Jeudi 11 Mars 2010

Musique en ligne et droits d’auteur: Pink Floyd remporte une première victoire, mais pas la guerre

image La décision aura été rapide. Un tribunal londonien vient de donner gain de cause à la formation rock psychédélique Pink Floyd qui est en conflit ouvert avec sa maison de disque EMI au sujet des droits versés pour la vente de sa musique en format numérique. La mise en marché des albums en ligne, pièce par pièce, plutôt que dans leur intégralité, est en partie au coeur du litige, comme nous en parlions ici. Le contrat signé entre la maison et le groupe en 1967 forçait «la préservation de l’intégrité artistique des albums», chose nécessaire pour des albums comme The Wall, entre autres, conçu pour être appréhendé comme un tout.
La BBC qui suit le dossier de très près rapporte qu’EMI ne concède toutefois pas la victoire pour autant aux Floyd. Par voie de communiqué, l’entreprise a annoncé en effet que la décision du juge ne signifie pas pour autant la fin de la mise en vente des oeuvres de Pink Floyd en format numérique dans l’immédiat. «La Cour s’est penchée cette semaine sur l’interprétation de deux points liés à la vente de musique de Pink Floyd en format numérique, peut-on lire. Mais elle y a encore d’autres arguments à entendre et le dossier va encore suivre son cours pendant quelque temps.»

T’es où? Sur Facebook!

image Pour certains, c’est la suite normale des choses. Pour d’autres, c’est l’annonce du pire à venir: dans les prochains mois, le réseau de socialisation Facebook devrait permettre à ses 400 millions d’usagers — ça, c’est 57 fois la population du Québec! — de partager une nouvelle information par «status» interposés: l’endroit précis où ils se trouvent dans l’espace et le temps et ce, par l’entremise d’une application de géolocalisation.
C’est le New York Times qui l’a appris de sources sûres. Le dévoilement de cette nouvelle fonction devrait être faite fin avril lors de la rencontre annuelle des hauts placés de l’empire du réseautage numérique avec les développeurs de programmes — le f8 pour les intimes — organisée cette année à San Francisco.
Cette «mise à jour» semble d’ailleurs anticipée depuis novembre dernier, moment où Facebook a décidé de revoir sa politique de confidentialité et protection de renseignements personnelles. On y lit désormais que lorsque qu’un usager «partage [sa] position géographique avec quelqu’un d’autres ou qu’il ajoute cette information à un commentaire, cela va être traité comme n’importe quel autre contenu».
Dans des espaces de communication prônant la conversation perpétuelle et où la logique de transparence est poussée à l’extrême, le pas franchit par la maison du jeune Mark Zuckerberg est certainement perçu comme un outil de plus pour afficher son authenticité. Une quête qui pourrait toutefois avoir un prix: quelques entraves possible aux libertés individuelles, avec cette fonction qui risque vite, si elle est mal utilisée, de devenir une autre source de surveillance en mode 2.0. Qui sait?

Mercredi 10 Mars 2010

Pink Floyd et la face cachée de la vente de musique en ligne

image Ce sont deux mondes qui s’affrontent. Le cultissime groupe Pink Floyd vient d’entamer des poursuites judiciaires contre sa maison de disque EMI pour un différend important quant au versement des droits d’auteur liés à la vente de sa musique en format numérique. L’affaire se joue à Londres. Selon l’avocat de la formation rock progressif et psychédélique, EMI ne respecterait pas le contrat qui l’unit à Pink Floyd en permettant désormais la vente de chaque composition à l’unité, une chose répandue dans les univers numériques mais loin d’être envisagée, en 1973, lors de la sortie de Dark Side Of The Moon. À l’époque, les plus anciens s’en souviennent, les albums se consommaient sur galettes de vinyle et étaient franchement considérés comme œuvre dans leur ensemble, particulièrement pour les créations de Pink Floyd.
La BBC, qui rapporte la nouvelle, estime que le procès pourrait être très long et souligne que les membres du groupe toujours en vie — Richard Wright est décédé en septembre 2008 —  ne se sont pas présentés devant le tribunal laissant plutôt parler leur avocat pour le début des procédures. Au-delà de l’inscription de la notion de droits d’auteur dans de nouveaux espaces de diffusion, l’enjeu financier lié à cette poursuite est important: la catalogue des Floyd est en effet un des plus lucratifs, dans le monde du rock, après celui des Beattles. 

