Mercredi 07 Juillet 2010

Nathalie Normandeau fait une bonnardellerie

image EN REPRISE (publié une première fois le 13 avril 2010) Envoyée au front par le gouvernement pour attaquer son ancien collègue Marc Bellemare, Nathalie Normandeau est très fâchée. Et quand elle est très fâchée, la vice-première ministre a tendance à faire… des bonnardelleries. Exemple: «Marc Bellemare ne peut pas se substituer au-dessus des lois», entendu ce matin à Radio-Canada. Dans ses interventions, elle utilise l’expression «agenda de Marc Bellemare». En français, agenda, c’est un «carnet prédaté sur lequel on peut noter les choses à faire ou déjà faites». Comme celui du premier ministre Jean Charest, où il est sans doute indiqué qu’en 2003, 2004 et peut-être même 2005, il a rencontré Marc Bellemare. Mais au sens où Mme Normandeau l’emploie? C’est un faux ami: 

Lundi 14 Juin 2010

Marois veut-elle l’«impeachment» de Charest?

image On sait que le slogan de Mme Marois concernant la langue de Shakespeare est: «I speak english by mottons but I can débrouille.» Belle démonstration vendredi où on a cru, l’espace d’un instant, qu’elle parlait d’une procédure de destitution du premier ministre: «You know, I said to Mr. Charest: If you renounce to your salary from the Liberal Party and if you accept to impeach… euh empêcher?
Une voix: ...
Mme Marois: ...impeach? - yes, impeach a minister to have a company which will do business with government, we will agree, your project, your law project.»

Comme on le note ici, «impeach» peut être, dans plusieurs contextes, un faux ami risqué.

Mardi 04 Mai 2010

«Dans la droite du Canada»?

image Allez voir ce site de notre cher gouvernement fédéral. Remarquez la signature: «© Sa Majesté la Reine dans la droite du Canada, représentée par le Ministre du Transport, 2010.» L’espion qui m’envoie cet exemple de la langue que Gaston Miron appelait le bilingue m’écrit : «Soit on y parle de Harper, soit la traduction est littérale… Étrange tout de même. Il faut lire la version en anglais pour comprendre ; mais peut-être que la bonne version est finalement la française.»

Mardi 13 Avril 2010

Nathalie Normandeau fait une bonnardellerie

image Envoyée au front par le gouvernement pour attaquer son ancien collègue Marc Bellemare, Nathalie Normandeau est très fâchée. Et quand elle est très fâchée, la vice-première ministre a tendance à faire… des bonnardelleries. Exemple: «Marc Bellemare ne peut pas se substituer au-dessus des lois», entendu ce matin à Radio-Canada. Dans ses interventions, elle utilise l’expression «agenda de Marc Bellemare». En français, agenda, c’est un «carnet prédaté sur lequel on peut noter les choses à faire ou déjà faites». Comme celui du premier ministre Jean Charest, où il est sans doute indiqué qu’en 2003, 2004 et peut-être même 2005, il a rencontré Marc Bellemare. Mais au sens où Mme Normandeau l’emploie? C’est un faux ami: 

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Lundi 07 Décembre 2009

«Impacter» : une horreur qui ignore les lignes de parti

image En 2005, tout le monde s’était moqué de l’utilisation du verbe d’apparition récente, «impacter», dans la bouche du ministre de l’Éducation d’alors, Jean-Marc Fournier (photo): «Ils disent: À partir d’aujourd’hui, pour les cinq autres années, le 103 millions, je vais être impacté, c’est-à-dire que la bourse ne sera plus une bourse, mais un prêt, et donc j’ai un prêt maximum plus grand à payer pendant cinq ans.» On croyait que c’était un avorton, que jamais ce mot horrible ne survivrait. Mais non, les monstres ont la vie dure. «Ils vont être impactés par la crise», disait le péquiste Sylvain Gaudreault, le 6 octobre. Christian Delporte, dans un livre dont je parlais ici récemment, constate le même phénomène en France : «Venu des milieux commerciaux, un mot nouveau a ainsi brusquement surgi courant 2008 dans la bouche des hommes politiques : ”impacter”.» Delporte fait remarquer qu’à l’égard d’impacter, «les clivages partisans ne jouent pas»: tant la gauche que la droite aiment utiliser ce verbe. Le politicien de gauche Jean-Christophe Cambadélis a parlé par exemple d’une crise «qui a impacté les partis socialistes». Au Québec, même contamination: le PQ et le PLQ sont affectés. Comment bloquer l’adoption de ce mot? Des idées?

