Extrait du discours sur le budget de Raymond Bachand : «Nous envisageons également l’introduction d’une franchise santé, calculée en fonction du nombre de visites médicales effectuées pendant l’année. La mise en place d’une telle franchise a notamment été proposée par le rapport Castonguay portant sur le financement de la santé. La franchise pourrait être modulée afin d’inciter les gens à utiliser les services de première ligne.» Pourtant, aujourd’hui en chambre, le ministre de la Santé Yves Bolduc a accusé Bernard Drainville d’avoir répandu l’idée que le gouvernement souhaitait imposer un ticket modérateur… ou franchise à «effet orienteur»: «C’est le député de Marie-Victorin qui mettait ça dans la tête de tout le monde et on a toujours dit de ce côté-là [sic] qu’il n’y aurait pas de limitation au niveau de l’accès.» Selon Bernard Drainville, si «ça a l’air d’un ticket, ça prend la forme d’un ticket, ça s’applique comme un ticket puis ça s’appelle un ticket dans la bouche du ministre des Finances, M. le Président. C’est parce que c’est un ticket !».
Conférence sur la signature de nouveaux Arrangements de reconnaissance mutuelle, ce matin, entre le Québec et la France. Sur le document remis, ce slogan: «Une nouvelle passerelle.» Mais le premier ministre Jean Charest ne prononcera le mot-métaphore à aucun moment, la remplaçant systématiquement par celle du «pont». Pourquoi donc ? (Merci à mon collègue Robert Dutrisac pour le tuyau.)
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 03 Juin 2010 à 13h46
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Jean Charest s’est fait plaisir aujourd’hui, en commentant la notion de pureté symbolisée par les écharpes blanches qu’arboraient les députés de l’opposition (moins l’ADQ) il y a une semaine, lorsqu’ils ont réclamé pour ènième fois une enquête publique sur le financement des partis politiques et la construction. «La chef de l’opposition officielle et son parti se sont drapés, la semaine dernière, dans des foulards blancs, [...] disant à la population du Québec qu’elle prétendait à la pureté, rien de moins que la pureté.» Puis il ajoute : «”Je suis pure, a-t-elle dit, je suis pure”. Elle est pure, M. le Président. On appelle ça de la pure hypocrisie!» Ce dernier mot, toutefois, est considéré comme une sorte d’impureté en chambre. Il a dû le retirer.
Rédigé par Antoine Robitaille le Mardi 25 Mai 2010 à 20h25
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Réalisatrice de L’Illusion tranquille, Joanne Marcotte soutient qu’il y a un «Bloc Montréalais», spécialiste pour bloquer les projets dans la métropole. Le dernier exemple en date serait le projet de l’échangeur Turcot du MTQ. Le Bloc Montréalais, ce serait en quelque sorte le revers du «mystère de Québec», incarné ces temps-ci par les Cols rouges. Autre illustration de la nouvelle ligne de fracture dominante au Québec, soit celle qui oppose lucides et solidaires. Le clivage entre fédéralistes et souverainistes s’en trouve marginalisé, non?
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 26 Avril 2010 à 09h15
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EN DIRECT DU PARLEMENT—Ils ne se sont pas réunis en conseil des ministres depuis deux semaines. Dans les officines, on raconte que la réunion, qui a commencé à 11h30, sera longue et ardue. «Ça va finir tard», a-t-on entendu. 17h00… voire 17h30. Et aucune autre réunion du conseil des ministres prévue dans les deux semaines à venir. Un collègue journaliste, vétéran, me dit qu’il n’a jamais vu ça. Le Québec est dans le rouge. Son administration publique n’offre aucun accommodement à un laïque. Le premier ministre Charest, à Copenhague, a changé de ton après avoir eu la dent dure à l’égard du fédéral, après avoir parlé des «deux Canada». Tant de questions, tant de pourquoi. Et pas de réponse. Y a-t-il une consigne de rester muet? La seule réponse que les journalistes ont obtenue ce matin, à l’entrée du conseil des ministres : «Je n’ai vraiment pas le goût de répondre à vos questions ce matin.» Morceau de franchise lancé par «mon trésor», la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay. Ah oui, il y a aussi eu la ministre de l’Immigration Yolande James, qui a donné signe de vie. À la question «Le Québec ne devrait-il pas se doter d’une charte de la laïcité?», elle a réagi en ces termes : «Joyeux Noël M. Robitaille.» Au moins, elle n’a pas dit «Joyeux décembre». (Photo : Jacques Nadeau)
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 21 Décembre 2009 à 13h01