Mardi 09 Mars 2010

Le journal 3D

imageAprès le cinéma et récemment la télé, c’est au tour d’un journal de se mettre en mode relief.
Le quotidien belge «Dernière heure» (DH pour les initiés) a fait paraître une édition spéciale dont les photos, y compris celles de la pub, sont en 3D. Des lunettes stéréoscopiques fournies permettent d’en profiter pleinement.
Le tirage est passé de 85 000 à 115 000 exemplaires. Pari tenu donc.
«L’idée nous est venue la toute première fois lorsque nous avons sorti notre premier numéro en format compact, le 18 novembre 2008», explique le rédacteur en chef dans son propre journal. «Ce jour-là, Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen ont proposé, dans leur édition du jour, des reproductions d’oeuvres de peintres flamands en 3D. L’initiative m’a plu mais, personnellement, je l’envisageais plutôt à l’échelle de toute l’actualité du journal», dit encore Hubert Leclercq.
Il a fallu deux mois de travail, d’essais et d’erreurs, pour en arriver à un résultat satisfaisant. La photo ci-contre montre les travailleurs à l’imprimerie.
Le premier commentaire d’un lecteur posté sur le site dit: «Personellement je ne trouve pas ça très intéressant, je suis borgne donc la 3D pour moi c’est foutu, et j’espère surtout que tout ne va pas être publié de la sorte dans le futur sinon je ne vais carrément plus rien voir...»

L’Indice humain de la crise économique

image L’aventure PIB, cet incroyable web-documentaire de l’Office national du film (ONF) qui cherche à témoigner de l’impact humain de la crise économique, se poursuit avec la mise en ligne aujourd’hui d’un nouveau document vidéo consacré à la Boîte à bleuets, ce cabaret communautaire d’Alma au Lac-Saint-Jean frappé lui aussi par une économie qui vacille. Le portrait est attachant et mérite un détour de quelques minutes.
Depuis septembre dernier, des équipes de l’ONF sont partis à la conquête du pays pour mettre en image le visage humain de la crise, d’Edmonton en Alberta à Saint-George-de-Beauce au Québec en passant par Sudbury en Ontario et Cookville au Nouveau-Brunswick. On y parle finance, agriculture, arts et médias, main-d’oeuvre ou transport, le tout par l’entremise de récits vidéo mais également d’essais photographiques et de commentaires (écrits ou vidéo) laissés par les internautes. Parce que tout ça, se joue effectivement dans le web 2.0. 

Médias: tous à Abou Dabi

imageLes empires médiatiques vont très mal, les grands journaux surtout. Alors quel meilleur endroit au monde pour réunir les magnats des médias du monde que l’émirat d’Abou Dabi, lui-même très malmené par la crise du capitalisme?
La rencontre, la première du genre, commence aujourd’hui et durera trois jours. On y attend plus de cent présidents de compagnies ou de conseil d’administration, dont Maurice Lévy de PublicisGroupe et Rupert Murdoch de News Corporation, mais aussi des centaines de représentants de toutes les régions du monde.
Les discussions porteront sur l’état des médias mais le Abu Dhabi Media Summit vise aussi et surtout à tisser des liens entre les industries médiatiques et le capital de l’émirat.
Comme le rappelle le Wall Street Journal, cette réunion au sommet à cet endroit et pour cette raison ne manque évidemment pas d’ironie. Les pays arabes du Proche et du Moyen-Orient ne sont pas particulièrement reconnus pour leur respect de la liberté de la presse.
Les médias occidentaux ont même été vertement critiqués par des dirigeants d’Abou Dabi pour leurs couvertures critiques des déboires financiers et immobiliers de l’émirat.

Lundi 08 Mars 2010

Le NYT à la pièce

imageLe «New York Times» envisage de vendre son cahier des livres séparément, en version électronique.
L’intention commerciale a été révélée en marge d’une conférence sur la lecture électronique à l’université du Missouri. Le Poynter Institute explique un peu plus ce dont il est question.
Selon ces indications, le cahier serait disponible pour le Sony e-reader d’ici quelques semaines. Des versions pour le Kindle d’Amazon et le Nook de Barnes & Nobles suivraient.
Le journal songerait aussi à «désagréger» d’autres composantes de son quotidien, notamment les mots croisés.
La publication consacrée aux livres est déjà disponible en kiosque en version distincte. On peut se la procurer pour 1,75 $, sans acheter le gros journal du dimanche. Cette même grosse édition est déjà disponible en format dématérialisé pour Kindle. Elle coûte 14 $ par mois.
Le cahier des livres numérisé serait donc logiquement très peu cher, probablement environ un dollar par édition. Par contre, la direction du NYT présente au Missouri n’a révélé aucun prix.

