Journaux

Samedi 17 Avril 2010

Qu’est-ce qu’une nouvelle exclusive?

imageUn petit rien peut cacher un grand tout. Et il ne faut pas jouer les riches quand on a pas le sou…
À preuve. Un jugement du Conseil de presse du Québec sur le bon usage de la notion d’exclusivité expose certains des travers les plus loufoques de la profession journalistique.
La décision toute récente porte sur la mention «exclusif» apparue dans un titre d’un article publié par le quotidien «La Presse» le 9 juillet 2009. Le même jour, le «Journal de Montréal» publiait la même nouvelle, mais sans revendiquer son exclusivité puisque l’information était disponible sur le site internet de la Commission des relations du travail.
D’où la plainte d’un lecteur qui y voyait une pratique inexacte et sensationnaliste…

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Jeudi 15 Avril 2010

Big in Japan

imageLes mégagigasuperentreprises de presse nippones cadenassent à double tour leurs sites internet.
Dans ce pays des journaux mastodontes, l’accès aux versions dématérialisées des informations est payant et de nouvelles mécaniques restreignent de plus en plus le simple référencement des pages de nouvelles voire des sites eux-mêmes.
Et le plus beau, enfin, pour les entreprises, c’est que ça semble marcher…

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Mardi 13 Avril 2010

Un prestigieux prix Pulitzer pour un web-article

image Autre signe de mutation:lundi soir à New York, pour la première fois dans l’histoire des célèbres prix Pulitzer, ce Nobel du journalisme d’enquête a été remis à un web-journaliste, pour son enquête de deux ans sur l’après-Katrina, l’ouragan qui a frappé la Nouvelle-Orléans. Tout le monde en parle, y compris le magazine gauchisant et branchouillé français Télérama.
Publié en ligne sur le site ProPublica, l’article de 90 000 caractères est signé par Sheri Fink qui a enquêté en profondeur sur les services médicaux désastreux qui ont été légion dans l’état américain après la tempête. L’article a été lu par plus d’un million d’internaute. Il a aussi amené le procureur général de Louisiane à ouvrir une enquête judiciaire.

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Lundi 12 Avril 2010

Pour en finir avec les commentaires anonymes

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L’anonymat des commentaires laissés sur les sites d’information n’est peut-être pas là pour rester. Et comment! Exposés à des controverses induites par des internautes à visage couvert, désolé par l’agressivité de certaines phrases laissées, sous un pseudonyme, à la fin d’un article, plusieurs entreprises de presse remettent sérieusement en question ce principe du commentaire anonyme qui foisonne sur la Toile depuis des années.
Selon le New York Times, qui met le doigt sur le bobo, le Washington Post va revoir sa politique en la matière au cours des prochains mois et songe à donner plus de visibilité aux commentaires assumés par leurs auteurs plutôt qu’aux autres, peut-on lire. Le Huffington Post pourrait en faire autant alors que le New York Times et le Post demande désormais aux commentateurs de montrer pattes blanches.
Alors qu’aux États-Unis, une juge est aujourd’hui dans l’eau chaude à cause de commentaires anonymes, comme le Sismographe l’indiquait ici, une question s’impose: Sommes nous là devant le début d’une tendance?

Commentaires en ligne: pas pour les juges

image L’affaire fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis: Shirley Strickland Saffold, juge de Cleveland présidant l’important procès d’un tueur en série dans ce coin du monde est aujourd’hui sur la sellette. Et pour cause: la justice la soupçonne d’avoir émis des commentaires en format numérique sur cette cause sur le site du Cleveland Plain Dealer. La magistrate opérait sous le pseudonyme «Lawmiss», a rapporté hier la radio publique américaine, la nécessaire NPR. Elle aurait été démasquée simplement par son adresse de courriel AOL.
La chose fait tache puisque les juges, aux États-Unis comme au Canada, ont un devoir de réserve en général et sur les dossiers qu’ils président en particulier, même quand cette cause met en scène un certain Anthony Sowell suspecté du meurtre de 11 femmes.

