Le «nous sommes prêts» de Jérôme-Forget, six ans plus tard

image J’ai retrouvé hier —pour mon article de ce matin— un discours enflammé de Monique Jérôme-Forget datant du 11 mars 2003. Alors simple députée d’opposition, elle lançait au gouvernement Landry : «Malgré les bonbons distribués à droite et à gauche depuis un mois, le glas a sonné. Le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec a confirmé le pire. Oui [...] 8,5 milliards de dollars de perte durant la dernière année seulement, déboires qui font suite aux 4 milliards de perte l’an dernier.» Elle disait aussi : «Nous proposerons aux Québécois un gouvernement intègre. Aucun dollar de fonds publics ou de dépenses fiscales ne sera à l’abri du regard de la Vérificatrice générale.» Elle concluait sur ceci: «Le glas a sonné. Cela a assez duré. Les Québécois sont prêts pour un changement et nous sommes prêts.»
À l’époque, elle ne disait presque pas de «justement». Aujourd’hui, elle les multiplie, surtout lorsqu’elle est mal à l’aise. Un lecteur m’écrit : 

«J’ai fait un décompte, pour le plaisir, des ”justement” de la ministre à l’interpellation du 27 mars sur les PPP. En deux heures de débat (où elle a le tiers du temps), on en trouve 91 qui sont sortis de sa bouche!» Il y a là plusieurs phrases à trois «justement» : «J’ai décidé justement, comme j’étais là, d’en profiter pour aller faire un tour justement pour voir comment ça se passait en Angleterre. Et imaginez-vous donc que justement il y a un sondage qui a été fait, en Angleterre...» Plusieurs croient que justement , le glas sonne pour la carrière de Mme Jérôme-Forget. (Image: détail d’une caricature récente de Garnotte)

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Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.


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