Échange entre deux Lessard; un clair, l’autre producteur de gibelotte. Denis Lessard, journaliste, pose une question des plus limpides au ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, au sujet de l’éthique dans les municipalités: «Si votre projet de loi (109) avait été adopté, est-ce que M. le maire Jean D’Amour, est-ce qu’il aurait pu aller travailler pour, bien, BPR?» Attention, préparez-vous à lire la tentative de «réponse» du ministre : «Là, sur le travail, on dit qu’ils peuvent gagner leur vie. C’est la… Et la question est la suivante, exemple, monsieur, le cas que vous soumettez: il est maire, supposons, il donne un gros contrat pour l’eau potable, suite à un appel d’offres, dûment choisi, au plus bas soumissionnaire conforme. C’est très dur à expliquer quand tu quittes, là, hein? Tu décides de quitter ou tu es battu, hein? Il y a deux possibilités. Tu quittes, si tu quittes, tu y vas volontairement en plus à lui que tu as donné le contrat. Même s’il a respecté les règles, ça paraît mal, ça paraît mal. Si tu es battu, bien là, dans la prochaine année, il faut que tu regagnes ta vie, hein? Tout le monde, c’est… c’est la réalité. Ce qu’on veut, c’est éviter le fait que le doute s’installe.
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 10 Juin 2010 à 14h37
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Ça ne s’invente pas. En 2006 (le 27 avril), au moment où il accumulait des Pétro-points grâce à sa carte appartenant à BCIA, Tony Tomassi a réclamé, en commission parlementaire, que la Société d’assurance automobile rende plus facile les paiements par carte de crédit ! Tomassi, alors simple député, prétend émettre une «critique constructive» à l’endroit de la SAAQ. Il faut lire le passage en entier : «Une des critiques que j’avais? [...] Quand on va sur le site Internet de la SAAQ pour faire le paiement de notre immatriculation ou notre permis de conduire en ligne, les seules deux façons de faire un paiement, c’est si on a un compte bancaire avec Desjardins ou avec la Banque Nationale. Il y a cinq grandes banques au Québec, il y a Banque de Montréal, la Banque Royale… Alors, ces gens-là qui n’ont pas accès à ces deux comptes-là ne peuvent pas [payer]. Au contraire, si on va sur un site Internet de la ville de Montréal pour payer, des fois, nos petits billets d’infraction concernant des billets de stationnement ou...»
Rédigé par Antoine Robitaille le Mardi 11 Mai 2010 à 14h56
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Tomasseries •
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L’affaire du niqab au cégep Saint-Laurent m’a rappelé une question que Sylvain Simard avait posée à Monique Gagnon-Tremblay, le 13 mai 2009: «Est-ce que la présidente du Conseil du trésor, qui est responsable de l’Administration publique [...] a l’intention de préciser à tous les fonctionnaires quels sont exactement les signes qui sont acceptables? Est-ce que, par exemple, elle accepte que des gens portent des signes qui empêchent leur propre identification?» C’était Christine St-Pierre qui avait répondu en épousant une stratégie rhétorique qu’on pourrait qualifier de confusion mentale:
Rédigé par Antoine Robitaille le Vendredi 05 Mars 2010 à 08h18
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Mots usés et clichés •
«Qu'est-ce que tu dis?» ou propos étonnants •
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Conférence de presse du chef de l’ADQ et du critique adéquiste François Bonnardel, aujourd’hui. Le reporter de TVA, Robert Plouffe, pose cette question trois fois : «Vous voulez alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne et des familles. [...] De combien? Et, si oui, vous [priveriez] le gouvernement de rentrées d’argent. Or, on est déjà en déficit.» Il n’obtient pas de réponse. Martin Ouellet revient à la charge. Et à ce moment, il y a eu illumination: François Bonnardel a tout expliqué et tout est devenu parfaitement clair:
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 01 Mars 2010 à 17h40
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Bonnardelleries •
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Clément Gignac nous semblait assez éloquent, jadis, lorsqu’il commentait les budgets à la télé comme économiste. Mais celui que Michel Hébert surnommait à l’époque le «Steve Martin de la Banque nationale» semble avoir perdu l’usage de la langue française depuis qu’il est ministre. Ses interventions sont déstructurées, il ne termine pas ses phrases. On ne dirait pas qu’il s’agit d’un ancien du Petit Séminaire de Québec… À preuve, sa première réponse, hier, à une question de Jean-Martin Aussant. Après avoir dit que ce dernier était un «adepte du libre-échange», il a accouché de phrases informes : «Il fait allusion peut-être au côté transparence. Je tiens à souligner qu’on a… on a informé le conseil des partenaires à deux reprises, les… où les syndicats siègent, le Conseil du patronat, même les gens du côté de la culture siègent.» Siègent du côté de la culture?, quoi? Peu importe, Gignac poursuit son festival