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Jeudi 01 Avril 2010

Jean Charest démissionne: la palme du meilleur poisson d’avril cuvée 2010

image Il y en a eu plusieurs aujourd’hui, mais certain poisson d’avril médiatiques sont certainement plus percutants que d’autres. Celui du site le Mauvais oeil, un endroit qui aime cultiver la parodie dans les espaces numériques de communication, est du nombre avec cette relecture fascinante du site de Cyberpresse qui annonce en manchette la démission de Jean Charest. Et bien sûr, tout le reste, y compris les détails, se dégustent avec une grande délectation. 

Jeudi 25 Mars 2010

2009: annus horibilis des journaux

imageL’écrasement du modèle d’affaires des journaux se confirme. Et ça fait mal.
Selon des données américaines révélées cette semaine, 2009 aura été la pire année pour les revenus des journaux des États-Unis depuis des décennies. Il faut remonter à la Grande Dépression pour retrouver un recul aussi important de cette industrie trois fois centenaire.

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Jeudi 18 Mars 2010

France-Soir: la roulette russe

imageBeaucoup d’ambition, encore plus de moyens. La nouvelle formule du quotidien France-Soir est maintenant bien visible.
La relance est financée par le fils d’un oligarque russe, Alexandre Pougatchev, 25 ans, qui a l’ambition de «gagner de l’argent» après en avoir investit des masses pour redonner vie à la mythique entreprise de presse. À elle seule, la campagne de pub sur le thème «Chaque matin, retrouvez France-Soir», aurait coûté près de 28 millions $.
Tout ça pour vendre un produit connu mais négligé. Le nouveau «France-Soir» apparu hier, propose 48 pages d’infos en format tabloïd.
La direction a planché sur le concept pendant six mois et tiré pas moins de cinq numéros zéros et autant de projets de maquettes. La rédaction compte 90 journalistes.
Le titre bénéficie encore d’une certaine notoriété, malgré un tirage famélique. Avant son relooking, le quotidien tirait à 30 000 exemplaires.
L’objectif avoué du nouveau propriétaire aux poches sans fonds est de multiplier le tirage par au moins cinq. L’écoulement des quinze premiers jours se fait à l’ancienne, à la criée. Le reste suivra en kiosque. Pour stimuler la reprise, le proprio mise aussi sur des prix cassés, à 50 centimes plutôt que l’euro habituel des concurrents.
«France-Soir», créé en 1944, atteignait le seuil magique du million d’exemplaires moins de quinze ans plus tard. Il faisait la loi en kiosques avec ses manchettes percutantes, ses photos vivantes et ses scoops en rafale.
Les radios et la télé ont sapé son terrain. Plusieurs relances ont échoué au cours des trois dernières décennies. Le milliardaire russe l’a acheté en janvier 2009
Reste donc un mystère qui a fait l’objet d’un débat à la radio de France info: pourquoi les journaux populaires ne se vendent-ils pas mieux maintenant en France? Les quotidiens gratuits sont omniprésents, mais la République ne réussit plus à faire de place aux journaux populaires comme le font les voisins, l’Angleterre et l’Allemagne notamment. 

Mercredi 17 Mars 2010

Sauvés par la tablette!