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Il y a quelques jours que je veux vous poser la question, Copenhague oblige : êtes-vous davantage un «warmist» ou… «denier»? Deux néologismes signalés par le formidable site anglophone WordSpy.com, qui suit, avec un sourire, l’évolution de la langue anglaise dans les médias. Définition de «warmist»? «A person who believes that the current global warming trend is the result of man-made factors. Also: global warmist. —adj.» Le mot a été utilisé entre autres par le Daily Telegraph et le Irish Independent. Une suggestion de traduction pour «warmist»? Quant à l’antonyme de ce dernier, «denier», le collègue Louis-Gilles Francœur a depuis longtemps trouvé des équivalents français : «les ”sceptiques climatiques” et les ”négationnistes”». (Photo : détail de la caricature de Garnotte de ce matin)
Rédigé par Antoine Robitaille le Vendredi 18 Décembre 2009 à 18h00
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Jean Charest a multiplié les interviews aujourd’hui, en direct de Copenhague. Manifestement, il adore la scène internationale. Je me suis penché sur cette passion en août 2008, quelques mois après l’avoir interviewé sur une éventuelle entente entre le Canada et l’Union européenne… rencontre où j’avais constaté, là aussi, qu’il était particulièrement animé lorsqu’il parlait de ces questions. Tout ça pour vous rappeler, comme je le faisais en fin de semaine dans le journal : l’ancien conseiller péquiste Jean-François Lisée affirme sur son blogue qu’une fois qu’il franchit la frontière, «Jean-Charest-le-partisan devient Jean-Charest-le-grand-ambassadeur» En somme, pas «grand bâtisseur», «grand ambassadeur». Ma question : qu’en pensez-vous? Croyez-vous que cela présage la prochaine carrière de Jean Charest?
Rédigé par Antoine Robitaille le Mercredi 16 Décembre 2009 à 19h50
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La question me fut posée et imposée par l’équipe de Bazzo.tv. «Et si l’année 2009 était un film, quel en serait le titre?» Ma réponse? «L’année Purell» Une année où l’on a voulu se désinfecter totalement pour éviter les pandémies. Se purifier aussi sur le plan éthique; c’en est devenu une véritable obsession. Purell, enfin, parce que tant d’acteurs sur la scène politique (au premier chef le gouvernement Charest) ont voulu s’en laver les mains… (Par ailleurs, comme bien d’autres, j’aurais voulu être actionnaire de cette compagnie en 2009. Mais bon.) Rappel sur le mot de 2008. (Photo : collection personnelle.)
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 10 Décembre 2009 à 20h59
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Question posée à des élèves de deuxième secondaire dans un cahier d’exercice :«Indiques tes caractéristiques, tes goûts et tes intérêts : 1) Je suis un garçon:_________, Une fille: __________ Je ne sais pas encore ________» C’est tiré de l’ouvrage Voyage vers les valeurs. Cahier d’activités Éthique et culture religieuse, 2e secondaire (LIDEC, 2008, p.10). L’auteur est Daniel Gougeon. Non seulement il est l’auteur de cette étrange question, mais a-t-il aussi conçu la faute d’orthographe? «IndiqueS»? (Pour l’information et l’image, merci à Joëlle Quérin, aussi l’auteur de l’étude: Le cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou endoctrinement?, de l’Institut d’études sur le Québec.)
Rédigé par Antoine Robitaille le Mardi 08 Décembre 2009 à 16h09
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LYON — Jean Charest a de ces transports presque poétiques lorsqu’il célèbre les intéressants Arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM) comme hier à Paris. Désormais, les compétences d’un médecin français seront reconnues plus facilement au Québec et inversement. (Précision: ces ARM n’accordent toutefois pas un droit de travailler et ne dispensent donc pas les professionnels des démarches normales: obtention de permis de travail, etc.) Transports poétiques, donc : «C’est la création d’un nouvel espace de vie pour notre langue française», a déclaré le premier ministre à Paris hier matin. En après-midi, à Lyon, à l’occasion d’une table ronde avec des «chefs d’entreprises» du secteur du développement durable, il reprenait l’argument: «C’est une première mondiale, et nous allons tout faire ça en français.» Derrière Jean Charest, une grande publicité de Entreprise Rhône-Alpes international jurait avec ces beaux élans francophiles : «Boostez votre Export» Un nouvel espace de vie pour notre langue française, disiez-vous, M. le premier ministre? Les Français sont-ils vraiment intéressés à la protection de cette langue qu’ils semblent trouver purement folklorique? Il fallait les entendre parler, hier, ces CEO (comme on les appelle en France), parler de «clusters», de «business». Si la France s’en fout, si tout ce qu’elle veut, c’est devenir anglophone, s’auto-lord-durhamiser, cela vaut-il vraiment la peine, en notre continent, de lutter pour acheter son baguel en français? Bon, me répondra-t-on: il y a des Alain Juppé. Mais ils semblent très rares, isolés.