Samedi 28 Novembre 2009

Faut-il «booster» notre langue française?

image LYON — Jean Charest a de ces transports presque poétiques lorsqu’il célèbre les intéressants Arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM) comme hier à Paris. Désormais, les compétences d’un médecin français seront reconnues plus facilement au Québec et inversement. (Précision: ces ARM n’accordent toutefois pas un droit de travailler et ne dispensent donc pas les professionnels des démarches normales: obtention de permis de travail, etc.) Transports poétiques, donc : «C’est la création d’un nouvel espace de vie pour notre langue française», a déclaré le premier ministre à Paris hier matin. En après-midi, à Lyon, à l’occasion d’une table ronde avec des «chefs d’entreprises» du secteur du développement durable, il reprenait l’argument: «C’est une première mondiale, et nous allons tout faire ça en français.» Derrière Jean Charest, une grande publicité de Entreprise Rhône-Alpes international jurait avec ces beaux élans francophiles : «Boostez votre Export» Un nouvel espace de vie pour notre langue française, disiez-vous, M. le premier ministre? Les Français sont-ils vraiment intéressés à la protection de cette langue qu’ils semblent trouver purement folklorique? Il fallait les entendre parler, hier, ces CEO (comme on les appelle en France), parler de «clusters», de «business». Si la France s’en fout, si tout ce qu’elle veut, c’est devenir anglophone, s’auto-lord-durhamiser, cela vaut-il vraiment la peine, en notre continent, de lutter pour acheter son baguel en français? Bon, me répondra-t-on: il y a des Alain Juppé. Mais ils semblent très rares, isolés.

Mardi 24 Novembre 2009

VLB à l’affût des «perronismes»

image Sympathique courriel de l’écrivain Victor-Lévy Beaulieu : «Jean Perron, à l’émission de télévision L’attaque à cinq de Jean Pagé, en a fait une pas pire pantoute il y a quelque temps. À la question “Comment ça se fait que ça marche pas entre Jacques Martin, le coach des Canadiens, et les joueurs russes?”, l’ineffable a répondu: “Le problème, c’est que Jacques Martin est pas capable de les pénétrer, les joueurs russes!"» Encore cette utilisation ambiguë du faux ami pénétrer.

Mercredi 21 Octobre 2009

Béchard n’est pas resté «coït», il a été «interrompu»

image EN DIRECT DU SALON BLEU : Le ministre Claude Béchard a confondu coite et coït, tout à l’heure, en répondant à une question de Stéphane Bédard. Les débats ont été enrayés en raison de la rigolade généralisée. Reprenant la parole, Claude Béchard a relancé la rigolade en lançant un «j’ai été interrompu». Le président Vallières, déconcerté, a déclaré «il faut souhaiter que les gens qui nous écoutent comprennent ce qui se passe». Après le lapsus du ministre, on les imagine de toute façon, ces téléspectateurs, absents, comme dans une annonce de Cialis… //// Plus tôt, beau pléonasme de la ministre de la Justice Kathleen Weil, qui n’est pas une habituée de ce carnet : «L’évolution du code criminel est un processus évolutif.» Puis, elle a lancé un «faux ami» : «J’anticipe la rencontre de la semaine prochaine» avec ses homologues du reste du Canada. Elle a peur ou elle a hâte?

