La passe que Jeffrey Loria et David Samson ne sont pas parvenus à faire à Montréal en se faisant construire un stade tout neuf pour les Expos avec des fonds publics, ils l’auront réussie en Floride. Big time, à part ça. Scandaleux.
Le voltigeur des Giants de New York Bobby Thomson, décédé hier à l’âge de 86 ans, aurait sans doute sombré dans l’oubli s’il n’avait été l’auteur du coup de circuit le plus célèbre de toute l’histoire du baseball. Le 3 octobre 1951 a lieu le match décisif d’une série 2 de 3 entre les Giants et les Dodgers de Brooklyn au Polo Grounds, dans le nord de Manhattan. L’équipe qui le remportera sera couronnée championne de la Ligue nationale et affrontera les Yankees de New York en Série mondiale.
Les Dodgers mènent 4-2 en fin de 9e manche lorsque Thomson se présente au bâton avec deux coureurs sur les buts et un retrait. Il en dévisse une dans les gradins du champ gauche et passe à la postérité non seulement par sa frappe, qui deviendra «The Shot Heard ‘Round the World», mais aussi, et peut-être surtout, par la réaction du descripteur Russ Hodges, qui scande quatre fois «THE GIANTS WIN THE PENNANT!».
Incidemment, la balle n’a jamais été retrouvée, et si plusieurs personnes ont prétendu l’avoir en leur possession, aucune preuve n’a été établie. La longue introduction de l’excellent roman Underworld, de Don DeLillo, se déroule dans le stade le jour du match, et la balle du circuit de Thomson sert justement de fil conducteur à l’ensemble du récit.
Il s’appelle Masato Akamatsu, et voilà ce qu’on appelle en voler une. On aurait aimé entendre Rodger Brulotte décrire le jeu… (Merci à David M. pour le lien.)
Ne faisons pas preuve d’une modestie excessive lorsque la situation le commande. Ça fait quand même comme un petit velours dans la région lorsqu’une publication aussi prestigieuse que Sports Illustrated affiche un hyperlien qui mène directement chez vous. (Attention, madame court vêtue en haut de page. Le lien est dans la deuxième section, «Old-School Baseball».)
Soit dit en passant, Annakin Slayd a réalisé une autre vidéo sportive, en hommage au Canadien celle-là.
Rédigé par Jean Dion le Vendredi 06 Août 2010 à 16h18
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Un festivalier s’est dit l’autre jour «outré» de la «radicale insuffisance du nombre» de festivals présentés au Québec.
À l’aide de graphiques avec points de repère et de courbes de tendance, le festivalier a en effet établi que pendant près de deux jours, entre le 6 décembre à 18h, moment de la fin du Festival de la mouche noire du lac Perdu, et le 8 décembre à midi, quand démarre le Festival de la congère émergente de Saint-Profond, aucun festival n’était en cours à travers la province. Zéro. Nicht. Nada. Le désespérant calme plat.
Le festivalier a tenu à prévenir qu’il n’avait pas personnellement mené l’étude parce qu’il était occupé à festoyer, mais que ses résultats ne sauraient être contestés.
«Ça n’a aucun maudit bon sens. Qu’est-ce que je suis censé faire, moi, pendant ces presque 48 heures de vacuité festive? Me replier en position fœtale et attendre le prochain festival? Ce n’est pas mon genre. J’adore côtoyer une foule festivalière», a déclaré le festivalier, qui a précisé qu’il n’entrait pas dans ses habitudes de se fâcher parce qu’il est généralement d’humeur plutôt festive.
Le festivalier a expliqué que s’il aimait autant les festivals, c’est que le «regroupement d’événements dans un cadre festif» apporte «une valeur ajoutée à la fête» tandis qu’un événement présenté isolément «ne suscite aucun sentiment de festivités».
Le festivalier a indiqué que, question de pallier la radicale insuffisance, il songeait à lancer son propre festival. «Il y a tellement de choses à fêter», a-t-il conclu.
Rédigé par Jean Dion le Vendredi 30 Juillet 2010 à 16h37
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Vraies affaires •
À l’occasion de l’intronisation au Temple de la renommée du baseball d’Andre Dawson, offrons aux amateurs de balle, et il en reste, un petit voyage dans le temps. Remember est un clip du chanteur de rap et de hip-hop montréalais Annakin Slayd qui nous replonge dans les belles années de nos Expos. La mélodie est celle de la pièce Gathering Crowds, le mythique générique de fermeture de l’émission This Week In Baseball. «Those were the days», entend-on. Mettez-en.
Il y a plusieurs années, les journaux d’ici s’étaient amusés à publier la photo d’une caisse, qui était arrivée au port de Montréal si ma mémoire ne me joue pas de tours et qui portait l’inscription «Made in Turkey / Fabriqué en dinde». Or il faut croire qu’aujourd’hui encore, les traductions absurdes et les coquilles cocasses sont à la mode dans la présentation d’un produit. En témoigne la section du site du magazine Protégez-vous intitulée «Hein?». Des heures et des heures de franche rigolade.
Se mettre dans le pétrin, au golf, est chose courante. S’en sortir avec panache l’est moins. Mais voilà l’exploit qu’a accompli l’Espagnol Miguel Angel Jimenez le week-end dernier à l’Omnium britannique. Pas d’espace pour un élan qui a de l’allure? Pas de problème…
George Steinbrenner, le propriétaire des Yankees de New York décédé ce matin à l’âge de 80 ans, était un personnage pas mal plus grand que nature. Vénéré par les uns pour avoir remis à flot la prestigieuse franchise qui traversait une dure période dans les années 1970, honni par les autres pour avoir détruit l’équilibre de la compétition par ses dépenses inconsidérées, celui que l’on surnommait simplement «The Boss» a toujours fait les choses à sa guise, ce qui voulait souvent dire de manière flamboyante.
