Dans une assemblée délibérante près de chez vous

imageUn citoyen adepte du parlementarisme d’inspiration britannique s’est dit «incommensurablement furibard, et même plus», de la décision du gouvernement du Canada de remettre à plus tard la reprise des travaux de la Chambre des communes et du Sénat.
Le citoyen, qui estime consacrer approximativement 98 % de son temps à «l’exercice démocratique entre deux scrutins uninominaux à un tour», croit que la suspension des activités à Ottawa est très nuisible à sa propre santé mentale, physique et politique. «Sans mon feuilleton des avis, sans mes questions orales, sans mes travaux des subsides, sans mes affaires émanant des députés, sans mes adoptions de rapports de comités, je suis supposé faire quoi, moi? Attendre en regardant un autre poste que CPAC? C’est intolérable. Je suis en sérieux manque de fédéral», a-t-il déclaré.
Le citoyen a tout de même reconnu que la situation lui avait permis d’enrichir son vocabulaire. «Auparavant, je croyais que “proroger” signifiait “en faveur de Roger”, et je me demandais de quel Roger il pouvait bien s’agir puisque les deux seuls que je connais, Federer et Goodell, appartiennent au merveilleux monde du sport et non à celui du service public. Maintenant, tout s’éclaire», a-t-il commenté.
Le citoyen, un «inconditionnel du bicaméralisme» selon ses propres termes, possède bien une collection sur cassettes Beta des meilleurs moments de l’étude des crédits budgétaires en traduction simultanée, mais cela ne lui suffit pas. «C’est du vieux stock, et je veux du neuf», a-t-il mentionné. «Or chacun sait qu’il n’y a personne comme des politiciens pour proférer des nouveautés.»

  Vos commentaires

  1. Haha, dur à croire que je peux lire tout ça sans avoir à payer. Vous avez une fondation pour vos vieux jours, comme Boucar Diouf? J’y mettrais peut-être quelques faux billets.

  2. Votre citoyen peut toujours se rabattre sur c-span. Les débats au sénat ou à la chambre des représentants des nos voisins du sud sont incommensurablement plus dense que ceux des communes.

    Il va en voir du neuf, du dix même, et cela jusqu’à plus soif. Tout pour satisfaire son bicaméralisme d’amour. Faut dire que c’est pas inqu’une démocratie, comme disait Alexis. C’est une république itou.

    Évidemment, les chiffres sont un peu plus gros, mais il va en avoir pour son argent, plein la vue le citoyen.

    Il va voir avec ses yeux chastes des projets de loi de 1001 pages ou plus. Épais. De quoi l’occuper.

    Voir aussi des représentants qui ont 2 minutes pour témoigner de leur compréhension du projet débattu, de la pertinence de leur position, pour formuler aussi des amendements, et montrer qu’ils sont juste là pour servir…

  3. Ah, ça me rappelle votre chronique du samedi… Vive votre carnet, qui nous ramène ainsi ce que j’appellerais presque «le bon vieux temps».

  4. J’aimerais bien que proroger veule seulement dire en faveur de Roger !

  5. Petite suggestion d’entrée au Vindictionnaire:

    puecthre: n.f. (v. muechtre):

    Émanation nauséabonde qui émane de l’haleine d’un premier ministre conservateur fédâral quand celui-çi annonce qu’il contourne impunément et sans vergogne qu’il contourne les règles parlementaires, institutionnelles et constititutionnelles, et dans le résidu de laquelle le citoyen-cochon de payant reste collé jusqu’au moment du bon-vouloir de ce premier minsitre. Syn.: dictature.

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Il est paradoxal qu'un outil aussi postmoderne que le blogue serve à diffuser une certaine nostalgie? Pas grave, on s'assume. Jean Dion, irrécupérable supporter du passé, se penche sur le temps qui fuit, inexorablement, mais qu'il aime pareil parce que ce n'est pas de sa faute (au temps, pas à Jean Dion).

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