Mardi 17 Août 2010

Legendre biodégradable

image Toute cette frénésie autour du tennis en raison de la coupe Rogers m’a rappelé une biographie qui m’a fait beaucoup rire: celle de l’ex-ministre péquiste Richard Legendre, aussi ex-tennisman. Rien de plus drôle que le comique involontaire. C’est celui, justement, qu’exploite à merveille le Cabaret biodégradable. (Si jamais les organisateurs ouvrent un volet politique, ils se doivent d’inclure L’humilité d’un gagnant — oui, c’est bien le titre du livre, dont l’auteur est Meeker Guerrier et l’éditeur Les Intouchables, 2005.) Le plaisir commence dès les premières lignes : «C’est à Montmagny, une ville située à proximité de Québec, que naît Richard Legendre, le 19 janvier 1953. Sa naissance est une surprise pour ses parents.» Papa et maman Legendre n’avaient pas remarqué la bédaine? Un passage de la page 30 est pas mal, aussi : «Avec les années, Richard Legendre a développé le réflexe de toujours se préparer adéquatement. C’est une obligation qu’il s’impose coûte que coûte. En politique, il apprend rapidement qu’il n’a pas le temps, ou si peu, à consacrer à la préparation.» Rassurant!

Lire la suite...

Samedi 05 Juin 2010

«Avenue JEAN-CHAREST»?

image En 2006, Le Parisien consacre un reportage à l’ancien premier ministre français Alain Juppé, exilé pour un an au Québec et plus précisément à l’École nationale d’administration publique, le temps de purger sa peine d’inéligibilité. Le journaliste Frédéric Gerschel (le jeudi 23 mars 2006, p. 9) décrit la vie du politicien ostracisé : «Il fait le trajet tous les mardis (trois heures en voiture ou en train) entre Montréal et la deuxième ville de la Belle Province, située à l’embouchure du Saint-Laurent [NDLR:à l’Île d’Anticosti?]. Il n’y a pas grand-chose dans son petit bureau gris et blanc du 555, avenue Jean-Charest.» À ce propos, Mots et maux™ tient à informer les journalistes étrangers en visite au Québec: 

Lire la suite...

Jeudi 11 Mars 2010

Hamad, chat ou lapin?

image Confusion de Sam Hamad lors d’une commission parlementaire, en novembre 2009 : «J’aimerais ça vous entendre là-dessus. Et ça, ce n’est pas sorti du chat du sac, là.» Le ministre du Travail travaille hésite, devant l’hilarité des collègues: «Je ne sais pas trop, le chat du sac?» Celui qui préside la commission, François Ouimet tente de l’aider : «Le lapin du chapeau?» Sam Hamad accepte le coup de main et ajoute : «O.K. Mais il y a quelque chose qui est sorti de quelque part avec une surprise.» Merci de la précision, Sam. (Photo : détail d’un cliché paru sur QuebecHebdo.com)

Mardi 23 Février 2010

Perles du passé: Whissell exige qu’une «aberration continue»

image On est en juin 2000. Le député David Whissell, alors dans l’opposition, est en colère. Six mois plus tôt, le ministre de l’Environnement avait promis d’interdire l’importation de pneus usés sur le territoire du Québec. Mais aux yeux du libéral d’Argenteuil, la promesse tardait à être respectée. Whissell fit alors un beau contresens : «Est-ce que le ministre peut nous dire aujourd’hui quand il va vraiment agir pour que cette aberration continue...» Sans contresens maintenant, certains soutiennent que la présence de M. Whissell au caucus libéral est une «aberration qui continue». Surveillons le choix que l’élu fera à la fin de son congé, le 1er mars. (Photo Le Devoir)

Mercredi 06 Janvier 2010

Nostalgie : la langue de bois d’Harel, selon RBO

image Avant de vous proposer notre liste 1.0 de nos clichés «à nous», je vous propose de revoir cette parodie délirante de langue de bois, signée RBO, cuvée 1994. C’est Bruno qui interprète une Louise Harel incompréhensiblement (permettez le néologisme) empêtrée dans ses expressions toutes faites : «Mesdames messieurs, dans ce contexte où, qui de droit laisse libre court, nous devons, autant que faire se peut, mais d’une façon qui, nul doute, sera partagée, faire preuve, néanmoins, mais dans les limites d’un climat, pourtant, et vous serez sans doute, dans le respect de ce qui, à n’en point douter favorisera, à juste titre et de concert, toutefois sans contrevenir, loin de là ce qui, à n’en point douter, n’est pas exempt. Bonsoir.»