Parmi ses gestes d’éclat, on compte bien sûr l’embauche et le congédiement à cinq (5) reprises de Billy Martin comme gérant de l’équipe, entre 1975 et 1988. La relation tumultueuse entre les deux hommes ne les avait cependant pas empêchés de tourner ensemble un commercial pour la bière Miller Lite. À l’époque, la campagne publicitaire du brasseur mettait en scène des vedettes sportives qui débattaient des deux qualités de la boisson, dont on allait apprendre peu après dans des annonces faites pour le Québec qu’il s’agissait de «bon goût» et de «moins bourrative».
On avait déjà diffusé un premier spot où Steinbrenner et Martin ne s’entendaient pas, et qui se terminait par le propriétaire qui dit «tu es congédié» et le gérant qui répond «pas encore...». Et lorsque Martin a été réembauché, on a ajouté «tu es engagé» en surimpression. De la très grosse pub du bon vieux temps.
Voici comment les commentateurs de la radio espagnole ont accueilli le but vainqueur d’Andres Iniesta à la 116e minute de la finale de la Coupe du monde dimanche contre les Pays-Bas. Malheureusement, l’histoire ne dit pas combien ils étaient dans le studio…
On remarquera que le filet de Dennis Bergkamp en 1998 contre l’Argentine, l’un des plus spectaculaires de l’histoire, est accompagné de l’une des réactions de descripteur — en l’occurrence Jack van Gelder, du réseau NOS — les plus spectaculaires de l’histoire (vidéo reprise ci-bas). Conseil: mettez le son pas trop fort ou portez des écouteurs si vous ne voulez pas que vos voisins pensent qu’on est en train d’égorger quelqu’un chez vous.
Mauvais augure pour la Mannschaft. Paul la pieuvre, un poulpe qui séjourne à l’aquarium d’Oberhausen, en Allemagne, a jusqu’à maintenant prédit correctement l’issue de chacun des matchs de la sélection allemande à la Coupe du monde 2010. Or voici qu’en vue de la demi-finale de mercredi, il choisit l’Espagne.
Ceux qui ont vu Asamoah Gyan rater un penalty qui aurait assuré la victoire du Ghana et son passage aux demi-finales, vendredi, ont pu prendre la mesure de son désarroi, que dis-je, de sa détresse. Un tel enjeu au bout du pied. Mais il n’est pas le premier à connaître un tel destin, et il ne sera pas le dernier.
Le 17 juillet 1994, la finale de la Coupe du monde oppose le Brésil à l’Italie au Rose Bowl de Pasadena, en Californie. C’est 0-0 à l’issue du temps réglementaire et de la prolongation, et on passe aux tirs de barrage. Après quatre tentatives de chaque côté, la Seleçao mène 3-2, et l’attaquant étoile de la Squadra Azzurra Roberto Baggio doit absolument marquer pour garder son équipe en vie.
Et pourtant. Et pourtant, Baggio est l’un des meilleurs joueurs de sa génération. L’année précédente, il a remporté le Ballon d’or de la FIFA remis au meilleur joueur au monde, rien de moins. Dans ce tournoi de 1994, il a déjà inscrit cinq buts, tous en matchs à élimination directe.
À noter que l’auteur de ce qui deviendra le but gagnant dans cette séance de tirs (qui démarre à 2:37 de la vidéo) est le défenseur et capitaine Dunga, qui était sélectionneur du Brésil à la présente Coupe du monde.
Créé à la fin des années 1960 à l’Ajax Amsterdam, le concept de «football total» désigne une stratégie fondée sur la permutation des joueurs. Aucun n’a de position attitrée, et lorsque l’un quitte son poste, il s’en trouve immédiatement un autre pour l’y remplacer. Le système requiert énormément de discipline et de cohésion collective, mais il a de quoi rendre folles les défenses…
Après avoir contribué à de nombreux succès pour l’Ajax, le football total atteint son apogée alors que la sélection des Pays-Bas accède à la grande finale de la Coupe du monde deux fois de suite, en 1974 et en 1978. Mais les Oranje s’inclinent chaque fois devant le pays hôte, d’abord l’Allemagne de l’Ouest puis l’Argentine.
La vidéo du haut renferme les meilleurs moments des Néerlandais au Mondial de 1974 et les faits saillants de la finale. Un excellent aperçu du football total nous est donné à compter de 4:57 lorsque l’attaquant étoile Johan Cruyff (14) reçoit le ballon alors qu’il est en dernière ligne et fonce jusqu’au but où il soutire un penalty. Les Pays-Bas ont amorcé ce match avec une séquence d’une quinzaine de passes (début de la vidéo du bas), et les Allemands n’avaient pas encore touché au ballon qu’on en était déjà à la deuxième minute de jeu et qu’ils tiraient de l’arrière 1-0. Ils l’emporteront 2-1.
Il est paradoxal qu'un outil aussi postmoderne que le blogue serve à
diffuser une certaine nostalgie? Pas grave, on s'assume. Jean Dion,
irrécupérable supporter du passé, se penche sur le temps qui fuit,
inexorablement, mais qu'il aime pareil parce que ce n'est pas de sa
faute (au temps, pas à Jean Dion).