Mercredi 10 Mars 2010

L’heure des quilles

Les trois choses les plus difficiles dans la vie, disait Teilhard de Chardin, sont: 1. Convaincre l’humanité de vivre en paix; 2. Établir une théosophie longitudinale englobante qui se tienne; 3. Réussir une réserve après une trouée qui n’a laissé debout que les quilles 7 et 10.
Voici donc Brian Voss, l’un des grands de l’histoire, à l’œuvre. Je ne sais pas s’il pourrait accomplir les deux premiers éléments de la trilogie, mais l’analyste vous certifiera que son exploit est, oui oui, incroyable.
À part ça, question bowling, si vous n’avez pas vu The Big Lebowski, courez full pin, dans le sens de, au club vidéo. Kingpin est aussi pas mal.

Dimanche 28 Février 2010

En guise de conclusion…

Résumer toute l’effervescence de Vancouver 2010 en deux mots, est-ce possible? Mettez-en.

Samedi 27 Février 2010

Canada-États-Unis, dans le temps…

Sous les yeux d’Adolf Hitler, le Canada et les États-Unis s’affrontent lors du dernier match du tournoi de hockey olympique à Garmisch-Partenkirchen, en 1936. Le Canada l’emporte 1-0, ce qui permet à… la Grande-Bretagne de décrocher la médaille d’or. L’équipe britannique comprend un seul joueur né au Canada, mais la plupart de ses effectifs ont grandi et ont joué dans le berceau du hockey. Il s’agit du deuxième podium de l’histoire pour la Grande-Bretagne au hockey sur glace, après le bronze à 1924 à Chamonix. Le pays a participé en hockey aux Jeux d’hiver suivants en 1948, mais on ne l’y a plus revu depuis. À Garmisch, le Canada prend l’argent et les USA le bronze.

Et une curiosité: Australie-Japon, à Squaw Valley en 1960. Le Japon s’est fait rosser 19-1 par le Canada et 19-0 par la Suède au premier tour, mais il prend sa revanche en servant aux Australiens des corrections de 13-2 et 11-3. Au total, l’Australie marque 10 buts et en concède 87.

Jeudi 25 Février 2010

O’Katarinabellatsointsoin

imageQui donc peut bien avoir oublié la belle Katarina Witt? Aux Jeux de Calgary en 1988, la grande patineuse est-allemande, qui a déjà séduit tout le monde avec son sourire, épate la galerie en livrant un parcours sans faille au programme libre sur la musique de l’opéra Carmen de Georges Bizet. Cela lui vaut une deuxième médaille d’or consécutive puisqu’elle était aussi montée sur la plus haute marche du podium à l’âge de 18 ans seulement, quatre ans plus tôt à Sarajevo. Dans toute l’histoire, seules Witt et la Norvégienne de légende Sonja Henie ont été en mesure de défendre leur titre avec succès. Henie a triomphé en 1928, 1932 et 1936.
À Calgary, on assiste à la «bataille des Carmen» puisque la principale rivale de Witt, l’Américaine Debi Thomas, a choisi la même musique. (Thomas termine 3e, la Canadienne Elizabeth Manley parvenant à s’emparer de l’argent à la surprise générale.) Du côté des hommes, c’est plutôt la «bataille des Brian», alors que l’Américain Brian Boitano devance le Canadien Brian Orser.
Katarina Witt est fréquemment évoquée comme celle qui a lancé une nouvelle ère pour le patinage artistique en lui donnant un côté glamour.