de la gibelotte : «On a également… Mon collègue des Affaires municipales a rencontré… les municipalités le 14 juillet dernier pour s’informer. Pendant ce temps-là, durant cet automne, aucune question de la part de… de l’opposition officielle sur le Buy American. On ne s’informait pas. On aimait mieux faire de la petite politique que s’occuper d’économie.» Deuxième réponse: «Ce que je me demande, Mme la Présidente, c’est si le député de Nicolet-Yamaska est toujours à l’aise avec la… sa collègue, députée de Rosemont, puisqu’à l’époque, lorsqu’elle était ministre des Relations internationales, elle a conclu une entente sur les marchés publics du Québec avec l’État de New York sans aucune consultation, aucune information, aucun débat à l’Assemblée nationale. C’est dû… le parti de l’opposition officielle, auquel je fais partie maintenant, sous la pression, que, deux semaines après, elle a publié. Donc, en termes de transparence, Mme la Présidente, je pense qu’on n’a aucune leçon à recevoir du côté de l’opposition officielle.» (Photo Jacques Nadeau)
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 18 Février 2010 à 08h03
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«Qu'est-ce que tu dis?» ou propos étonnants •
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Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, mardi : «M. le Président, toutes les femmes au Québec ont le droit au retrait préventif lorsqu’IL représente un risque.» Une phrase à donner des maux de tête, et peut-être même provoquer une violente fièvre, tellement la confusion est grande : sont-ce les femmes qui représentent un risque? ou le retrait préventif? ou...? Au fond, n’est-ce pas le langage du ministre de la Santé — surnommé Docteur Confusion par l’opposition — qui représente un grave risque? Car après cette déclaration, le ministre a démontré qu’il était atteint d’un «virus» terrible, celui du «au niveau»; et que, sans vergogne, il était prêt à répandre la bête : «Au niveau du H1N1, c’est la Santé publique qui détermine les conditions de retrait préventif.» Sachez que, contre le «au niveau», Mots et maux se veut un vaccin. Avec adjuvant.
Le ministre de la Santé a une langue malade. Ou peut-être que le français n’est pas sa langue maternelle? Non seulement utilise-t-il «au niveau» à tous les niveaux, mais très souvent, ses phrases sont incompréhensibles. Jeudi dernier, sur la pénurie d’isotopes, il dit : «L’échéancier est en fonction du temps qu’on va réussir pour avoir nos isotopes le plus rapidement possible avec un approvisionnement normal.» Sur les tests pathologiques du cancer du sein, le 29 mai, il a débité quelques phrases qui ont failli rendre fous les journalistes forcés de dégager du sens de cet amoncellement de mots : «Je ne voudrais pas mélanger, là, le côté revendications du côté présentement qu’est-ce qu’on fait pour la problématique que nous avons actuellement?» Il a attrapé toutes les pandémies, le bon docteur. Non seulement raffole-t-il de l’insupportable «au niveau», mais il s’est entiché du galvaudé «problématique». Remarquez, c’est pratique, il n’y a, dans son monde, plus de problème… que des «problématiques» : «Le Dr Gaboury nous éveille à une problématique qui pourrait survenir.» ; «On va s’asseoir avec les représentants, qui sont de très bonne qualité au Québec, et on va leur demander, pour eux, c’est quoi qui est le mieux pour la population québécoise et pour les patientes touchées par la problématique.» Vous vous en doutiez : en guise de doctorat honorifique au bon docteur Bolduc, nous lui consacrons une catégorie.
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 15 Juin 2009 à 07h28
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Relire la transcription de ses propos à l’Assemblée nationale, ça peut déprimer. C’est le cas de ma question d’hier. Si vous y comprenez quelque chose, à travers mes tics de langage (je dis un justement et un «à un moment donné»), faites-moi signe : «M. Dupuis, vous avez évoqué la notion de jurisprudence, est-ce que justement on va être anglais, ici, avec le «tort law» ou est-ce qu’on va être français avec le Code civil? Est-ce qu’on ne pourrait pas être un peu des deux, comme notre culture politique nous le dit, c’est-à-dire avoir un commissaire qui établirait une certaine jurisprudence? Notre président, le président de l’Assemblée, déjà, fait ça, à un moment donné créé de nouvelles règles, une jurisprudence.» Quelle gibelotte.
Le nouveau ministre de la Famille, Tony Tomassi, fera, grâce à sa manière de s’exprimer, souvent la manchette de ce carnet, je le sens. Le jour de son assermentation cette semaine, un journalliste lui a demandé pourquoi il allait «faire un bon ministre de la Famille». Sa réponse : «Écoutez, je vais faire mon possible sur la charge que M. Charest m’a accordée aujourd’hui. J’espère pouvoir lui rendre le retour de cette confiance qu’il m’accorde.» Comment on «rend un retour»?
Rédigé par Antoine Robitaille le Vendredi 19 Décembre 2008 à 12h39
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