Jeudi 31 Décembre 2009

Perles du passé : Les Québécois et leurs douces «moitiés»

image Marcel Landry, député péquiste de Bonaventure et ministre de l’Agriculture, en 1996, s’exprime sur le projet de loi sur l’équité salariale. Il lance : «Équité de droits et égalité de droits pour une majorité de la population du Québec, puisque, comme vous le savez, les FEMMES constituent actuellement la MAJORITÉ des CITOYENS ET DES CITOYENNES du Québec.» Concluons que tous les Québécois ont des douces moitiés… (Merci de nouveau à Patrice Juneau pour le filon.)

Mercredi 30 Décembre 2009

Perles du passé : un «navire» sur les «rails»

image Guy Chevrette, ministre du PQ en 1996, en parlant d’Hydro-Québec, déclare : «On a fait des efforts pour replacer ce NAVIRE AMIRAL sur les RAILS. Et nous avons procédé à d’excellentes nominations à cet effet.» Est-ce qu’on avait nommé un capitaine ou un cheminot? (Merci à Patrice Juneau pour le filon)

Jeudi 17 Décembre 2009

Je me souviens des «goupilismes»

image Vous vous souvenez de la ministre de la Justice péquiste Linda Goupil? Plusieurs sources certifient que si elle était toujours ministre aujourd’hui, elle serait une grande amie de ce carnet. Elle produisait tellement de perronismes et de perles que certains de ses collègues ministres avaient pris l’habitude de noter les «goupilades» ou les «goupilismes». J’ai déjà évoqué ce sujet ici, mais voici que des «revendeurs» de goupilismes sont sortis de l’ombre pour me refiler du matériel supplémentaire. Voici : après la démission de Lucien Bouchard, Mme Goupil avait parlé de la «chouffe à la courserie» qui suivrait… plutôt que «course à la chefferie». Quand elle sentait une menace, elle soutenait qu’elle avait «une épine de Démocrate au-dessus de la tête». Un jour, relatant une manoeuvre particulièrement perfide des gens d’en face, elle s’est exclamée : «On s’est encore fait fourrer par en arrière!» Une mesure était remise à plus tard? Dans la langue de Goupil, elle était «reportée au calendrier grec». Le ad nauseam des Landry et cie se muait fréquemment chez elle en «ad nauséabonde» dont un exemple a été consigné dans les transcriptions officielles : «On l’a exprimé de façon nauséabonde depuis le début de cette commission», ici et ici aussi. Un dernier? : «Payer rubis sur l’or». (Photo Assemblée nationale)

Mercredi 09 Décembre 2009

Une perle du passé : les cochons d’Yvon Picotte

image Nous sommes en 1991. Titre d’un communiqué du ministre de l’Agriculture de l’époque : «Inauguration des agrandissements du centre d’insémination porcine du Québec: le ministre Yvon Picotte invite les éleveurs à se prévaloir davantage de ses services» Dans la bureaucratie, on s’en souvient comme de la fois où un rédacteur de communiqué a clairement fait passer son ministre pour un cochon. (Merci à Michel Corbeil, du Soleil, qui a retrouvé, en faisant son ménage, un article où il avait révélé la bourde, le 27 mai 1991.) (Photo : Assemblée nationale)

Vendredi 20 Novembre 2009

Les «paroles verbales», un «pléonard»!

image Scott McKay, ce matin, déclarait ce qui suit, à propos des cibles que Québec entend défendre en préparation de la conférence de Copenhague:«Jusqu’à maintenant, nous n’avons que très peu à nous mettre sous la dent et on pourrait reprendre une expression consacrée qui veut que nous n’ayons eu droit aujourd’hui qu’à des paroles verbales.» Mais d’où vient ce perronisme dont Scott Mckay s’amuse? Du PQ! En fait, c’est ce que le livre Fou rire au parlement, de Guy Giguère (Stanké, 2003), nous pousse à croire. Le mardi 19 avril 1994, Jacques Léonard (Photo), alors critique péquiste en matière de Finances, questionne le ministre André Bourbeau. Il commence: «Au-delà des paroles verbales...». Tout le monde éclate de rire. Léonard s’interroge tout haut: «verbeuses, verbeuses?» et complète sa question : «M. le Président, au-delà de ces paroles verbeuses...» Rire encore… puis le reste de la question. Puis, le ministre prend la parole et lance : «M. le Président, en parlant de paroles verbales, le député de Labelle fait des ”pléonards”.» Une réplique que M&M ne renierait pas! (Remarquez la nouvelle catégorie que nous venons de créer : «Nostalgie: perles du passé». Vous pouvez bien sûr nous en suggérer.)

Le Devoir.com
Site Web du Devoir

À propos

Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.

icone rssS'abonner au flux de syndication

Voyager avec Lio Kiefer


Lio Kiefer
Lio Kiefer vous invite au voyage. N’importe quel voyage! Celui dont on rêve, celui qu’on prépare, celui qu’on n’échappe pas.


!-- -->