commettre l’irréparable. Le cas extrême est celui du caporal Lortie : Dress to kill.
Quelle fut sa relation trouble avec la radio poubelle ?
Le psychiatre qui a évalué Lortie a dit qu’il entendait la voix de Dieu, en fait c’était celle d’André Arthur ! À qui il a été déposer sa cassette avant de passer à l’acte.
Lortie aurait fait tout un carnage si l’Assemblée avait siégé. La raison de son erreur nous est expliquée par le psychiatre qui a eu à l"évaluer : Il attendait que Arthur finisse son émission pour agir, or Arthur a fini plus tôt que prévu, d’où la méprise dans le “timing” de l’attaque.
Personne n’a encore analysé la relation trouble entre le délire meurtrier du caporal et la radio poubelle de Québec.
Mon hypothèse est que le comportement du caporal est en lien direct avec 1759 (un cas extrême des méfaits du colonialisme). Cette hypothèse vaut bien celle des pseudo-freudiens pour qui la révolte contre le père sert de schéma explicatif à toutes les sauces. Ce n’était pas la révolte contre le Père qui animait Lortie, mais l’extrême soumission à un ordre (politique) des choses, que les “séparatissses” voulaient remettre en question (on n’a qu’à écouter cette fameuse cassette laissée à André Arthur).
Dans quelle mesure André Arthur a agi pour faire progresser dans cet esprit faible, son délire meurtrier ; aurait il passé à l’acte s’il n’avait pas habité la Ville de Québec, à portée de signal de la radio poubelle ?
Voilà la question que peu de gens osent poser. Pourtant elle est pertinente.
Y a-t-il un autre esprit faible qui traîne dans les parages : Dress to kill, l’oreille collée sur la radio poubelle ?
JCPomerleau
Rédigé par le 09/15 à 12:32 PM
“Les gens présents avaient en moyenne 35-40 ans (à vue de nez, je n’ai pas fait de sondage scientifique). Ce simple fait me laisse croire que ceux et celles intéressés par un tel évènement ne sont pas des jeunes coqs inconscients, mais des gens éduqués, matures et compréhensifs -respectueux, même du contenu des textes lus.”
Peut-être que la moyenne des gens présents étaient entre 35-40 ans parce que les jeunes ont réalisé que des vieilles chicanes ne valent rien, parce que maintenant, une vision globale du monde est mieux pour eux qu’une vision simplement “locale”. Il n’y a rien de mal à connaitre d’où on vient et être ouvert sur le monde et ne pas penser comme tout le monde (i.e. vive le Québec, fuck the rest).
Rédigé par le 09/15 à 06:51 PM
@Vincent
Il n’y a rien de mal à vouloir d’un Québec qui s’ouvre au monde, plutôt qu’un Québec local, bien provincial.
Nous devons visez rien de moins que le monde, et pour ça, il faut se considérer et se donner les moyens de nos ambitions.
Vous voulez le monde ? Prenez-le !
Rédigé par le 09/16 à 12:26 AM
Origine de la chanson à la claire fontaine et les soldats de Montcalm
Sans le savoir sans doute, cette chanson en fin de programme du moulin à paroles provenait de France en Nouvelle-France par les soldats de Montcalm venus défendre l’Amérique Française contre les troupes Anglaises.
Voila la contribution à notre culture de ces valeureux soldats du Roy!
À la claire fontaine est sans conteste l’une des deux ou trois chansons traditionnelles les plus populaires de France ; à l’égal d’un Frère Jacques ou d’un Au clair de la lune. Il en existe des dizaines de versions différentes, sur des mélodies allant de la ballade sentimentale à l’air de danse franchement rythmé. La majorité d’entre elles se rattachent au thème du « retour de noces » :
« M’en revenant de noces,
J’étais bien fatigué ;
Au bord d’une fontaine,
Je me suis reposé :
L’eau y était si belle,
Que je m’y suis baigné… »
Ce canevas de base se décline avec toutes sortes de refrains, mais l’histoire reste toujours plus ou moins identique, avec deux déroulements possibles : selon que le narrateur est un homme ou une femme, l’« ami Pierre » de l’avant-dernier couplet devient « ma douce amie », voire « ma tendre âme », « ma belle amie », etc.
