Partick Lagacé se demande quel est le mot de 2008. Bonne question. Mais je vais céder à la tentation d’être chien «un ti peu» : un mot pas trop compliqué, j’espère? Ha! Des blagues Patrick ! Elle était trop tentante. Quelques suggestions : crise, cupidité «adossée à des actifs», «l’économie, oui», «récession». On l’oublie, mais l’obsession économique s’était manifestée au Québec dès janvier lors d’un caucus du PLQ à Sherbrooke. J’avais alors demandé au ministre Raymond Bachand de définir le mot récession. Ça l’avait mis dans tous ses états. «Antoine, si on n’était pas là, tu sais ce que je te dirais, hostie ! Deux trimestres consécutifs… C’est niaiseux, c’est comme le prix des pintes de lait, criss, c’est quoi, ce genre de politique-là ? Appelons un chat un chat.» Son collègue Alain Paquet, économiste et député de Laval-des-Rapides, avait offert une réponse plus mesurée et informée.
Rédigé par Antoine Robitaille le Mardi 23 Décembre 2008 à 21h05
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J’avais une impression, depuis quelques années, que le mot «province» et les membres de sa famille comme l’adjectif «provincial» avaient fait un retour en force dans notre vocabulaire. C’était pour moi frappant à Radio-Canada, mais aussi dans les pages des journaux où l’expression «politique provinciale» est plus présente que jamais depuis les années 80. (Un retour de «province», au moment même, pourtant, où Ottawa reconnaissait le Québec comme «nation».) Même la plate, vieillotte et folklorique expression «La Belle Province», chassée de nos plaques minéralogiques en 1978 pour faire place au superbe «Je me souviens», me semblait revenir dans le vocabulaire; surtout chez les jeunes journalistes (pendant un temps, il n’y avait que les journalistes français qui l’utilisaient). Eh bien j’ai «enquêté». Et c’est plus qu’une impression, mais un fait. Du moins si l’on se fie à l’augmentation constante de la fréquence de l’expression «La Belle Province» dans La Presse et dans le Devoir. J’ai passé les archives au peigne fin grâce à Eureka. Voici les résultats de 1988 à aujourd’hui : 1988: 21, 1998 : 71, 2008: 138. En 2004, on a atteint un sommet de 181 occurences du mot. (la photo vient du site d’eBay où les amoureux de l’expression peuvent acheter une vieille plaque en souvenir...)
Rédigé par Antoine Robitaille le Dimanche 21 Décembre 2008 à 14h51
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Le nouveau ministre de la Famille, Tony Tomassi, fera, grâce à sa manière de s’exprimer, souvent la manchette de ce carnet, je le sens. Le jour de son assermentation cette semaine, un journalliste lui a demandé pourquoi il allait «faire un bon ministre de la Famille». Sa réponse : «Écoutez, je vais faire mon possible sur la charge que M. Charest m’a accordée aujourd’hui. J’espère pouvoir lui rendre le retour de cette confiance qu’il m’accorde.» Comment on «rend un retour»?
Rédigé par Antoine Robitaille le Vendredi 19 Décembre 2008 à 12h39
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Jean Charest vient d’utiliser l’expression! Ajout du 23 12 08: Je ne peux m’empêcher de penser ce que ça doit évoquer à des oreilles françaises. L’impression d’entendre un partisan de Vichy !
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 18 Décembre 2008 à 10h54
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Lors de la cérémonie d’assermentation des libéraux, hier, Jean Charest a dit vouloir «minimiser les rivalités partisanes» au sein du nouveau parlement. Pourquoi donc? Se serrer les coudes. Étant donné l’«opposition forte» que les Québécois ont placé en face de lui, il a fait l’éloge du «choc des idées [...] nécessaire à notre démocratie». Nous allons travailler ensemble», a-t-il promis. Autrement dit, on est à l’ère de la «collaboration», mot utilisé depuis le soir du 8 décembre. C’est d’ailleurs cohérent avec ce que M. Charest a annoncé pendant la campagne; c’est-à-dire qu’il avait, par exemple, tiré les leçons de mars 2007, soit qu’il lui fallait davantage consulter avant d’agir. Mais vous y croyez vraiment, vous, à ce nouvel esprit de «collaboration»?