Mardi 13 Octobre 2009

Les ministres québécois ne sont pas «honorables»

image Peut-être que le ministre fédéral Jean-Pierre Blackburn souhaite redorer son blason auprès de ses homologues de Québec. En tout cas, il a donné du «honorable» à deux de ces derniers, ce matin, à l’ouverture d’une conférence de l’OCDE sur le «développement rural», à Québec. Nathalie Normandeau et Laurent Lessard sont devenus soudainement des «honorables». La ministre des Ressources naturelles à la flagornerie du faux amis : elle a grimacé en se tournant vers son collègue Lessard, à qui elle a lancé une blague du coin de la bouche. Plus tard, le secrétaire général adjoint de l’OCDE, Aart de Geus s’est moqué subtilement de la situation dans son accent hollandais, en remerciant ses hôtes : «Merci, Mme la ministre Normandeau, M. le ministre Lessard et M. le ministre Blackburn… honorable ministre, on dit, hein? Puisque vous êtes du fédéral… Mme Normandeau m’a expliqué que c’est la différence entre la nation et la province. La nation est très honorable. Vous êtes plus proches à la Reine, hein? Alors c’est honorable! ». Sur le site de l’Assemblée nationale, on explique que «honorable» est un anglicisme venant de «honourable» : «Titre donné autrefois aux membres du gouvernement. Cette expression n’est plus accolée au nom des ministres sur les projets de loi et dans le Procès-verbal depuis 1960», peut-on lire. (Photo d’Aart de Geus, OCDE)

Jeudi 08 Octobre 2009

Un candidat libéral effronté

image Reçu, hier, ce courriel du candidat d’Ignatieff Robert David: «Bonjour, Je vous écris afin de m’introduire en tant que candidat libéral dans la circonscription d’Hochelaga.» J’ai eu envie de répondre : «Pas gêné! T’introduire dans quoi exactement, mon bonhomme? On ne se connaît même pas et tu veux déjà t’introduire?» C’est bien beau être bilingue, mais encore faut-il être conscient qu’il y a, quand on passe d’une langue à une autre, ce qu’on appelle des «faux amis». (Créons une catégorie, car le Canada et le Québec sont remplis de ceux-ci...) En français, on se présente, on ne s’introduit pas. (La photo accompagnait le courriel de M. David.)

Jeudi 02 Octobre 2008

Le débat des faux amis

image On se serait cru à la petite école, hier soir, au débat des chefs. «Dites du bien de votre voisin de gauche.» Heureusement qu’il n’y avait pas de bouteille au centre de la table. Ou de caquelon à fondu. Ça aurait dégénéré en échanges de french kisses. Mais le quidam avait prononcé son diktat : «soyez gentils! Aimez-vous les uns les autres.» Et les politiciens ont obéi. C’était une injonction tellement «citoyenne». Le résultat a été «sympa», comme dans «l’idéologie du “sympa”», mise au jour, étudiée et dénoncée par Renaud Camus. C’est le cucul qui triomphe. Ou le kitsch: «On s’aime bien au fond.» Faux! on est des faux amis. Ce qui nous ramène au french language. Quel déluge de faux amis, ce débat. «Département», «fraude». Ben non Stéphane —...Bureau, nous aussi on va vous appeler par votre prénom—, on ne traduit pas «fraud» par «fraude». Vous avez induit Mme May en erreur. «Fraud», c’est «attrape-nigaud», «fumisterie». C’est mon Dictionnaire des faux amis qui le dit. J’ai hâte de voir s’il y aura autant de «gallicism» ce soir. Si oui, ça prouvera qu’on est non seulement «citoyens», mais vachement «métissés».

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À propos

Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.

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Lio Kiefer
Lio Kiefer vous invite au voyage. N’importe quel voyage! Celui dont on rêve, celui qu’on prépare, celui qu’on n’échappe pas.


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