Il fallait être dans la salle de l’hôtel Universel lundi soir pour mesurer l’ampleur de l’onde de choc qu’a causé la démission de Mario Dumont. Interloqués, les journalistes. Abasourdis, les militants. Tout un chacun a reçu en pleine face la nouvelle.
Rédigé par Guillaume Bourgault-Côté le Mercredi 10 Décembre 2008 à 14h13
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72 libéraux, 49 péquistes et 4 adéquistes : voilà la prédiction de DemocraticSpace, site où l’on combine prédictions informatiques et prédictions «humaines». En 2007, il s’était trompé passablement, mais bon. Pour ma part, je crois que les libéraux seront plus nombreux, autour de 80. Le PQ entre les 33% de Landry et les 29% de Boisclair. Quant aux sièges, autour de 40 péquistes. Les adéquistes? Moins de 10, autour de 5. Et QS? J’ai comme l’impression que Amir Khadir a des chances de prendre Mercier. Au moment de la dissolution de l’Assemblée, la répartition des sièges était la suivante : PLQ 48, ADQ 39, PQ 36, Vacants: 2. Et vous, vos prédictions? (Ma photo est floue, je le sais. Mais c’est le futur PM se rendant voter ce matin à Sherbrooke.)
Rédigé par Antoine Robitaille le Lundi 08 Décembre 2008 à 15h24
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Un bilan en quelques moments «forts», clin d’oeil sur trois semaines de caravane péquiste et deux avec l’ADQ.
À l’heure des bilans, Québec Solidaire a dénoncé vertement aujourd’hui la communauté journalistique en parlant du «manque de professionnalisme des médias de la région de Québec» qui, selon la section locale du parti, n’a pas couvert suffisamment les activités de la formation politique co-représentée par Amir Khadir et Françoise David. «Les médias traditionnels se sont limités à couvrir les partis traditionnels», a indiqué Martine Sanfaçon, candidate de QS dans la circonscription de Charlesbourg qui estime qu’un «journalisme professionnel devrait comporter plus d’ouverture et de curiosité, et moins de soumission aux idées reçues».
Puisque la caravane adéquiste se tape 24 circonscriptions en 72 heures, on passe pas mal de temps ces jours-ci à fréquenter des locaux électoraux. Et comme les discours se ressemblent toujours un peu, on passe aussi pas mal de temps à détailler les murs et l’apparence des locaux en question. Ce qui nous permet de dire ici que l’art du local est un concept tout aussi abstrait que celui du «terrain».
En apparence, il semble donc que tout local électoral «choisi» était surtout le dernier local à louer dans n’importe quelle ville du Québec. Le genre d’endroit où 12 entreprises différentes ont élu domicile dans les 12 mois précédents. Location générale: loin du centre-ville, près d’un kiosque à hot-dog.
S’il y a quatre murs, ils sont nécessairement de quatre couleurs différentes, personne ne prenant jamais la peine de repeindre. Illustration: un mélange de vert incandescent, rouge brûlant, jaune soleil et turquoise caraïbe. S’il y a huit murs, on aura huit couleurs, mais jamais deux bien mariées.
Parfois, les locaux sont beaucoup trop grands pour les besoins. Les rassemblements paraissent alors ratés, pas assez de monde dans trop d’espace. Mais à l’inverse, on peut quelque fois difficilement qualifier le local de local. Un exemple vendredi soir à Iberville: une salle de 15 pieds par 15 pieds dans laquelle s’entassaient une trentaine de personnes. Un party d’adolescent, en somme, où tout le monde se marche sur les pieds. Pour ce cas rare, on parlera d’une «cabine électorale».
Autrement, les locaux sont parfois si laids que ça ne vaut même pas la peine de tenter de camoufler leurs défauts avec de larges affiches. Autre exemple, vendredi après-midi à Châteauguay: le local de la candidate adéquiste était, de l’avis général, un des plus terrifiants de l’histoire électorale.
Bâtisse à l’allure sombre en bordure d’un boulevard gris. Le local est au rez-de-chaussée. Sur les murs mal équarris, un revêtement de simili-bois qui défie toutes les lois de l’esthétique. Drôle d’odeur dans la place, comme si on pénétrait dans un camp de chasse après l’hiver. Sauf qu’on est à Châteauguay… «C’est la première fois que je rentre dans un sous-sol qui est au rez-de-chaussée», déclara alors notre collègue du Soleil, un brin perplexe.
Suite de l’enquête demain.
Le régime dictatorial de Fidel Castro — et désormais de son frère Raúl — est considéré comme «un système démocratique qui est intéressant, même comparé au nôtre» par la candidate de Québec Solidaire (QS) dans la circonscription de Shefford, Ginette Moreau, qui régulièrement se porte à la défense de Cuba et de ses habitants, victimes, selon elle, de «désinformation». Pour l’aspirante députée, le «fondement de la démocratie» cubaine repose en effet sur une équation simple: «être cultivé pour être libre», écrit-elle dans un commentaire déposé sur le site web alterinfo.net, tout en ajoutant que «les Cubains [forment] un peuple de révolutionnaires qui n’a jamais accepté la dictature. [Ils] ont le système qu’ils et elles se sont choisi». Elle en veut d’ailleurs pour preuve une réalité toute mathématique: les Cubains ont voté en faveur «de la constitution de la République de Cuba en 1976 à un taux de 97,7%», écrit l’enseignante de Waterloo qui est également membre de la Table de concertation Solidarité Québec Cuba.