Rédigé par Antoine Robitaille le Mercredi 17 Décembre 2008 à 11h27
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Les deux transfuges de l’ADQ, Pierre-Michel Auger (Champlain) et André Riedl (Iberville), qui avaient été acueillis dans la «famille libérale» sous le signe de l’inclusion ont finalement été exclus par la population, ce soir. Mais c’est clairement sous le signe de l’inclusion que le chef libéral a placé le début de son mandat. «Cette merveilleuse année du 400e nous a rappelé chaque jour que ce qui nous rassemble est infiniment plus grand que ce qui peut nous diviser.» «Je veux également ce soir tendre la main» à l’opposition. Bien hâte de voir ce que cela donnera.
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 08 Décembre 2008 à 23h37
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Pauline Marois est-elle influencée par Régis Labeaume? «VRAIMENT, JE LE FRAPPERAIS», a-t-elle dit à propos de Jean Charest hier lors d’une interview de fin de campagne à Jocelyne Richer de la Presse canadienne. Mme Marois a aussi accusé Jean Charest «de mentir de façon éhontée à la population, voire d’afficher peu de respect pour la démocratie». Elle dit ne pas pouvoir «tolérer la condescendance manifestée à son endroit». «Il veut me faire passer pour une deux de pique», a-t-elle aussi déploré. Un peu plus et elle lançait un je vais lui en «câlisser une dans le front», pour reprendre une autre formule de Régis Labeaume. Pourquoi tant de haine et de violence chez nos élus?
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 08 Décembre 2008 à 14h11
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«Il faut qu’elle s’occupe de la demeure parfois» : voilà comment André Ménard, président de la Commission de la construction du Québec, a expliqué l’absence de Michèle Dionne, l’épouse de Jean Charest, lundi, à Montréal, au Centre Mont-Royal. Le chef libéral était allé prononcer un discours électoral (se servant ainsi d’une tribune offerte par un organisme public qui relève du ministère du Travail, mais ça c’est une autre histoire...) et M. Ménard présentait son «invité de marque». Arrivée à la fin du discours, Mme Dionne a refusé de commenter la phrase malhabile de M. Ménard. «Je ne l’ai pas entendue», a-t-elle dit au Devoir.
Rédigé par Antoine Robitaille le Jeudi 04 Décembre 2008 à 11h43
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Perles, lapsus, peronneries et perronismes •
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Avons-nous trop «dépolitisé» la gestion publique au Québec? Depuis quelques jours, c’est assez frappant dans la campagne de Jean Charest. On parle de la Caisse de dépôt? Le premier ministre n’a pas les chiffres. On a rendu la caisse indépendante du politique. M. Charest peut dire qu’il ne sait rien. La hausse possible des tarifs de la SAAQ? En vertu de la loi 55 adoptée par le gouvernement libéral, la SAAQ est fiduciaire public du Fonds d’assurance automobile du Québec. Cette loi visait à «dépolitiser» le processus visant à fixer les coûts des permis de conduire et exclure la SAAQ du périmètre comptable du gouvernement du Québec qui, dans les 20 dernières années, s’était parfois permis de piger dans ses surplus pour augmenter ses revenus. M. Charest peut donc dire, comme il l’a fait lundi, que ce n’est pas lui qui fixe les coûts des permis. Il en va de même des tarifs d’électricité. (la photo provient du http://etienne.chouard.free.fr)
Rédigé par Antoine Robitaille le Mardi 02 Décembre 2008 à 21h38
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Visite de l’entrepôt des Vergers Leahy, dans Huntington, compagnie qui transforme des pommes (elle fait notamment des compotes). Jean Charest badine et nous rappelle, au détour d’une phrase d’une petite allocution, que Québec encourage l’achat des produits alimentaires faits au Québec. En rentrant dans l’autobus, je me précipite, avec le collègue Tommy Chouinard, vers le garde-manger du bus et oh surprise, il y a de la compote, mais c’est de la Motts ! Les concurrents américains. Grosse histoire, je le sais. Vous êtes impressionnés, je le sens. (Merci à Michel Hébert pour la photo.)
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 01 Décembre 2008 à 20h20
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Au terme d’un point de presse ce matin, j’ai fait remarquer rapidement à M. Charest — qui a encore utilisé l’exemple des Gaulois ce matin dans son discours à la Commission de la construction du Québec — qu’il n’y a que dans Asterix que les Gaulois ont résisté, au moins dans un village, à l’envahisseur. Alors que voulez-vous dire?, ai-je lancé. Sa réponse: «Notre histoire à nous, elle date de 400 ans, mais notre histoire à nous n’est pas finie. Celle des Gaulois, elle est peut-être datée, mais la nôtre, elle continue.» Si vous comprenez quelque chose, écrivez-moi.
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 01 Décembre 2008 à 14h24
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