Mercredi 24 Février 2010

Un long règne s’amorce

imageArrivée dans le mouvement olympique en 1952, l’URSS participe à ses premiers Jeux d’hiver à Cortina d’Ampezzo, en Italie, en 1956. Elle fait un carton dès le départ, terminant au sommet du classement des médailles avec 16, et remporte l’or au hockey. C’est le début d’une longue domination qui verra le pays, avec ses «faux amateurs», conquérir le titre olympique huit fois en 10 tentatives (si on inclut l’Équipe unifiée de 1992) et ne jamais rater le podium.
Cette vidéo montre des extraits des deux derniers matchs des Soviétiques en 1956, des victoires de 4-0 contre les États-Unis et de 2-0 contre le Canada, ceux-ci mettant la main sur l’argent et le bronze, respectivement. Dans l’équipe gagnante, on retrouve le grand Vsevolod Bobrov, qui sera l’entraîneur-chef de l’URSS lors de la Série du siècle de 1972.
Le Canada est représenté par les Dutchmen de Kitchener-Waterloo, à l’époque champions en titre de la coupe Allan remise à la meilleure équipe non professionnelle au pays. En fait partie Denis Brodeur, le père de Martin (médaillé d’or en 2002 à l’occasion d’un premier titre pour le Canada en 50 ans), qui deviendra photographe de sport émérite. C’est le gardien de but gaucher réserviste qu’on voit brièvement sauter sur la glace à 2:28 de la vidéo.
Il est à noter que Montréal avait été candidate à l’obtention des Jeux d’hiver de 1956, mais avait terminé deuxième loin derrière Cortina.

Mardi 23 Février 2010

Wunderbar

imageAux Jeux de St-Moritz en 1948, le Suédois Ake Seyffarth remporte la médaille d’or du 10 000 mètres de patinage de vitesse longue piste avec un chrono de 17 min 26 sec 3, à deux secondes du record olympique de l’époque. Pour se donner une idée du chemin parcouru, Seyffarth terminerait aujourd’hui à près de… cinq minutes de la marque mondiale, établie en 2007 par le Néerlandais Sven Kramer: 12 min 41 sec 69. À noter le bon vieux chronomètre manuel…

Lundi 22 Février 2010

Fortuna fortuné

imageAux Jeux de Sapporo en 1972, un jeune homme sort de nulle part pour causer l’une des plus grosses surprises de l’histoire de sa discipline. Le Polonais Wojciech Fortuna, 19 ans, effectue un premier saut de 111 mètres du grand tremplin qui lui permettra, en dépit d’un deuxième envol beaucoup plus modeste, de décrocher le titre olympique. Il s’agit de la seule médaille d’or de la Pologne aux Jeux d’hiver à ce jour. 6e au petit tremplin à Sapporo, Fortuna n’avait jamais fait mieux qu’une 18e place en compétition internationale avant son exploit, et n’a pas réalisé mieux qu’une 10e place après. Mettons qu’il a bien choisi son moment.
On notera que la technique de départ du saut à ski a pas mal changé. Attention de ne pas faire le saut, dans le sens de, quand il s’élance en piste sur un bruit de métal un peu inquiétant…

Dimanche 21 Février 2010

Croyez-vous aux miracles?

imageLe 22 février 1980, il y a 30 ans jour pour jour lundi, survient l’un des moments les plus improbables de toute l’histoire du sport. Dans l’amphithéâtre de Lake Placid, les États-Unis affrontent l’URSS dans leur avant-dernier match du tournoi à la ronde de hockey. D’un côté, une bande de collégiens, dirigés par Herb Brooks, inconnus mais inspirés; de l’autre, la plus puissante machine de hockey au monde. Inspirés? Les Américains l’emportent 4-3 et, après une victoire ultime contre la Finlande, gagnent la médaille d’or et accomplissent ce qui passera à la postérité comme le «Miracle On Ice». La description de la joute est assurée par Al Michaels, qu’on retrouve sur NBC à Vancouver après une absence olympique de 22 ans, qui lance avec trois secondes à jouer le cri le plus célèbre de l’histoire du sport télévisé: «Do you believe in miracles? Yes!». Ken Dryden, à l’analyse, ajoute: «Unbelievable!».
En 2000, le match a été nommé l’événement sportif le plus important du XXe siècle aux États-Unis. La Fédération internationale de hockey reconnaît pour sa part la victoire des USA comme le plus grand exploit de l’histoire du hockey international. Le 3 mars 1980, la page frontispice de Sports Illustrated consacrée à l’événement est la seule du magazine, en plus d’un demi-siècle d’existence, à ne porter aucun titre. Trois décennies plus tard, on en a encore des frissons.

La bande-annonce du film Miracle, réalisé en 2004, avec Kurt Russell, excellent, dans le rôle de Brooks.

