Selon ce qu’un habitué de ce carnet, l’avocat Stéphane Rochette, me fait remarquer, le ministre fédéral Lawrence Cannon a récemment expliqué ce qu’il entend par «clémence» (propos rapportés ici par Manon Cornellier). Voilà l’histoire : en mars dernier, un juge de la Cour fédérale déclarait illégal le refus du gouvernement Harper de demander la clémence pour Ronald Smith, Canadien condamné à mort pour deux meurtres commis au Montana. Au début de juin, un comité des Nations unies demandait au Canada de renouer avec sa politique traditionnelle d’opposition systématique à la peine de mort et d’abandonner l’approche du cas par cas adoptée par les conservateurs. La position du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon? «Dans le cas de M. Smith [...], le gouvernement sera assujetti à la décision des tribunaux, mais dans tous les autres cas, et je vais être très clair, la clémence n’est pas une obligation. La clémence doit nécessairement se mériter.» Commentaire très juste de M. Rochette : «La clémence n’est accordée qu’à celui qui est coupable et qui, par définition, ne la “mérite” pas. Elle ne dépend pas du “mérite” de qui la reçoit, mais des valeurs de qui la donne. Or, l’opposition à la peine de mort ne semble plus faire partie de nos valeurs officielles. Le citoyen canadien jugé à l’étranger doit être innocent, en pratique, pour “mériter” que notre gouvernement intervienne par voie diplomatique afin que sa peine de mort soit commuée en emprisonnement à perpétuité. Le principe même de la clémence s’en trouve perverti, car elle tient désormais à la valeur du verdict étranger plutôt qu’aux valeurs canadiennes.» (Photo lawrencecannon.com)
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 22 Juin 2009 à 06h58
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