La version notée ici (voir la première partition en sol ou en mi b du CD) est très probablement originaire de Normandie ; pourtant, c’est par le biais du Québec que la chanson nous est revenue sous cette forme. Ayant traversé l’Atlantique, vers le milieu du XIIIe siècle, avec les soldats de Montcalm – ce qui explique le rythme de marche sur lequel elle est souvent chantée –, elle servit de chant national aux patriotes franco-canadiens lors de la grande révolte de 1837 contre l’hégémonie anglaise.
Comme beaucoup de chansons populaires, celle-ci possède cependant des origines lettrées et se retrouve déjà, sous une forme voisine, dans le recueil Brunettes ou Petits Airs tendres, édité par Christophe Ballard en 1704.
Si la mélodie donnée par ce dernier s’appuie sur celle d’un cantique publié d’après le poète Guillaume Colletet (1598-1659), son apparentement à celle que nous connaissons encore de nos jours est quand même assez flagrant. Cependant, bien que suivant fidèlement la même histoire, les paroles qu’il indique proposent une fin sensiblement différente :
Sur les bords de la Seine
Me suis lavé les pieds
D’une feuille de chesne
Me les suis essuyez.
Refrain
Que ne m’a-t-on donné
Celuy que j’ay tant aimé ?
J’ay entendu la voix
D’un rossignol chanter
Chante, Rossignol, chante
Tu as le cœur tant gay
Tu as le cœur tant gay
Et moy je l’ay navré
C’est de mon amy Pierre
Qui s’en est allé
Je luy ay fait chose
Qui ait pu le facher
Hors un bouquet de roses
Que je luy refusay
Au milieu de la rose
Mon cœur est enchaîné.
N’y serrurier en France
Qui puis’le déchaîner;
Sinon mon ami Pierre
Qui en a pris la clef.
Dans certaines versions, le « bouquet de rose » est remplacé par le « bouton de rose », ce qui rend la symbolique érotique de l’histoire encore plus limpide.
De fait, d’une région à l’autre, les variantes sont importantes et peuvent donner à la chanson une signification bien différente.
Elle commence chez Ballard :
« Sur les bords de la Seine
Me suis lavé les pieds… »
Dans les régions de l’Ouest, c’est une jeune invitée qui chante :
« En revenant des noces
J’étais bien fatiguée
Au bord d’une fontaine
Je me suis reposée… »
Alors que nous la chantons aujourd’hui comme les Canadiens :
« À la claire fontaine
M’en allant promener… »
La fontaine, la feuillée, le rossignol et le chagrin d’amour font partie du cadre traditionnel des chansons de toile (ce sont, sans doute, des arrangements savants de chansons populaires que chantaient les femmes qui travaillaient la toile – fileuses, tisseuses… Elles remontent au XIIe siècle et parlent inlassablement d’amour).
La chanson a été interprétée sur de nombreuses mélodies, mais l’air actuel dérive du timbre original. En Poitou et au Canada, il a pris un rythme de marche plus entraînant et propre à mobiliser chouans et patriotes.
D’après Marc Robine, Anthologie de la chanson française. La Tradition. Des trouvères aux grands auteurs du xixe siècle, Albin Michel, 2000 et Martine David et Anne-Marie Delrieu, Refrains d’enfance. Histoire de 60 chansons populaires, Herscher, 1988
Soldat Sanspareil
2ième bataillon du régiment de la Sarre
Vive le Roy!
http://www.regimentdelasarre.ca
Rédigé par le 09/16 à 06:05 AM