Imperturbable depuis le début de la campagne pendant les conférences de presse, Jean Charest a paru déstabilisé hier par une question sur l’intérêt qu’il suscite actuellement au Canada anglais. La question est venue d’un journaliste de la radio de la CBC, Tim Duboyce, hier après-midi à Jonquière. Il a mis le chef libéral dans tous ses états lorsqu’il lui appris que sur un site de la CBC, des douzaines d’internautes du Canada anglais avaient commenté la crise actuellement à Ottawa dans le sens suivant : «Ils souhaiteraient vous voir retourner en politique fédérale à la tête du Parti conservateur. Ils croient que vous seriez en mesure de vous élever au-dessus de la mêlée et de régler ce type de problème. Que pensez-vous de ça? Allez-vous plonger?» Comme sonné par la question, M. Charest a d’abord lâché un «non» interloqué. Puis, silence… et il éclate d’un rire nerveux qui ne le quittera qu’à la fin de sa réponse hésitante : «Je suis… C’est une nouvelle pour moi. Ha ha ha. Je suis parfaitement heureux où je suis … J’en ai plein les bras actuellement et… Je n’ai jamais été aussi heureux dans ce que je fais.»
Rédigé par Antoine Robitaille le Vendredi 05 Décembre 2008 à 12h50
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Saint-Agapit — Le «terrain» joue un rôle central dans toute campagne électorale. Les politiciens réfèrent sans cesse à cet obscur personnage qui «parle», qui «dit» et qui «sent». Dans le genre: «Les sondages nous donnent peut-être 15 %, mais le terrain dit d’autre chose». Ou encore: «On le sent: le terrain est bon.» Le terrain est ainsi le meilleur ami du politicien en campagne. On le fait parler sans qu’il ne puisse jamais répondre.
L’ADQ hisse la grand voile et sort le «spi» pour la fin de la campagne: la caravane s’arrêtera dans 24 circonscriptions au cours des 72 prochaines heures. Québec, Chaudière-Appalaches, Beauce, Mauricie, Laurentides, Rive-Sud de Montréal, tous les endroits où l’ADQ a fait ses gains en 2007 seront visités.
Mario Dumont multipliera autrement les entrevues, comme il le fait depuis quelques jours: on en compte 4 ou 5 quotidiennement.
Jeudi, M. Dumont s’est entre autres arrêté dans un salon de quilles et un bingo de la Vieille capitale. Au bingo, on s’est fait expliquer le fonctionnement des choses: en gros, c’est compliqué. Une carte pour ci, une autre pour ça, un oeil sur l’écran géant pour voir les boules qui sortent, l’autre qui surveille une carte électronique et avec tout ça la chance de rafler quelques milliers de dollars dans des jeux parallèles gérés par Loto-Québec. Big business. Invité d’honneur, M. Dumont a pigé deux boules, B-1 et B-4, ce qui a fait éclater de rire une dame. «C’est parce qu’il est vraiment bon», a-t-elle dit. Ben coudonc!
Rédigé par Guillaume Bourgault-Côté le Jeudi 04 Décembre 2008 à 18h42
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Mario Dumont en a poussé une rigolote dans son point de presse suivant l’adresse à la nation de Stephen Harper et la réponse de Stéphane Dion, mercredi soir.
Dénonçant que personne n’ait fait preuve d’ouverture, M. Dumont a ajouté en boutade: «Remarquez que même si Stéphane Dion avait tendu la main à quelqu’un, on ne l’aurait pas vu: c’était hors-focus...»
Rédigé par Guillaume Bourgault-Côté le Jeudi 04 Décembre 2008 à 18h36
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Les participant(e)s au Forum des chefs mis en ligne par Radio-Canada comprennent peut-être mieux la frustration des journalistes qui suivent la tournée de Jean Charest. En obtenir des réponses le moindrement significatives relève de l’exploit. Comment réparer l’injustice subie par les employés de l’État dont les pensions ont été désindexées en 1982? «Il n’y a pas de solution magique». Que fera le gouvernement pour donner suite au jugement de la Cour suprême relatif aux travailleuses en garderies familiales? «Il n’y a pas de réponse faite à l’avance». Comment le gouvernement va-t-il améliorer le sort des infirmières qui ne sont pas de nouvelles arrivantes sur le marché du travail, mais qui n’ont pas encore 35 ans de service? «En améliorant le sort de certaines infirmières, on aide tout le monde». Y a-t-il un problème avec le français à Montréal? «Il y a un enjeu». Dernière question: pourquoi, pensez-vous, la population s’intéresse--t-elle si peu à la campagne?
Me André Joli-Coeur, qui fut l’amicus curiae dans le Renvoi à la Cour suprême sur la légalité de la sécession unilatérale du Québec, et son collègue André Binette revendiquent la paternité de l’idée du gouvernement de coalition formé du Parti libéral du Canada et du Nouveau parti démocratique avec l’appui du Bloc québécois. Ils furent les seuls à formuler publiquement cette possibilité.
Il y aura des jaloux: sans jamais avoir suivi un cours de karaté, Mario Dumont a reçu hier la ceinture noire faisant de lui un «shodan». Honorifique, la ceinture, mais bon. Le chef de l’ADQ a été récompensé par Vision arts martiaux Lévis pour ses 21 années de «combat» politique. Son député dans Lévis, Christian Lévesque, a reçu la même distinction qui leur permet à tous deux d’être membre de la Fédération internationale de karaté.
À entendre deux candidats adéquistes, les médias cachent des sondages pour ne pas témoigner de la remontée anticipée de l’ADQ dans les intentions de vote. Mardi, en marge d’un discours présenté par Mario Dumont dans une résidence de personnes âgées de Saint-Jérôme, le candidat Marc-Antoine Desjardins (Marquette) a confié au Devoir qu’il doutait de l’impartialité des médias dans cette campagne. «On peut se demander pourquoi il n’y a pas eu de sondages publiés depuis le débat», a-t-il dit.
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