L’arrivée en grande pompe de la tablette iPad pourrait tirer d’un mauvais pas les magazines qui voient leur tirage fondre comme neige au soleil. L’Audit Bureau of Circulation (ABC) américain vient de modifier sa définition d’un magazine pour y inclure les versions dédiées au nouvel engin développée par Apple. Ainsi, cela permettra aux magazines d’inclure dans leurs tirages tous les abonnements électroniques vendus aux utilisateurs de la fameuse tablette. Et cela, parce que le nouveau bidule du géant Apple est le seul outil de lecture, contrairement aux autres liseurs, qui permet d’afficher des publicités durant la lecture. Et de générer ainsi de nouveaux revenus. En prévision de la sortie du iPad le 3 avril, Condé Nast travaille déjà à des versions ‘tablette’ de ses magazines Wired, GQ, The New Yorker et Vanity Fair, spécialement configurés pour l’appareil. L’ABC reconnaît déjà la version I-phone du GQ, vendue 2,99$. Mais les éditeurs américains ont encore fort à faire pour convaincre leurs lecteurs de passer au format électronique. Sur 900 000 abonnés à la version papier, GQ ne compte qu’à peine plus de 15 000 lecteurs en version I-Phone.

Mardi 09 Mars 2010

Le journal 3D

imageAprès le cinéma et récemment la télé, c’est au tour d’un journal de se mettre en mode relief.
Le quotidien belge «Dernière heure» (DH pour les initiés) a fait paraître une édition spéciale dont les photos, y compris celles de la pub, sont en 3D. Des lunettes stéréoscopiques fournies permettent d’en profiter pleinement.
Le tirage est passé de 85 000 à 115 000 exemplaires. Pari tenu donc.
«L’idée nous est venue la toute première fois lorsque nous avons sorti notre premier numéro en format compact, le 18 novembre 2008», explique le rédacteur en chef dans son propre journal. «Ce jour-là, Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen ont proposé, dans leur édition du jour, des reproductions d’oeuvres de peintres flamands en 3D. L’initiative m’a plu mais, personnellement, je l’envisageais plutôt à l’échelle de toute l’actualité du journal», dit encore Hubert Leclercq.
Il a fallu deux mois de travail, d’essais et d’erreurs, pour en arriver à un résultat satisfaisant. La photo ci-contre montre les travailleurs à l’imprimerie.
Le premier commentaire d’un lecteur posté sur le site dit: «Personellement je ne trouve pas ça très intéressant, je suis borgne donc la 3D pour moi c’est foutu, et j’espère surtout que tout ne va pas être publié de la sorte dans le futur sinon je ne vais carrément plus rien voir...»

Lundi 08 Mars 2010

Le NYT à la pièce

imageLe «New York Times» envisage de vendre son cahier des livres séparément, en version électronique.
L’intention commerciale a été révélée en marge d’une conférence sur la lecture électronique à l’université du Missouri. Le Poynter Institute explique un peu plus ce dont il est question.
Selon ces indications, le cahier serait disponible pour le Sony e-reader d’ici quelques semaines. Des versions pour le Kindle d’Amazon et le Nook de Barnes & Nobles suivraient.
Le journal songerait aussi à «désagréger» d’autres composantes de son quotidien, notamment les mots croisés.
La publication consacrée aux livres est déjà disponible en kiosque en version distincte. On peut se la procurer pour 1,75 $, sans acheter le gros journal du dimanche. Cette même grosse édition est déjà disponible en format dématérialisé pour Kindle. Elle coûte 14 $ par mois.
Le cahier des livres numérisé serait donc logiquement très peu cher, probablement environ un dollar par édition. Par contre, la direction du NYT présente au Missouri n’a révélé aucun prix.