Le scandale à roulettes

imageOn est toujours le 8 mars, journée internationale des droits de la femme. Comme le hasard fait drôlement les choses, voilà que les médias français bouillonnent un peu pour une histoire de pub sexiste.
La photo du scandale montre une femme nue dans un chariot d’épicerie. Elle est du réalisateur de clip et photographe français Jean-Baptiste Mondino. Il a notamment travaillé avec Madonna, mais aussi Alain Bashung, Vanessa Paradis, Björk, Prince ou encore David Bowie.
L’affiche de la controverse annonce le nouvel album et les concerts de l’artiste français Damien Saez. Il voulait la placarder dans le métro parisien et ailleurs en ville.
L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) l’a rejetée en jugeant qu’elle «présente un caractère dégradant pour l’image de la femme dans la mesure où elle apparaît nue, et qui plus est dans un chariot de supermarché, donc comme une marchandise».
L’organisme poursuit: «La publicité ne peut réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à une fonction d’objet.»
Le chanteur, lui, a crié au meurtre, ou tout comme. Il a carrément parlé de «fascisme»…
Chose certaine, la controverse ne devrait pas trop nuire. À preuve: l’affiche condamnée pour sexisme a déjà été vue et commentée par un nombre incalculable de personnes, bien plus en fait que si elle avait été placardée sur quelques panneaux publicitaires…

Le Devoir, le sens et le web

imageL’École des Médias de l’UQAM organise jeudi soir un colloque intitulé «Le Devoir: la quête de sens à l’heure du web 2.0». Très bien. Seulement, vérification faite, la programmation de la soirée n’apparaît nulle part dedans les internets.
Enfin, sauf erreur. Ou alors le site est diablement bien caché, ce qui revient au même, ou presque.
On répète: un colloque sur le journalisme «à l’heure du web», organisé par une université, n’utilise pas la grande toile pour capter l’intérêt et diffuser de l’information. Ceci n’a évidemment pas beaucoup de sens, dans ce monde comme dans les autres.
Mais bon, reste l’activité réelle sur le rapport au virtuel qui se déroulera jeudi soir dans l’amphithéâtre du Cœur des sciences, au 200, rue Sherbrooke Ouest, à compter de 19h. L’entrée sera libre.
Le lendemain, toute la journée de vendredi, la Grande bibliothèque accueillera un autre colloque dans le cadre du centenaire du «Devoir», mais organisé celui-là par Media@McGill et le Centre d’études sur les médias de l’université Laval. Le thème: l’idée et l’avenir du journal indépendant. Cette fois, on peut se renseigner en ligne, sur le web quoi…

Misère des stars

imageLes temps sont durs, enfin, un peu plus durs, pour les stars hollywoodiennes rassemblées pour la soirée de remise des Oscars. Adieu les salaires faramineux. Exit la participation automatique aux profits mirobolants.
En tout cas, les émoluments du tournant des années 2000 ont disparu.
Les très grandes vedettes pouvaient alors exiger jusqu’à 20, voire 30 millions $ par film. Par contraste, aucun des dix films mis en nomination hier pour l’ultime récompense du meilleur film n’a payé ses acteurs autant.
On est même très loin des anciens grands comptes. «The Hurt Locker», le film gagnant, est considéré comme une production à petit budget et les comédiens ont au mieux reçu quelques centaines de milliers de dollars chacun.
«Avatar», la mégaproduction à au moins 300 millions $ n’a pas non plus arrosé de fric ses vedettes, avec des salaires évalués, là encore, à quelques centaines de milliers de dollars plutôt qu’à quelques millions.
Ce film est maintenant le plus profitable de l’histoire. Ses retombées se calculent déjà en milliards.
Même le beau George Clooney (notre photo) n’aurait reçu «que» deux millions $ pour son travail dans «Up in the Air». Par contre, il aurait fait une petite fortune en participant aux profits du film.
Brad Pitt, lui, aurait reçu dix millions $ pour sa participation à «Inglourious Basterds», ce qui est encore beaucoup, mais là encore beaucoup moins qu’autrefois.
Le journal The Independant, qui analyse le phénomène, lie les compressions salariales à une volonté de «réduire les risques financiers».
Surtout, la compression salariale éclaire l’apparition de plus en plus fréquente des noms de renom dans les émissions de télé et les publicités. C’est là maintenant que certaines stars iraient chercher leurs paies.
Un exemple: Dustin Hoffman et Nick Nolte seront les vedettes de Luck une nouvelle série de la chaîne HBO. 

Archiver l’architecte du WTC

imageL’État du Michigan va protéger le fonds d’archives de la firme Yamasaki inc, qui a fermé ses portes en janvier. Le fondateur de l’entreprise, l’architecte américain Minoru Yamasaki, a notamment conçu le World Trade Center.
Les documents préservés comprennent des dessins et la bibliothèque personnelle de l’architecte. Ils ont été sauvés in extremis, comme le raconte Art Daily. Le personnel du State Historic Preservation office et des Archives of Michigan ont récupéré la documentation quelques heures avant sa destruction probable.
Minoru Yamasaki (1912-1986) est né à Seatle et s’est installé à Détroit en 1945 avant d’ouvrir son propre bureau à Troy, au Michigan. Son cabinet reconnu pour ses propositions modernistes a conçu le Century Plaza de Los Angeles, le Lambert-Saint-Louis Air Terminal du Missouri, le consulat des États-Unis à Kobe et, bien sûr, les deux plus grandes tours du WTC, construites entre 1965 et 1973, détruites le 11 septembre 2001.
La préservation des archives de cette firme-phare s’inscrit dans une volonté plus large de documenter l’architecture moderne du Michigan des années 1940 à 1970.