Samedi 20 Février 2010

Hasek et mat

imageEn 1998 à Nagano, les joueurs professionnels de la Ligue nationale de hockey sont admis aux Jeux olympiques pour la première fois. Le gardien Dominik Hasek, alors avec les Sabres de Buffalo, connaît un tournoi phénoménal et, à la surprise générale, conduit la République tchèque à la médaille d’or. Avec son style bien à lui — «le style libre» pour reprendre l’expression de Gilles Tremblay —, le Dominator n’accorde que 6 buts en 6 matchs et s’offre coup sur coup le Canada en demi-finale (2-1 après une séance de tirs de barrage mémorable au cours de laquelle l’entraîneur Marc Crawford laisse Wayne Gretzky sur le banc), et la Russie, qu’il blanchit 1-0 en finale. Le Canada n’accède pas au podium, défait 3-2 par la Finlande dans la joute pour la médaille de bronze.
En 2002 à Salt Lake City, les Russes remettent la politesse à Hasek et ses coéquipiers en les battant eux-mêmes 1-0 en quart de finale. Dans la vidéo, on aperçoit notamment l’entraîneur-chef tchèque Ivan Hlinka, qui a perdu la vie dans un accident de la route en 2004.

Vendredi 19 Février 2010

Le premier boss des bosses

imageAux Jeux d’hiver de 1992 à Albertville, le Français Edgar Grospiron remporte chez lui, sous une neige abondante, l’épreuve des bosses. Le ski acrobatique fait alors son entrée en compétition officielle, alors que les sauts sont encore en démonstration, de même que le ballet à ski, dont ce sera la seule présentation. À Albertville, Jean-Luc Brassard termine en 7e place, lui qui gagnera l’or deux ans plus tard à Lillehammer. Il y a trois semaines, Grospiron, aujourd’hui âgé de 40 ans, a été nommé directeur général du comité de candidature d’Annecy pour l’obtention des JO d’hiver de 2018. La ville savoyarde fait face à Munich et à PyeongChang, en Corée du Sud. La gagnante sera connue l’an prochain.

Jeudi 18 Février 2010

Fantaisie sur glace

imageQuelques mois avant les Jeux olympiques de Berlin qui passeront à l’histoire par les bons soins de Jesse Owens, l’Allemagne reçoit les Jeux d’hiver à Garmisch-Partenkirchen en 1936. En patinage artistique, le couple formé de Maxi Herber et Ernst Baier, représentant le pays hôte, remporte la médaille d’or (Baier gagne aussi l’argent en solo). On peut prendre la mesure de l’évolution de la discipline sur trois quarts de siècle en comparant ce qu’on voit dans cette vidéo à ce qui se fait des nos jours…

Mercredi 17 Février 2010

Deutsche Demokratische Republik

imageAh, le bon vieux temps de cette manufacture d’athlètes qu’était l’Allemagne de l’Est… Aux Jeux de Sarajevo, en 1984, la République «démocratique» allemande, 16 millions d’habitants, avait chauffé la puissante URSS en remportant une seule médaille de moins (24 contre 25) et avait conquis le plus grand nombre de titres olympiques avec neuf. Deux de ceux-là avaient été réalisés en bobsleigh, les équipages de deux et de quatre menés par Wolfgang Hoppe. (À noter, l’autre bob est-allemand avait gagné les deux médailles d’argent.)
Et question de RDA, si vous n’avez pas vu le film Good Bye Lenin!, courez vite au club vidéo…

Mardi 16 Février 2010

L’hiver apprivoisé

De TRÈS précieuses images des Jeux des XII premières olympiades d’hiver.

Balais et brosses

Le curling figurait au programme officiel des premiers Jeux olympiques d’hiver, à Chamonix en 1924, mais il n’y est pas resté longtemps. On le retrouve comme sport de démonstration à Lake Placid, en 1932, puis il disparaît pendant plus d’un demi-siècle. En démonstration en 1988 et 1992, il redevient discipline à plein titre en 1998, à Nagano.
On peut voir ici à quoi ressemblait le curling en 1924. Hé, il était même possible d’y jouer la pipe au bec…

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À propos

Il est paradoxal qu'un outil aussi postmoderne que le blogue serve à diffuser une certaine nostalgie? Pas grave, on s'assume. Jean Dion, irrécupérable supporter du passé, se penche sur le temps qui fuit, inexorablement, mais qu'il aime pareil parce que ce n'est pas de sa faute (au temps, pas à Jean Dion).

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