Me André Joli-Coeur, qui fut l’amicus curiae dans le Renvoi à la Cour suprême sur la légalité de la sécession unilatérale du Québec, et son collègue André Binette revendiquent la paternité de l’idée du gouvernement de coalition formé du Parti libéral du Canada et du Nouveau parti démocratique avec l’appui du Bloc québécois. Ils furent les seuls à formuler publiquement cette possibilité.
Pauline Marois a eu à défendre, hier soir, cette union historique et contre-nature entre le Bloc québécois et Stéphane Dion, le père de la Loi sur la clarté. Sans la bénédiction du Bloc, la coalition formée du Parti libéral et du Nouveau parti démocratique n’aurait pu voir le jour. Sans cette bénédiction, Stéphane Dion ne pourrait pas devenir premier ministre.
Pauline Marois s’est vantée aujourd’hui d’offrir à l’électorat «la meilleure équipe jamais vue en santé». Le Parti québécois présente en effet quatre candidats médecins, soit le Dr François Aumond, le Dr Gilles Aubé, le Dr Réjean Hébert et le Dr Luigi De Benedictis. Or il y a fort à parier qu’aucun membre de cette équipe de rêve ne soit élu le 8 décembre prochain. Le Dr Aumond se présente dans Chauveau, où libéraux et adéquistes se disputent le comté. Le Dr Aubé défend les couleurs du PQ dans Hull, le Dr Hébert, dans Saint-François, et le Dr De Benedictis, dans Lafontaine, Ces trois comtés sont des forteresses libérales. Il est donc encore trop tôt pour l’ancien journaliste Bernard Drainville, qui était porte-parole péquiste en matière de santé, ne songe à d’autres cieux. Les libéraux avaient leur Dr Couillard; ils ont maintenant leur Dr Bolduc. Le PQ n’aura vraisemblablement pas son Dr Wilby.
Claude Dubois a livré une excellente prestation, hier, devant les quelque 700 partisans réunis à Montréal lors du plus grand rassemblement péquiste de la campagne électorale. Entouré de sept musiciens, le crooner a interprété cinq de ses succès dont Femme de rêve qu’il a dédié à Pauline Marois. Il a même réussi à tirer des larmes à Jacques Parizeau qui accompagnait son épouse, Lisette Lapointe, candidate dans Crémazie. Le chanteur a exprimé sa foi souverainiste et évoqué qu’il avait assisté dans les années 70 à une assemblée du Parti québécois, à laquelle participait René Lévesque, dans la petite municipalité, fusionnée depuis à Longueuil, de Ville Jacques-Cartier où Claude Dubois a passé une bonne partie de son enfance. Malgré des convictions qui remontent à si longtemps, la vedette a touché son cachet, a confirmé l’entourage de la chef péquiste.
Chaque fois qu’il est mention de la crise financière, Jean Charest se réjouit. Il y voit une confirmation de sa préscience. Hier, devant les membres de la Chambre de commerce de Laval, il a signalé que le mot “crise” figurait sept fois dans le discours du Trône prononcé mercredi à Ottawa. La semaine dernière, le chef libéral relevait que le communiqué final de la réunion du G-20 faisait mention de la crise pas moins de 11 fois. Il a fait état des prévisions de l’OCDE, rendue publiques il y a une semaine, qui annoncent une récession aux États-Unis, en Europe et au Japon l’an prochain. Hier, c’étaient les statistiques sur l’économie américaine qui le confortaient : chute de 4,5 % des mises en chantier aux États-Unis, le plus bas niveau depuis 1959, forte baisse des ventes au détail, disparition de 240 000 emplois et déboires des trois Grands de l’automobile. À croire que quand ça va mal, ça va bien pour Jean Charest. Manifestement, l’insécurité économique est le premier ingrédient de la campagne libérale.
Avec le chef libéral, Jean Charest, c’est l’économie à toutes les sauces. Il a parlé d’économie, aujourd’hui, en faisant une annonce sur la culture. Il a parlé d’économie aussi en évoquant la santé. «La santé, c’est 10 % de notre économie», a-t-il répété ces derniers jours. Techniquement, il a raison : on peut considérer que les dépenses de l’État font partie intégrante de l’économie. Mais lorsqu’on parle d’un ralentissement économique, c’est du secteur privé dont on parle. Les gouvernements peuvent difficilement faire des licenciements massifs quand ils subissent une baisse de leurs revenus. Ils ne peuvent sabrer dans les dépenses de santé et licencier médecins et infirmières sous prétexte que leurs revenus diminuent. En revanche, les entreprises mettent à pied une partie de leurs employés quand les temps sont durs. Les gouvernements, de leur côté, font des déficits. Bientôt, Jean Charest dira que le système d’éducation, que les garderies ou que les cours de justice, c’est l’économie.
Rédigé par Robert Dutrisac le Mardi 18 Novembre 2008 à 18h59
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