Ce qui se produit avec le Plan nord, qui devient la Démarche Nor...mandeau, rappelle un vieux truc utilisé par l’ancien collègue de la ministre, Jean-Marc Fournier : il avait cessé de parler de «défusion» pour adopter le terme «démembrement». Classique: on fait muter le vocabulaire dans l’espoir de changer une perception. La ministre Nathalie Normandeau, elle, tout en continuant de glisser au passage l’expression «Plan nord», nous dit qu’au fond, s’il n’existe pas de document qui l’expose clairement, c’est qu’il s’agit d’une «démarche». Un peu plus et elle parlait de «cheminement» (Voir la définition dans Le Dictionnaire québécois instantané). Un lecteur, au bas de mon texte, souligne ce matin l’avalanche de «mots de javel» —ces mots qui lavent plus blanc— qui émaillent le discours de la ministre: «Plan, démarche, multimédia, avenir, nouveau genre, paradigme, partenaire, concertation, vision, mécanique, évolution, s’asseoir avec les communautés, mobiliser, chantier, ...» Et le lecteur de gentiment nous inviter à découvrir le Bullshit Bingo. Une version vidéo? C’est par ici qu’on se roule par terre. Oh, et ici aussi. AJOUT : Au 98.5, Paul Arcand a décrit les choses ainsi ce matin : «Le Plan nord, c’est du vent, c’est un Plan éolien, au fond.» (Photo Jacques Nadeau, Le Devoir)
Rédigé par Antoine Robitaille le Mercredi 14 Octobre 2009 à 09h04
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Des élus américains qui débattent du système de santé d’un pays aux prises avec une épidémie d’obésité en se gavant de malbouffe. Paradoxe mis en relief par l’intéressant site Politico: «Members of the Senate Finance Committee like to snack on Doritos, potato chips and beef jerky — among other things — while considering the future of health care, and on Wednesday they thoughtfully arranged for at least six dozen doughnuts to feed reporters covering the deliberations.» Le titre de l’article est brillant : «Fat accompli: Congress’s weight issue.» À l’Assemblée nationale à Québec, après quelques reportages du genre, la carte du Café du parlement a été expurgée de ses frites et poutines. Un comptoir de salades «santé» prend toute la place à l’entrée. (Illustration tirée de Politico)
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 30 Juillet 2009 à 09h57
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Je vais explorer le sens du mot «vacances» dans les prochaines semaines. À moins qu’une démangeaison «carnettienne» me saisisse. (Photo collection personnelle!)
Rédigé par Antoine Robitaille le Vendredi 24 Juillet 2009 à 15h32
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Nous attendions ce moment depuis trop longtemps… «Nous», c’est-à-dire les admirateurs de Benoît Melançon (et c’est là un nous inclusif); le professeur du département des littératures de langue française de l’UdM a ouvert un carnet intitulé L’oreille tendue. En exergue, ou plutôt au fronton de ce carnet, cette géniale phrase d’André Belleau : «Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler.» Du reste, L’oreille tendue me fait penser à une formule de Roland Barthes (que je reproduis ici de mémoire), qui m’inspire : «Ils ne s’entendent pas ne pas s’entendre.» Grande nouvelle que l’apparition de ce carnet. On doit à Melançon le Dictionnaire québécois instantané, (Montréal, Fides, 2004, 234 p.), dont on retrouve le ton et l’humour dans L’oreille tendue. Allez lire cette entrée sur l’utilisation de l’adjectif «ordinaire» par François Beauchemin, joueur de hockey. À propos de hockey, Benoît Melançon a aussi publié un formidable livre sur le culte de Maurice Richard. Le professeur s’est aussi intéressé très tôt aux effets de l’Internet, et plus précisément du courriel, sur le français (voir Sevigne@Internet, Remarques sur le courrier électronique et la lettre, Fides, 1996,). Une grande nouvelle, je vous dis.
Rédigé par Antoine Robitaille le Mercredi 17 Juin 2009 à 08h00
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