Samedi 27 Février 2010

Des excuses pour Mahomet

imageLe quotidien danois Politiken a présenté hier ses excuses aux musulmans pour les avoir offensés en reproduisant en 2008 des caricatures controversées de Mahomet. Le quotidien n’a toutefois pas dit regretter leur publication.
Reprenons. Le journal a a conclu un accord avec huit organisations affirmant représenter près de 95 000 descendants du Prophète dans huit pays. Les excuses s’adressent à ceux et celles qui aurait pu se sentir blesser par les caricatures qui montraient Mahomet dans différentes situations plus ou moins loufoques. Par exemple coiffé d’une bombe artisanale sur la tête…
Le Monde, qui résume la nouvelle, dit que par cet accord le quotidien de centre-gauche ne renonce pas «au droit de publier de nouveau ces caricatures». On en perd son danois.
Les réactions négatives n’ont d’ailleurs pas manqué dès après la publication de l’accord, en une du journal. Une grande partie du milieu politique danois accuse maintenant «Politiken» d’avoir «cédé et sacrifié la liberté d’expression, considérée comme la pierre angulaire de la démocratie danoise».
Rappelons que douze caricatures controversées du prophète Mahomet avaient été publiées pour la première fois en septembre 2005 dans le quotidien danois «Jyllands-Poste». De violentes manifestations ont suivi dans le monde islamique et un des caricaturistes a finalement reçu des menaces de mort. C’est alors que «Politiken» et une vingtaine de quotidiens danois ont décidé de les republier, par solidarité et au nom de la liberté de presse.

Tabloïds allemands: SOS pin-ups

imageLes éditeurs allemands, à la suite du groupe de presse Springer, crient à la censure parce que Apple refuse une application permettant de «déshabiller la pin-up» du jour des célèbres tabloïds «Bild».
Un porte-parole de la fédération des éditeurs VDZ a carrément soulevé le spectre de la censure. «Aujourd’hui c’est la poitrine, demain peut-être tout autre chose […] nous considérons le comportement d’Apple comme injuste, arbitraire, mauvais pour les affaires et dangereux pour la liberté de la presse».
En fait, Apple ne vise pas que la pin-up des journaux. La compagnie fait le grand ménage dans ses applications et la a annoncé que les applications à contenu «explicitement sexuel» serait bannies, tout simplement.
La mesure annoncée par courriel aux développeurs d’applications toucherait environ 5000 programmes qui permettent par exemple de retirer son bikini à madame ou de voir dans le slip de monsieur.
La mesure touche particulièrement la pin-up de «Bild», une institution dans le pays, le tabloïd exposant chaque jour une jeune femme légèrement vêtue en une.
Le Groupe Axel Springer accuse Apple d’hypocrisie puisque les applications provenant de «Playboy» où d’autres magazines au contenu autrement plus sexuellement explicite pourront continuer de se vendre.

Samedi 20 Février 2010

Éloge de la gratuité

image Le modèle de diffusion de l’information sur la Toile cherche à se redéfinir. Payant? Gratuit? Les deux?
Les internautes semblent toutefois unanimes. Selon une récente enquête de l’institut de recherche Nielsen, 79 % d’entre-eux affirment qu’ils n’hésiteraient pas à se détourner d’un site internet qu’ils fréquentent aujourd’hui si celui-ci décidait de devenir payant. Cette mesure de l’opinion publique a été effectuée dans un bassin de 27 000 consommateurs puisés dans 52 pays.
Dans la foulée, 71 % des répondants ont indiqué que les contenus tarifés sur le Web devaient certainement offrir quelque chose de plus que ce qui se produit actuellement, gratuitement, dans les espaces numériques de communication, poursuit l’étude.
Par ailleurs, c’est certainement pour le cinéma, la musique et les jeux que les internautes seraient les plus disposés à payer — ce qu’ils font déjà dans la plupart des cas. À l’inverse, les blogues, les sites de partage de vidéos, la radio et les podcasts se préparent à devenir moins inspirants en format payant, indique l’enquête. Les journaux, eux, se retrouvent au milieu, dans une sorte de «peut-être bien que oui, peut-être bien que non», entre les magazines, pour lesquels les gens sont plus disposés à payer et les sites d’information en ligne dont l’accès devrait rester gratuit, ont indiqué les personnes soumises à ce coup de sonde. 

Le Devoir.com
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La production, la diffusion et la consommation de la culture se transforment radicalement. Musique téléchargée, cinéma ou opéra numériques, livres dématérialisés, vente aux enchères ou télé sur internet, médias et industries culturelles en crise: ce blogue collectif des journalistes du Devoir propose de sonder les espaces culturels en mutation pour enregistrer les bouleversements en cours

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