La technologie portable au service du sommeil

image Vous voulez un paradoxe, en voilà un: la technologie mobile, celle qui place l’humain sous tension et qui fait disparaitre les espaces d’oisiveté, se veut désormais un remède au stress et à l’insomnie. Comment? Par l’entremise d’applications à l’ambition démesurée: nous faire mieux dormir.
Le Figaro résume l’absurde dans ce dossier. On y découvre l’existence du Sleep Cycle, une application pour iPhone qui se vante d’aider «100.000 personnes à se réveiller reposées». Le principe: placés sous son oreiller, le téléphone et cet outil, proposent de suivre avec précision les cycles du sommeil pour déclencher ainsi le son du réveil matinal au moment où cela va déranger le moins. Tout le monde le sait: le cycle de sommeil ne doit être interrompu! Des graphiques, sur cette activité nocturne, peuvent aussi être également publiés sur Facebook afin de partager ses informations avec d’autres. Pourquoi? On ne le précise pas.
Autre trouvaille, le Power Nap, pour iPhone qui propose des sons relaxants pour des siestes de 10, 20 ou 30 minutes. «Une fois la sieste achevée, un chant du coq fait office de réveil», peut-on lire tout en se disant, finalement, que le progrès, ça ne s’arrête pas, y compris pour dormir.

Dimanche 07 Mars 2010

Oscar: la valeur d’un prix

imageQue vaut un Oscar? Quelles sont les retombées sonnantes et trébuchantes de la fameuse statuette dorée distribuée ce soir à Hollywood?
Plusieurs études économiques ont tenté de résoudre l’énigme au cours de la dernière décennie sans finalement y arriver pour de bon, comme le rappelle une synthèse présentée sur le site du magazine en ligne Miller-McCune.
En 2001, les chercheurs du Colby College ont montré qu’une récompense maintenait généralement à l’affiche un film et augmentait donc logiquement ses revenus. Ils sont aussi conclu qu’un prix était autrement plus profitable qu’une nomination.
Le gain pour une nomination dans la catégorie du meilleur film a a été alors estimé à environ 4,8 millions $ en moyenne. Un gagnant dans cette même catégorie pouvait espérer augmenter ses gains de 12,7 millions $.
Par contre, une étude de 2005 réalisée par une équipe allemande a conclu que les gains générés par une statuette étaient surévalués par l’industrie du film. Pour cette enquête, c’est la nomination plutôt que le prix lui-même qui rapporte de manière significative.
Dans ce cas, comme le note l’analyse de Miller-McCune, la décision de cette année de doubler le nombre de films en nomination dans la catégorie «Best Picture» pourrait s’avérer payante pour tous.
Seulement, il n’y a rien de sûr. Une autre enquête, de 2008 celle-là, réalisée par une équipe néerlandaise, a prouvé que les prix, peu importe qui les distribuent, les critiques ou l’Académie, ne changeaient finalement à peu près rien pour le grand public qui va se divertir au cinéma pour bien d’autres raisons…

Seoul District: la déconstruction de la bande dessinée est en marche

image Parler de mutations, c’est bien. La voir, c’est encore mieux. Avec Seoul District, l’équipe formée du réalisateur français Hervé Martin Delpierre et des dessinateurs Park Chul Ho et Park Hong Jin sont en train d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de la bande dessinée en la faisant sortir de ces codes traditionnels.
À cheval entre la bédé, l’animation et le film, l’objet hybride, qui va prendre son envol dans quelques semaines, se veut en effet une expérience multi-plateformes, également consommable en format mobile, sur le iPhone, pour commencer, et le iPad, quand il sera là. Bien sûr, le gang d’Ave! Comics est un peu derrière tout ça.
Et comme si cela n’était pas assez, la redéfinition du cadre passe aussi par un concours en ligne qui, à terme, va permettre à un internaute de devenir un des personnages de cette série dont la valeur artistique reste encore à prouver, contrairement à sa valeur symbolique, qui elle ne fait aucun doute.

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La production, la diffusion et la consommation de la culture se transforment radicalement. Musique téléchargée, cinéma ou opéra numériques, livres dématérialisés, vente aux enchères ou télé sur internet, médias et industries culturelles en crise: ce blogue collectif des journalistes du Devoir propose de sonder les espaces culturels en mutation pour enregistrer les bouleversements en cours

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